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LA CONSÉCRATION DES FA3ULLE9 AU SACRÉ CŒUR

La consécration des familles au Sacré Cœur oppose une réponse éloquente et une barrière efficace à l'audace et aux tentatives sacrilèges d'une impiété qui s'acharne à profaner le foyer domestique, à y remplacer par les vices d'un paganisme incroyant , la foi et les vertus chrétiennes.

Sa Sainteté Benoît XV développe cette pensée dans sa lettre du 27 avril 1918 au R. P. M. Crawley, de la Congrégation ite Picpus.

Faisant logiquement suite aux consécrations individuelles la consécration des familles complète le plus

(1) Dilectis utriusque Cleri saecularis et regularis filiis, qui per liane Consécrations formulara, Sacra tissimo Cordi Jesu pie sese dedieaverint ac addixerint :

1° Indulgentiam tercentorum dierum toties quoties;

2° Indulgentiam septem annorum in collationibus de divinis, quae singulis anni mensibns fieri soient ;

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heureusement la consécration collective des diocèses, des nations, du genre humain.

Les dédicaces collectives sont l'œuvre des autorités qui ont le droit de parler et d’agir au nom de l’Église et de l’État.

Mais si la famille est la molécule sociale, n’aperçoit-on pas aussitôt que cette action officielle se parfait par des ratifications données au foyer domestique? Tant que les familles ne souscrivent pas à l’acte de leurs gouvernants, le Sacré Cœur ne règne encore que nominalement. Peut-on dès lors espérer pour le peuple l’abondance des bénédictions attachées à son règne social?

En disant qu’il bénirait les maisons où l’image de son Sacré Cœur serait exposée et honorée, Notre-Seigneur n’invitait-Il pas Lui-même les familles chrétiennes à Lui ériger un trône dans leur intérieur?

Autant que les recherches actuelles permettent de le dire, l’initiative de la consécration des familles remonte à 1882; et l’honneur en revient à un religieux scolastique de la Compagnie de Jésus, ancien zouave pontifical, enlevé par un décès prématuré à ses études théologiques, cette même année 1882. C’est le F. Théodore Wibaux* 1 2. Un Père Rédemptoriste lui avâit décrit par lettre son bonheur d’avoir pu, après le saint sacrifice de la messe, consacrer les siens au Cœur de Jésus-Christ. Le fervent religieux conçut alors l’idée d’une propagande qu’il soumit au Messager du Sacré Cœur%. Accueillie par ce grand organe de la dévotion au Cœur de Jésus, elle enflamma le zèle de nombreux lecteurs. Lors du

3° Induljrentiam plenariam in fine spiritualium Exercitionnn in Domino concedimus.

Ex 8edibus Vaticanis, die 17, mense sextilii, Anno 1908.

Plus PP. X.

(1) Le P. du Coëtlosquet nous a laissé sa vie sous ce titre : Théodore Wibaux , zouave pontifical et jésuite. Paris, 1885.

(2) Messager du Sacré Cœur, t. xli, 1882, p. 326.

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second centenaire de la Bienheureuse Marguerite- Marie (15 octobre 1890), le P. Régnault, directeur général de PApostolat de la Prière, pouvait faire déposer à Parayle Monial 35 volumes remplis des noms des familles consacrées au Sacré Cœur. Sept autres volumes étaient portés en même temps à la Basilique de Montmartre1.

La consécration se pratique de diverses façons. Non seulement la formule varie, mais les familles se consacrent tantôt isolément, tantôt par groupes. La consécration peut donner lieu à une démonstration publique ou se faire en secret dans chaque demeure.

Un bel acte de consécration, au nom d’un grand nombre de familles, fut lu ainsi à Paray, le 30 juin 1882, par M. Gabriel de Belcastel, le même qui, en 1873, s’était fait l’interprète des membres de l’Assemblée nationale accourus à Paray pour consacrer la France au Sacré Cœur2.

Tandis que ce mouvement continuait à se propager, le R. P. Mathieu Crawley-Bouvey, prêtre péruvien de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie (Picpus), combina, en 1907, le plan d’une nouvelle croisade pour faire régner le Cœur de Jésus dans les familles. 11 avait rédigé un projet de cérémonial d’après lequel le chef de famille installait une image ou une statue du Sacré Cœur à une place d’honneur du sanctuaire domestique. Revu et approuvé par le Cardinal Vivès, ce rite fit donner à la cérémonie le nom d’intronisation du Sacré Cœur de Jésus dans les foyers.

