‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 179 sur 334 · II. Développements · texte numérisé non relu

II. Développements

1er point. — La mobilité des hommes.

I. 1. Pénétrons la peine que cause au Cœur de Jésus la vue de cette foule d'hommes, maintenant, sans doute, fidèle, attachée à ses pas et même empressée à Le suivre, mais que guident, pour une bonne part, des mobiles qui ne la préservent d'aucune inconstance, d'aucune trahison.

336 SECT. II. MÉDITA TiUKS j CH, III. MOIS DÜ 8ACRÉ CŒtJfi.

Lui, si noble et si ferme, en voit, tant vils d’intention et prêts à chanceler.

2. C’est l’honneur de notre vraie religion, de proclamer l’inviolabilité absolue de tout devoir et de rejeter toute excuse de difficulté ou d’impossibilité prétendue.

Iî. Parmi tant de chrétiens qui répètent : « Mon Dieu, plutôt mourir que de vous offenser encore », combien souscrivent, combien pensent sérieusement à la portée de pareille protestation? Et quel est, quel sera notre cas à nous?

2e point. — Le remède du renoncement.

1. 1. A toutes ces faiblesses Notre-Seigneur oppose la doctrine du renoncement en des termes dont l’énergie correspond à la générosité même qu’il réclame.

Les intérêts du temps et ceux de l’éternité, parfois inconciliables aujourd’hui, créent en nous une apparente dualité qui fait que nous semblions ne plus pouvoir poursuivre notre bien totalement. Dualité apparente, parce que le sacrifice d’un bien inférieur est toujours surabondamment compensé par un bien supérieur. Dualité qui nous donne ici-bas la splendide occasion de nous montrer vraiment généreux, tout en servant notre propre cause.

2. Dans son amour pour nous, Notre-Seigneur n’hésite pas à formuler dans les termes les plus expressifs la loi du devoir et de la perfection. Il a commandé d’aimer, et maintenant II commande de haïr; c’est-à-dire, qu’il veut que nos affections les plus vives et les plus légitimes demeurent subordonnées à l’obligation absolue d’aimer Dieu, de l’aimer, Lui, et de Le suivre. Il a promis la paix, Il a vanté la suavité de son joug. Mais cette paix, cette suavité, s’accordent avec les peines de l’existence présente : nous devons porter notre croix de chaque jour.

II. Que nous voilà loin de ces raisonnements humains et mondains, qui, pratiquement, mettent la nécessité de

19e JOUR. LA BREBIS ET LA DRACHME PERDUES 337

jouissances inférieures, au-dessus de la nécessité de la vertu ! Et nous, de quelle trempe sommes-nous, de quelle trempe voulons-nous être?

3e point. — Les biens auxquels le renoncement conduit.

I. Notre-Seigneur nous suggère une double image : celle d'une tour qui se dresse magnifique, et celle d'une armée ennemie que l'on met en déroute. Au prix de ce renoncement et de cette générosité, l'immuable édifice de notre perfection sera élevé : et nous remporterons une victoire éternelle.

II. De telles perspectives peuvent-elles nous laisser hésitants?

COLLOQUE

Reconnaissons l’amour qui dicte à Notre Seigneur ses paroles sévères : Il ne veut que notre bonheur, que notre grandeur. Acceptons par amour pour Lui l'intransigeauce de tout devoir, mais supplions -Le de nous rendre l'héroïsme possible par son secours.

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