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EXERCICE PRÉPARATOIRE . OBJET, BUT, DISPOSITION

1er point. L'objet proposé à nos Méditations.

Cet objet est le Cœur de Jésus, révélé dans la vie terrestre du Sauveur. Qu’est-ce à dire?

1. Méditer un cœur , c'est méditer un amour. Méditer le Cœur de Jésus, c'est méditer l'amour d'un Homme- Dieu : cet amour est semblable au nôtre, mais la dignité personnelle de Celui qui aime, l’élève à une valeur infinie. Première considération, aussi consolante que salutaire, qui appelle un court développement.

Il est vrai, Jésus aime comme Dieu et comme homme. Et l’un et l’autre amour, réunis dans sa personne, peuvent être symbolisés ou du moins figurés1 par son Cœur. Nous ne le contestons pas. Cependant, l’amour signifié par un cœur d’homme est, en premier lieu, un amour humain. Puis, l'objet formel immédiat de nos hommages au Sacré Cœur, ou, si vous le préférez, le motif spécial de ces hommages, ne le concevons-nous pas comme exclusivement propre à Jésus-Christ? Or, seul son amour de nature créée Lui appartient en propre : l’amour divin Lui étant, aussi bien que la nature divine, commun avec le Père et le Saint-Esprit. Adorables sont les souffrances de la nature humaine du Verbe fait chair; adorable est l’amour qu’il ressent dans son Humanité. Dans le culte de la Passion, nous honorons les premières ; le culte du Sacré Cœur est le tribut payé au second.

« Nous L’avons vu de nos yeux, nos regards L’ont fixé, nos mains L’ont touché2. » Avec quelle suave émotion, le disciple préféré dut écrire ces lignes! N’y a-t-il pas une douceur analogue à penser et à nou3 dire : Dieu nous aime d’un amour que nous concevons et comprenons?

(1) Figurés, disons-nous, parce que le Cœur de Jésus n’est le symbole réel que de l’amour que le Christ nous porte en tant qu’homme. Voy. la partie doctrinale de cet ouvrage.

(2) lre ép. de S. Jean, 1,1. y

270 8ECT. n. MÉDITATIONS, CH. III. MOIS Dü SACRÉ CŒUR

Assurément, nous sommes infiniment redevables à l’amour incréé de Dieu. Mais cet amour, comme il est ineffable, et qu’il dépasse même toutes nos conceptions ! Puis, son absolue perfection exclut de notre part toute influence sur Lui. Nous, qui ne sommes rien, irions-nous prétendre Le toucher, L’émouvoir? La joie divine ne saurait être l’œuvre d’une créature. Les besoins du langage nous permettent de prêter à Dieu pareille joie, comme nous Lui attribuons le chagrin et la colère; mais ces expressions métaphoriques n’altèrent en rien notre impuissance d’ajouter à son bonheur. Quel bienfait n’est-ce donc pas pour nous, bienfait de ce même amour divin, qu’une nature humaine, associée au Verbe, nous donne un Dieu nous aimant à notre manière, et, en toute vérité, se réjouissant de notre amour. Oui, quand j'aime le Cœur de Jésus, je Le touche véritablement. Il est sensible à mon affection et je Lui suis agréable.

Aux jours de la vie mortelle du Sauveur, j’aurais pu ajouter : et mon ingratitude Le peine. Et si maintenant 11 n’est plus accessible à la tristesse, ce n’est pas que son Cœur ait changé de nature, mais c’est qu’il est entré tout entier dans cette condition glorieuse, où même les saints," élus d’entre les hommes, sont incapables de souffrances.

Les méditations que nous allons faire, nous donneront une conscience plus nette de l’amour que le Sauveur nous porte.

N’est-ce pas là un fruit bien consolant? Et tandis que nous le cueillons, nous causerons un réel plaisir à Jésus- Christ : l’amour désire être connu de celui qui est aimé.

2. Méditer Je Cœur de Jésus dans la vie terrestre du Sauveur y c’est méditer cei amour dans son expression la plus authentique.

Moins encore que pour la nôtre, l’activité extérieure de Jésus est la grande partie de sa vie : tout un monde

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