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I. La Sainte Eucharistie et les autres sacrements

I. Tous les sacrements ont pour effet commun de nous donner ou d’augmenter en nous la grâce sanctifiante. Accompli au nom du Christ, l’auteur des sacrements, et par un ministre qui Le représente, le rite sacramentel est moralement une action du Christ, par laquelle II nous applique les mérites de sa Passion. Quel que soit le

(1) O sacrum convivium.

(2) Êv. S. Jean, 7, 37. 38.

ART. I. NEUVAINE AU SACRÉ CŒUR, 6e JOUR 239

ministre, c’est toujours le Christ qui baptise, s’écrie saint Augustin 1 .

Mais aucun autre sacrement n’est directement établi pour développer en nous la vie surnaturelle par l’augmentation de la grâce et des dons qui y sont rattachés. Considérons, en effet, les deux sacrements des morts . L’un, le Baptême, fait passer l’homme de l’esclavage du démon à la filiale servitude du Christ, et enlève à cette fin, par l’infusion de la grâce sanctifiante, la triste souillure du péché originel; l’autre, la Pénitence, réconcilie le pécheur avec un Dieu offensé. Ils communiquent la grâce comme réclamée par la profession du chrétien, comme une suite nécessaire de la réconciliation avec Dieu; et sont, de plus, l’un et l’autre institués pour conférer la première grâce plutôt que pour donner à une grâce déjà possédée d’heureux accroissements. L’augmentation de la grâce est produite par les sacrements des vivants , parce qu’elle intéresse le résultat vers lequel ils sont orientés : la Confirmation nous rend forts pour généreusement confesser la foi, l’Extrême-Onction détruit les restes des péchés, l’Ordre et le Mariage assurent des secours d’état. Cette force, cette destruction, ces secours d’état supposent ou réclament la grâce sanctifiante; voilà pourquoi la Confirmation, l’Extrême Onction, l’Ordre et le Mariage font croître cette grâce en nous.

Seul, un sacrement est directement institué pour affermir et développer par l’accroissement de la grâce notre vie spirituelle : c’est la sainte Eucharistie. Dieu en fait le pain de nos âmes : « Ma chair e.st vraiment une nourriture2. »

IL 1. Aimons à reconnaître la tendresse paternelle qui a poussé Notre-Seigneur à nous pourvoir de ce pain.

(1) Épitre 39, à Festus, n. 5 (M. P. L., t. xxxm, col. 312.)

(2) Év. S. Jean, 6, 66.

Notre indigence Le touche, autant et plus que la détresse de la foule qui, oublieuse de ses propres besoins, L’avait suivi dans un lieu désert. Et, à tout prix, Il veut par l'excellence de la nourriture qu’il nous destine, assurer notre santé et notre vie spirituelle. Il nous ménage un pain qui Lui coûte sa passion et sa croix î

Bénissons-Le de tant de bonté. En nous approchant de la table sainte, souvenons-nous des souffrances qui ont permis de la dresser. Des enfants bien nés ne doivent-ils pas, à la table de famille, songer aux labeurs paternels dont leur pain est le fruit? Notre pain à nous, fils de la grande famille chrétienne, est arrosé du sang de notre père.

2. Dieu n’épargne rien pour notre avancement moral et surnaturel. Ayons souci de grandir en grâce et en mérites.

3. Les Saints Pères aimaient à voir dans l'Eucharistie le pain quotidien que Notre-Seigneur nous enseigne à demander à Dieu. En récitant le Pater , ne nous laissons pas absorber par les préoccupations temporelles, au point de ne pas solliciter en même temps, et surtout, la réfection de notre âme, la grâce de recevoir dignement le corps de Jésus-Christ.

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