REMARQUES GÉNÉRALES
violent son honneur, la réparation. Et ainsi du reste.
« Et, puisque rien n’est plus cher au Père céleste que ce divin Cœur, nous nous servons de ce Cœur auprès de Lui, pour rendre toutes nos actions acceptables et agréables à cette majesté infinie, unissant toutes nos actions et toutes nos souffrances, aux actions et aux souffrances de ce très saint Cœur. Par le Cœur de Jésus, nous adorons Dieu, nous Le louons, L’aimons, nous implorons des bienfaits, nous rendons grâces, nous nous humilions sous la volonté divine, nous demandons le pardon de nos fautes et le reste. Finalement, et cette pratique caractérise^ pour ainsi dire, cette dévotion, l’amour immense dont le Cœur de Jésus brûle pour les hommes, nous le rapprochons des injures qui lui sont infligées par leur ingratitude ; et, nous voyant nous-mêmes au nombre des ingrats, couverts de confusion, pénétrés de douleur, nous Le prions avec de très humbles instances de nous pardonner; et, prosternés devant Lui, nous Lui offrons du fond du cœur, et selon tout notre pouvoir, la juste expiation qu’il réclame. Ce genre d’hommages, comme la nature de ce culte le prouve à l’évi dence, réalise les plus ardents souhaits du Cœur de Jésus.
« Le concours de la mémoire, le rappel fréquent et familier de ce divin Cœur, en faisant multiplier à l’infini les actes ou les exercices propres du culte intérieur, donnera à celui-ci son entière perfection, et nous mènera nécessairement jusqu’au culte extérieur. »
Nous nous bornerons à mentionner les actes principaux du culte extérieur : la célébration de la fête du Sacré Cœur et du premier vendredi , .notamment par la visite, l’amende honorable, la consécration et la communion réparatrice1 ; le culte hebdomadaire du vendredi , par la
(1) On sait la grande promesse attachée à la communion des neuf premiers vendredis. Voir, au t. ir, notre commentaire publié dans les Etudes , 1903, t. xcv, p. 593, ou notre brochure : La Grande Promesse, Paris, V. Retaux.
484 SECTION m. CHAPITRE II. exercices divers
méditation, l’exercice de l’heure sainte ; le culte quotidien d’offrande et de prière ; l’exposition de l’image du Sacré Cœur ; la communion fréquente et fervente : n’est-ce pas elle qui permet le cœur-à-cœur avec Notre-Seigneur? N’oublions pas, ici encore, Y imitation1, si chère au Cœur de Jésus, parce qu’elle met à profit sa passion, sa mort et son eucharistie, et parce qu’elle nous rapproche éternellement de Lui; enfin, l’apostolat , qui en les fécondant; couronne la vertu et l’amour.
Tous ces actes seront des actes de la dévotion au Sacré Cœur, alors surtout que nous les rapporterons à l’amour et à la réparation, les deux grands devoirs de celui qui aime le Cœur de Jésus. Et, afin de stimuler davantage notre ardeur, songeons que si les tristesses du Cœur de Jésus appartiennent nécessairement au passé, le Christ peut, maintenant encore, ressentir dans son cœur la douce joie que procure aux hommes une forte et généreuse amitié.
« Croissez de plus en plus, souhaitait l’apôtre saint Pierre2, dans la grâce et dans la connaissance de Notre- Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A Lui soit gloire et maintenant et jusqu’au jour de l’éternité. Ainsi soit-il. »
(1) L'Imitation des vertus de Notre-Seigneur est une forme excellente que peut revêtir l’amour réparateur. Et que les qualités du cœur de Notre-Seigneur, notamment sa douceur, son humilité, méritent d’être proposées en exemple, saint Paul ne l’enseigne-t-il pas expressément dans le passage déjà cité de son épître aux Philippiens (II, 5)? La dévotion au Sacré Cœur ainsi conçue, n’aurait rien qui ne fût légitime et salutaire ; et elle est présentée sous cet aspect dans le décret de 1765 et dans l’oraison de l’Office approuvé pour Venise. Toutefois, ce concept n’est pas celui qui nous est légué dans les révélations de sainte Marguerite-Marie. L’imitation n’en est pas exclue : mais elle n’e3t pas cherchée pour elle-même ; c’est une manière concrète d’aimer et de réparer.
(2) 2e épître de saint Pierre, 3, 18.