REMARQUES GÉNÉRALES
réparation est également inculqué dans l’Office de sainte Marguerite-Marie (leçon V) : « Tandis qu’elle priait devant le saint Sacrement, Notre-Seigneur lui montra, dans l’ouverture du côté, son cœur environné de flammes et entouré d’épines ; et II lui enjoignit de s’employer à obtenir qu’en retour d’une telle charité, et pour réparer les injures del’ingratitude des hommes, son Cœur reçût un culte public, dont de magnifiques faveurs seraient la récompense. »
Comme toujours, en effet, Notre-Seigneur veut faire tourner à notre suprême avantage jusqu’à nos actes les plus généreux. Le salut final et l’abondance de tous les biens spirituels sont promis à ceux qui honorent le Cœur de Jésus et s’appliquent à Le faire connaître et aimer. Dès lors, le culte a pour fin secondaire un enrichissement spirituel dont nous profiterons nous-mêmes tous les premiers, et dont la douce influence se répandra autour de nous.
Les actes du culte. — Pour être complète, la dévotion au Sacré Cœur doit être privée et publique. Membre d’une grande société spirituelle, l’Église, le chrétien se sent invité à s’associer le plus intimement possible aux honneurs officiels que cette Église rend à son époux et à son chef Jésus-Christ. Ici pourtant, nous ne nous occupons que de la dévotion privée, réservant au tome n, les indications qui peuvent éclairer et guider la dévotion sociale, autrement dit la piété liturgique. La dévotion privée ne saurait être véritable, si elle ne joint aux actes extérieurs les actes intérieurs qui en sont l’âme. Plusieurs auteurs ont tracé avec soin un programme assez complet des actes que comporte le culte du Sacré Cœur de Jésus. Dès les origines de la dévotion, le P. Jean Croiset consacre la majeure partie de son ouvrage aux moyens d’acquérir la dévotion et aux exercices pratiques. Le troisième livre du célèbre traité du P. de Gallifet est intitulé : De usu et praxi Cultus S. Cordis Jesu. Plus près de nous, le P. de Franciosi, dans son beau livre La Dévotion au Sacré
S. C. DE JÉSUS. I
Cœur de Jésus et au saint Cœur de Marie , insiste à son tour sur la pratique de la dévotion et les moyens d’acquérir celle-ci; et l’opuscule du P. Bucceroni, Commentarii in cultum SS. Cordis Jesu, contient une analyse très serrée des hommages qui appartiennent au culte du Sacré Cœur.
En ce qui concerne les actes intérieurs , nous croyons à propos de reproduire deux pages du P. de Gallifet (liv. III, ch. 1) :
« Le culte intérieur du Cœur de Jésus consiste pour V intelligence ^ à pénétrer l’excellence du divin Cœur, c’est-à-dire, quelle en est la dignité, la sainteté, la sublimité; quels trésors de grâces s’y trouvent cachés ; tout ce qu’il a enduré pour la gloire de Dieu et le salut des hommes; combien II est agréable et cher à la très sainte Trinité ; que d’attraits II possède pour tous les fidèles; bref, combien ce Cœur mérite notre amour et notre respect souverain. De ces considérations doit naître en nous une estime infinie de ce saint Cœur. Tel est le premier fondement de tout le culte.
« Le premier soin des zélateurs du Cœur de Jésus doit donc être d’acquérir ces connaissances, d’appliquer leur intelligence à les contempler et à les bien approfondir. A cet effet, ils ne peuvent se contenter d’une simple lecture; il faut la méditation, plus encore la prière, et la pratique même de la dévotion.
« Après avoir ainsi disposé l’intelligence, on obtiendra sans peine les actes qui appartiennent à la volonté , nous voulons dire les affections qui répondent à l’excellence infinie du Cœur de Jésus. L’adoration suprême est due à sa suprême dignité. A ses prérogatives et perfections souveraines, l’admiration, la glorification, la louange. Son amour immense mérite un amour réciproque. Les bienfaits dont II est pour nous la source, une juste action de grâces. Sa miséricorde appelle la confiance. Les vertus dont II est le siège, l’imitation. Les injures qui