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II. Les grâces offertes à la sainte table

I. 1. Vraie nourriture de notre âme, l’Eucharistie est instituée pour y produire, au sens spirituel, tous les effets que la nourriture matérielle produit sur le corps.

a) Le pain entretient la vie. Mais la vie surnaturelle, si elle peut se perdre, ne saurait décliner ou strictement s’affaiblir. L’entretien aboutit donc nécessairement à l’accroissement de la vie et de toutes ses fonctions.

b) Les forces puisées dans une nourriture saine tendent à éliminer les principes malsains, à prévenir leurs funestes effets. Le3 principes malsains sont ici des concupiscences inférieures : l’Eucharistie en diminue les ardeurs; les

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effets funestes et dangereux sont les péchés véniels : l’Eucharistie les remet, moyennant une attrition à laquelle elle nous dispose. Si même un péché mortel se trouvait à notre insu dans notre cœur, l’Eucharistie l’en bannirait, à la condition de trouver en nous cette aversion générale pour le péché, si naturelle â qui désire goûter les mets célestes de son Dieu.

c) La nourriture développe la vigueur de l’action. La vigueur spirituelle est ici la ferveur même de la charité : l’Eucharistie constitue b aliment de cette ferveur.

d) Avec la force et la vie, la nourriture conserve et développe tous les autres éléments de la santé. La santé de l’âme comprend, outre la grâce sanctifiante, des vertus infuses et de précieux dons surnaturels. L’Eucharistie leur fait prendre aussi de nouveaux accroissements.

2. I/Eucharistie place au centre de notre être Jésus- Christ tout entier; Jésus-Christ, la source permanente, d’où découlent tous les biens de l’ordre surnaturel. Parce qu’il est dans son Église, nous en concluons justement qu’il enrichit de ses dons cette épouse bien-aimée. Et quand, animé d’un amour semblable, Il s’établit en nousmêmes, n’est-ce pas nous qui allons avant tout être fécondés?

II. 1. Que notre imagination se repose sur le spectacle magnifique du chrétien qui vient de communier dignemen; ! Le cœur de ce chrétien est comme un vaste jardin au milieu duquel jaillit une onde fraîche qui enlève toute aridité, qui entraîne toutes les souillures, qui ne laisse pas un coin sans y répandre la fraîcheur et la vie.

Mais la réalité ne semble-t-elle pas démentir un peu ce tableau idéal?

D’abord, n’émettons pas un jugement précipité. N’estimons pas nos communions d’après les résultats visibles et tangibles que nous en obtenons. L’ordre surnaturel échappe k une expérimentation rigoureuse. Dans l’autre

vie, nous connaîtrons les malheurs dont nos communions nous ont préservés; les biens spirituels dont elles nous ont fait jouir.

2. Il est vrai cependant, que les effets seraient plus magnifiques, si notre attente était plus vive, notre foi plus forme, notre espérance plus confiante. A la table sainte, nous obtenons de quoi vivre, à condition de vouloir ^ivre et de croire en la vie dont le principe est Notre-SeigneurL

Efforçons-nous donc, en communiant, de raviver notre foi et notre espérance, de multiplier nos désirs et nos actes d’amour. Quand nous communions, présentons avec confiance à cette source salutaire, qui sur nous alors épanche ses eaux, nos membres malades, languissants; sûrs d’obtenir le remède, la vigueur, la pleine santé.

La méditation des effets d’une bonne communion occuperait si utilement nos préparations ou nos actions de grâces, et nous permettrait de les varier. Stimulant notre ferveur, elle augmenterait les fruits du plus grand de nos sacrements. Que de biens nous font perdre notre négligence, notre apathie!

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