Un dessein analogue se poursuivait en Belgique dès 1908, grâce au R. P. Ladislas Vanheuverswy'n, de la

(1) Voir d’autres renseignements dans l’étude du P. Pasquale Aloisi Masella, S. J. La consacrazionc delle famiglie al S. Cuore , Civjlta catholica 1917. Appendice, p. 120.

(2) Cf. Messager, t. xlh, 1882, pp 220. 221, où se trouve le texte de la consécration,

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même Congrégation, à qui le P. Mathieu avait exposé ses projets. Le P. Ladislas obtint de Pie X une indulgence plénière pour une formule de consécration qui eut la plus large diffusion dans divers pays d’Europe. (Voir plus loin cette formule.)

L’apostolat du P. Mathieu s’exerça d’abord au Chili, où il avait sa résidence. Il réalisa des merveilles, à ce point que les évêques du Chili firent une démarche collective en faveur d'une entreprise si visiblement bénie du Ciel. A leur prière, la consécration des familles fut, en ce pays, enrichie d’indulgences1 2. Du Chili elle se répandit dans l’Amérique latine et passa en Europe. En 1915, on estimait, que trois millions de familles avaient réservé au Sacré Cœur un trône dans leur foyer2.

Le Saint-Père en fait lui-même la remarque. En installant l’image du Sacré Cœur dans l’endroit le plus noble de la maison comme sur un trône, on obéit à Jésus-Christ Lui-même, et on s’assure les bienfaits que Notre-Seigneur a promis de déverser sur les maisons où l’image de son Cœur serait exposée et honorée3.

Non plus que le F.Wibaux et le Messager , le P. Ladislas n’avait parlé à! intronisation. Dans une lettre du 26 avril 1915,1e Cardinal Billot, en faisant l’éloge de la cérémonie dédicatoire, justifie la nouvelle appellation. Nous ne songeons nullement à y contredire. Il est à remarquer cependant que dans son bref du 27 avril 1915, Sa Sainteté Benoît XV ne l’a jamais employée, et s’en tient au titre primitif de Consécration des familles. Nous nous sommes conformé ici au langage du Souverain Pontife.

Dans le même bref, Benoît XV étend à toutes les familles

(1) Concession du 24 juillet 1913.

(2) Cf. : la brochure Y Intronisation du Sacré Cœur de Jésus dans les foyers. On se la procure chez les RR. PP. de la Congrégation de Picpus.

(3) Bref cité au R. P. Crawle y.

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de l’univers catholique, les indulgences accordées par Pie X aux familles du Chili qui se consacraient au Sacré Cœur.

Voici ces indulgences :

1. Sept ans et sept quarantaines à tous les membres de la famille, pour l’assistance pieuse à la cérémonie de consécration.

2. Une indulgence plénière, ce jour-là, aux conditions ordinaires et moyennant la visite d’une église ou d’un oratoire public.

3. Une indulgence de 300 jours au jour anniversaire de la cérémonie, s’ils renouvellent alors leur consécration devant l’image du Sacré Cœur.

Aucun rite spécial n’est exigé comme condition de ces indulgences; mais il faut réciter l’acte de consécration reproduit p. 435.

Nous reproduisons ici deux méthodes : l’une, émanant de la direction générale de Y Apostolat de la Prière , a été mise en honneur à Tournai; l’autre est celle du R. P. Crawley.

Chacune des deux méthodes a ses avantages. L’une est plus solennelle, l’autre plus intime ; l’une demande une adhésion sérieuse et sincère, l’autre une action personnelle et spontanée ; l’une donne au rôle du prêtre de paroisse tout son relief, l’autre fait exercer par le père de la famille une sorte de sacerdoce domestique ; l’une est plus accessible à tous, l’autre convient mieux pour une élite. L’une et l’autre ont amené des résultats que l’on a justement qualifiés de splendides.

Du reste, elles ne se contrecarrent point ni ne s’excluent. Tournai recommande également au père de famille de renouveler souvent à son foyer la consécration prononcée a l’église1.

(1) Eu Italie, au mois de mai 1918, Benoît XV confia à Y Apostolat de la Prière la mission de répandre la consécration des familles au Sacré Cœur.

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