MÉDITATIONS SUR LES « NEUF OFFICES
Dessein général de ces méditations.
Ainsi que nous l’expliquons dans la partie doctrinale de notre ouvrage : La dévotion au Sacré Cœur, tout en gardant son objet propre, comporte des élargissements de matière et de point de vue que le culte pratique amène naturellement et logiquement. Elle devient la dévotion â tout l’intérieur de Jésus-Christ.
Que n’est pas Notre-Seigneur à notre égard et pour nos hommages?
Fils de Dieu par nature, Il est, par son incarnation, le nouvel Adam, chef du genre humain. Sa mission, qui L’a rendu notre Sauveur, en a fait également le Modèle sur lequel nous avons à régler notre vie.
L’accueil qu’il a rencontré et rencontre encore auprès des hommes s’ajoute à ses titres et à ses bienfaits, pour Lui mériter nos adorations, nos réparations, notre amour.
Chacun des neuf Offices du Sacré Cœur revêt dès lors un triple aspect : c’est une tâche que le nouvel Adam a remplie le premier d’une façon éminente et incommunicable ; c’est une leçon que notre divin exemplaire a pratiquée pour nous l’enseigner ; c’est un devoir que la dévotion au Sacré Cœur nous rend désireux d’accomplir après Lui, et aussi envers Lui.
Nos exercices sur les neuf offices, où nous comprenons la dévotion au Sacré Cœur dans son acception la plus ample, envisagent le Sacré Cœur sous ces trois aspects. Nous y voulons admirer et glorifier une prérogative de
notre chef ; y puiser un exemple que son amour nous lègue ; et y trouver un but de piété à poursuivre durant tout un mois.
A chacun des neuf offices nous avons rattaché quatre méditations, dont la première mettra chaque fois en relief une transcendance du Coeur du Jésus.
Dans un préambule, nous exposerons le plan des méditations rattachées à chaque office.
ARTICLE I
L’office de Médiateur
En union avec le Chœur des Trônes.
Ordre des méditations consacrées à cet office.
Les méditations que nous avons écrites pour cet office nous font voir Notre-Seigneur à cet instant solennel où II accepte « de réconcilier le Ciel avec la terre. > Nous rappelant ensuite notre propre vocation médiatrice, elles nous pressent d’y répondre avec les dispositions que le Sacré Cœur mérite de notre part et produit en nous par sa grâce et son exemple.
La médiation de Notre-Seigneur satisfit à certaines conditions essentielles : nous les parcourons une à une dans le premier exercice. Le deuxième fait ressortir la nécessité et le bienfait de cette médiation : le troisième en résume les caractères, surtout la générosité; et le quatrième insiste sur sa durée perpétuelle.
Note préliminaire. Le rôle du Médiateur est, à proprement parler, un rôle de paix et de réconciliation. Après le péché originel, une triste inimitié séparait l’homme et Dieu. Qui donc allait y mettre fin? Seul le Christ, placé en tant qu’homme entre Dieu et le reste du genre humain, unissant dans sa personne les deux natures opposées, la
ART. I. L’OFFICE DE MÉDIATEUR, lre MED.
nature divine et la nature humaine, trouvait dans son Êt^e même le moyen de réconcilier l’homme avec Dieu, et d'être ainsi Médiateur naturel ou par nature. Seul encore Il pouvait être un Médiateur de justice; parce que seul 11 était capable, dans sa nature humaine , d’offrir à Dieu une satisfaction proportionnée à l’offense du péché.
Il voulut être ce Médiateur ; Il le fut par sa naissance même, puisqu’il s’incarna pour nous rendre la paix avec Dieu. La sainte Vierge, les Anges, les Saints du ciel et les chrétiens de la terre peuvent contribuer à réconcilier les hommes avec Dieu. Mais leur qualité de Médiateurs est fondée sur une grâce, une gloire, un pouvoir, un ministère, qui sont des dons ajoutés à leur nature. Voilà pourquoi ils ne sont Médiateurs que^?ar grâce. Encore leur médiation tire-t-elle toute son efficacité de la médiation de Jésus-Christ.
D’après cela, c’est à ramener les hommes à Jésus-Christ, à les attirer à son Cœur divin, que consiste l’Office de Médiation envers le Sacré Cœur. Cet office est un de ceux dont parle la Sainte elle-même. Dans une lettre1 à la Mère Greyfié, elle le déclare divinement échu à une Sœur de la Visitation. La confidente du Sacré Cœur veut de plus, que, chaque année, le sort désigne une religieuse qui ait à s’acquitter de ce rôle. « Bienheureuse, s’écrie-t-elle de la part de Notre-Seigneur, celle sur qui le sort tombera, car Il sera de même son Médiateur. »
Pressante exhortation pour nous attacher spécialement à cet Office !
(1) C’est la 44e de la publication : Vie et Œuvres de Sainte Marguerite-Marie Alacoque. 2 vol. in-8°, Paray-le-Monial, au monastère de la Visitation, ou Paris, Poussielgue. Nous renverrons à la première édition.