II. De la méditation
La méditation est cette forme d'oraison mentale qui applique les facultés de Famé à un objet capable de la réformer et de la transformer en Dieu. Elle suppose
1° Un but ^ précis, pratique, ardemment souhaité et énergiquement voulu. Ce désir alimente l’ardeur.
2° Un sujet bien choisi, nettement divisé ; assez préparé pour offrir à nos facultés une prise facile, sans être cependant épuisé au point de ne laisser plus qu’un champ stérile à l’investigation.
3° L 'application sérieuse, mais nullement fiévreuse, de toute notre personne à ce sujet. Et pour expliquer ce labeur :
a) Avant tout, un instant de recueillement qui nous place sous le regard de Dieu et de Jésus-Christ, nous humilie à ses pieds, ou nous transporte jusqu’à son trône de gloire dans le ciel ;
b) U imagination arrêtée sur les côtés visibles du sujet, ou, s’il en manque, sur une scène propre à le rap peler et à favoriser le sentiment désiré ;
c) li intelligence cherchant, se souvenant, créant des comparaisons, des rapprochements, non pas en vue d’une étude ou d’une contemplation spéculative, mais en vue de cette compréhension meilleure qui touche la volonté, la décide, ou l’instruit à mieux faire.
d) La volonté toujours prête à embrasser l’objet de toute l’étreinte de ses affections, de toute la force de ses propos.
4° Le recours fréquent à Dieu. Tout ce travail, en effet, rapporté à une fin surnaturelle, se fait avec la conscience de sa propre impuissance : les efforts mêmes sont une prière pour que Dieu daigne intervenir.
5° \j abandon complet à Dieu. Sans nous inquiéter de notre plan ou de nos prévisions, fixons du regard les vérités que sa grâce illumine, entretenons les sentiments qu’elle éveille, engageons-nous dans la voie qu’elle nous
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fraye, acceptons de grand cœur toutes ses invitations.
La Méditation est précédée d’une introduction. Après s’être souvenue de l’assistance de Jésus-Christ, son Sauveur et son Modèle, l’âme y aborde Dieu avec respect, y avoue son indignité', Lui exprime sa confiance, Lui fait hommage d’elle-même. Cet te prière préparatoire est suivie d’un court rappel des faits si le sujet est historique, puis d’une vue de l’imagination, et d’une demande particulière, adaptée au but de la méditation : ce sont les préludes.
L’oraison se poursuit d’après les points préparés, dans la mesure où la pénurie d’idées ou d’affections rend nécessaire le passage d’un premier point au second, puis au troisième.
Mêlée de pieux et simples entretiens, elle s’achève dans la ferveur d’une prière finale, où l’âme, dans une communication plus intime avec Dieu, Lui parle de tout ce qui la touche et l’intéresse, de tous ses besoins, de tous ses désirs, de tout son amour.