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III. Le mémorial eucharistique de la passion

I. L’Eucharistie ne saurait se séparer de l’autre grand bienfait pour lequel nous honorons le Sacré Cœur, la

(1) Év. S. M?tthiea, 26, 26. 27.

S. C. DE JÉbUS. i.

Passion douloureuse. N'est-elle pas instituée comme le mémorial de cette Passion? N’entre-t-elle pas à ce titre dans la dévotion au Sacré Cœur? La 6e leçon de l’Office en fait foi : « Nous honorons la charité du Christ souffrant, et instituant le sacrement de sou corps et de son sang en mémoire de sa mort . » Dès la dernière Cène, l’indissoluble lien est noué. « Ceci e3t mon corps, dit Notre-Seigneur, qui sera livré pour vous... Ceci est mon sang, qui sera répandu sur vous1. » Si l’Eucharistie nous nourrit, nous communique la vie du Christ, cette vie ne nous est octroyée que par les mérites de la passion, que grâce au plus douloureux de tous les sacrifices. La consécration, d’ailleurs, qui nous donne l’Eucharistie, renouvelle le mystère de la “roix : en vertu des paroles mêmes, elle opère une séparation mystique entre le corps et le sang du Sauveur ; sons les humbles accidents où elle Le place, Notre-Seigneur nous apparaît anéanti en l’honneur de son Père, moulu, pétri comme la farine, écrasé comme les grains de raisin.

Il importe que cette constante immolation de Jésus ne nous laisse pas insensibles, mais que le souvenir en remplisse notre esprit et notre cœur au moment de la communion. Et il faut aussi que l'immolation généreuse de 6on chef décide le chrétien à accepter la grande mission qui l’appelle à représenter ici-bas la victoire sur la délicatesse et l'égoïsme, au moyen d’une vie vraiment dévouée h Dieu et au prochain.

COLLOQUE

Au milieu des effusions d’une juste reconnaissance, nous prendrons la résolution d’aller à l’Eucharistie animés de sentiments analogues à ceux qui la firent instituer. Mais, dans notre impuissance, supplions Notre-Seigneur de rendre notre cœur semblable au sien, et terminons par

(1) Éf. S. Luc, 22, 19. 20.

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