II. Développements
1er point. La prière de Jésus.
1. 1. Tâchons de nous représenter d’une façon bien précise, Notre-Seigneur priant : le respect, la confiance, l’amour qui se lisent dans son regard et l’expression de son visage, le recueillement de toute sa personne. Ravis de ce spectacle, le désir nous viendra tout naturellement, comme aux Apôtres, d’apprendre de Lui à prier. Oh î si nos prières ressemblaient un peu aux siennes !
2. Et ce désir, nous pouvons le formuler avec plus d’assurance. Car, s’il prie pour nous, Il prie aussi pour nous donner Y exemple. Quel ardent souhait de son cœur, de conduire les hommes à Dieu, de les unir à Lui avant tout par la supplication filiale!
II. Nous tournant vers Lui, conjurons Notre-Seigneur de nous instruire dans l’art par excellence de la prière, d’adapter nos mains à l’instrument surnaturel qui nous communique un ineffable pouvoir sur le cœur de notre Père céleste, et nous fait participer à sa Toute-Puissance.
2e point. La prière enseignée par Jésus.
1. 1. Récitons lentement, avec une conviction réfléchie, le Pater.
2. Puis résumons-en le contenu. 11 nous suggère d’abord des actes de parfaite charité envers Dieu, notre Père, dont nous souhaitons la gloire et le règne avec une soif ardente de la suprême justice : l’accomplissement de la volonté divine, sur la terre comme aux cieux. Pui3, de la munificence de ce Père, nous attendons tout bien; nous l’attendons journellement, parce que nous sommes déci-
17e jour. Renseignement de la prière 333
dés à monter chaque jour vers Dieu par la prière. Après nous avoir humblement fait confesser nos infirmités morales de pécheurs, mais de pécheurs repentants qui implorent pardon, et se montrent miséricordieux, le Pater nous met en garde contre les embûthes de l’ennemi : du malin, dont nous demandons d’être délivrés. Enfin, par une étreinte fraternelle, nous comprenons tous les hommes dans l’intérêt que nous portons à nous-mêmes; pour tous les habitants de la terre et du purgatoire nous demandons les mêmes faveurs.
II. Tâchons de faire nôtres ces sentiments, et de nous habituer à réciter d’une façon plus consciente et plus convaincue la sublime oraison dominicale.
3e point. L} insistance nécessaire dans la prière.
1. 1. Notre-Seigneur appuie par deux comparaisons significatives sur la pieuse insistance que nous devons mettre à nous adresser à Dieu, si nous voulons en faire descendre tout bien. Figurons-nous la scène de l’ami dérangé au milieu de la nuit, et qui cède devant l’importunité du solliciteur ; puis, consolons-nous par cette assurance implicite que Notre-Seigneur nous donne dans la seconde image : notre Père céleste ne peut vouloir que notre vrai bien.
2. Rappelons-nous pourquoi cette insistance est réclamée. Elle l’est d’abord, parce qu’il nous est spirituellement utile de communiquer avec Dieu; elle l’est ensuite, parce que nous apprécions davantage ce qui coûte un peu de peine ; elle l’est enfin, parce que notre persévérance corrige les défauts qui se glissent si aisément dans notre oraison.
II. Ne sommes-nous pas de ceux qui, à la fois, prient mal, et se lassent bien vite de prier? Regrettons nos légèretés et nos défiances.
334 SECT. H, MÉDITATIONS, CH. III. MOIS Dü SACRÉ CŒUR COLLOaUE
Offrons au Cœur de Jésus nos propos, avec notre reconnaissance pour la leçon si importante que son amour a daigné nous donner. *