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III. L'usage rationnel de ce sacrement

I. La vie supérieure de notre âme mérite bien l’emploi judicieux des mets célestes que Dieu, dans sa magnificence paternelle, daigne nous préparer.

Une doctrine ancienne et sûre nous engage à communier aussi souvent que le demandent les convenances do notre état; aussi souvent que nous en avons l’appétit1 2; aussi souvent que des nécessités particulières nous exhortent à chercher dans la communion un surcroît de ressources ou de forces.

(1) « Qui vult tivere, dit S. Augustin, habet ubi vivat, habet unde vivat. Accédât, credat, incorporetur , ut vivificetur. » In Ioannem, tr. 26, n. 13. (M. P. L. tome xxxv, col. 1613.)

(2 Vov. par ex. S. Thomas, Somme théol., 3 p. q. 80, art. 10, c.

ART. 1. NE ü VAINE AU SACRÉ CŒUR, 6e JOUR 243

Mais à quelles applications nous conduisent ces règles? Nous faisons profession do christianisme : l'Eucharistie n’est-elle pas « notre pain quotidien »? Notre appétit de la communion, qui n’est pas un goût sensible, mais le désir réfléchi de nous unir à Jésus-Christ, de progresser en Lui, n’est-il pas le fruit naturel d’une préparation convenable? Et les besoins particuliers nous manquent- ils jamais? Tantôt l’ennemi nous livre un assaut plus furieux, tantôt la passion s’éveille plus vive, tantôt une langueur déprimante e3t près de nous accabler. L’entretien même de la ferveur ne dénote-t-il pas un besoin de notre âme?

Serions -nous effrayés d’être amenés par ces raisons à la communion quotidienne? Le Pape nous rassure lui-même. Il nous offre de magnifiques indulgences1, nous invite, nous presse de communier, avec une intention droite, chaque jour. 11 enjoint aux prédicateurs, aux directeurs, de propager le saint usage de la communion quotidienne.

Une résistance quelconque à ses vœux viendrait-elle de notre part? La dévotion au Sacré Cœur ne serait-elle pas pour nous l’école de la communion fréquente et fervente tout à fa fois?

II. 1. Examinons notre conduite personnelle, pour augmenter notre désir de communier, et éliminer de nos communions toute routine ou négligence coupable.

2. Si nous exerçons le saint ministère, appelons suffisamment l’attention des âmes sur les avantages de la sainte communion, afin d’exciter en elles ces désirs salu-

(1) Signalons la faveur exceptionnelle offerte à ceux qui ont coutume de s’approcher de la sainte table au moins cinq fois chaque semaine. Les confesseurs inscrits dans la Ligue eucharistique peuvent leur accorder, pour chaque semaine, une indulgence plénière qui n’exige aucune autre condition. L’indulgence se gagne au jour de communion que l’on choisit ; elle est applicable aux âmes des fidèles défunts.

taires qui disposent à une communion de plus en plus fréquente et même quotidienne.

COLLOQUE

Abordons Notre-Seigneur dans la scène dont le premier Prélude nous a fait souvenir. Donnons à ses pressants appels la réponse qu’il attend, qu’il désire. Seigneur, nous avons soif, nous désirons nous désaltérer à la source de votre cœur. Apprenez-nous à communier avec ferveur, et soyez vous-même, en notre sein, cette fontaine d’où jaillissent les flots de la vraie vie. O sacrum convivium!

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