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Ce que Jésus désire voir réparer par l’homme

Des outrages au Très Saint Sacrement, nombreux, atroces, qui me doivent spécialement toucher :

a) Parce que c’est le sacrement d’amour ;

b) Parce que c’est mon sacrement, comme religieux, prêtre, catholique faisant profession de ferveur ;

c) Parce que ces outrages sont en partie mon œuvre.

2. Quelle est ma réparation ? Quelle a été jusqu’ici ma volonté réparatrice? Que m’a-t-elle coûté jusqu’à présent?

Et dans l’avenir, que ferai-je?

COLLOQUE

Entretien fervent de propos, d’offrande et de prière.

IVe MÉDITATION

1er Prélude. Jésus souffrant et humilié sur sa croix.

2e Prélude. Demander instamment de mieux connaître la voie de la réparation que Notre-Seigneur m’apprend par son exemple, et d’y marcher courageusement à sa suite.

1er POINT.

Notre-Seigneur répare en fondant l’ordre nouveau sur des principes contraires à ceux qui nous avaient perdus .

1. Le premier principe de notre ruine était Y orgueil. « Vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal1. » Cette ambition avait séduit l’homme. Notre- Seigneur y oppose un anéantissement de Lui-même, prouvé

(1) Genèse, 3, 5.

ART, n. l'office de réparateur, 4e MED. 83

par une obéissance qui va jusqu’à la mort de la croix. « Il s’est anéanti Lui-même, se faisant obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort de la croix1. »

2. Le second principe était la sensualité. Le fruit, rapporte l’Ecriture, paraissait beau et délectable au goût. Notre-Seigneur y oppose les privation de toute sa vie et les extrêmes souffrances de son dernier jour.

Admirons cette sagesse, et aussi cette force. Voyons-y un motif de nous attacher à Notre-Seigneur.

2e POINT.

Ma réparation doit correspondre à celle de Notre- Seigneur , II me faut suivre les principes opposés à ceux gui amènent les outrages au Saint- Sacrement.

1. Je retrouve Y orgueil comme premier principe de ces outrages, h’ orgueil , qui refuse de croire et de soumettre la raison ; l’orgueil encore, qui inspire la fausse honte, et par là les confessions, les communions sacrilèges. J’y dois opposer une foi bien humble et bien vive, un aveu bien spontané et bien franc de toutes mes fautes, une humilité générale dont l’obéissance parfaite sera la meilleure preuve.

2. La sensualité fait le reste. Ce qui troublait à Corinthe la cène eucharistique, c’était, d’après saint Paul, l’avidité des riches pour les mets de leur table2. N’est-ce pas l’appétit des voluptés infimes qui enlève le goût de cette nourriture céleste? La paresse, la recherche des aises, causes d'autant d’irrévérences, d’où viennent-elles encore, si ce n’est de la sensualité? Il me faut donc renoncer à ces plaisirs, réagir par la mortification contre la sensualité, et offrir à Notre-Seigneur la chasteté parfaite d’un cœur pur de toute attache humaine. C’est cette pureté qui

(1) Ép. aux Philipp., 2, 8.

(2) I Cor., 11, 21.

fait aimer l'Eucharistie, comme elle trouve en l'Eucharistie sa source vivifiante.

Voyez les méditations précédentes.

ARTICLE III L'Office d’adorateur

En union avec le choeur des Dominations.

Ordre des méditations consacrées à cet office.

Dans les deux premiers exercices, l’excellence et la perfection des adorations de Notre-Seigneur remplissent le premier point. De là, nous passons, dans le premier exercice, à notre devoir d’adorer Dieu et Notre-Seigneur; et, dans le deuxième, à notre rôle d’adorateur du Saint- Sacrement. Le troisième exercice insiste sur la perpétuité des adorations de Notre-Seigneur, pour nous déterminer à l’adoration constante qu’une vie recueillie rend seule possible.

L’enseignement de Notre-Seigneur à la Samaritaine, sur l’adoration en esprit et en vérité, fournit le thème du quatrième exercice.

Note préliminaire, a) L’adoration dont il s’agit ici, c’est l’adoration latreutique, hommage suprême qui ne peut se rendre qu’à Dieu. Et c’est parce qu’elle contient Dieu en contenant le corps et le sang de Jésus-Christ, que la Sainte Eucharistie peut et doit recevoir cet honneur1.

b) Ce même Jésus-Christ y est dans son adorable

(1) Conc. de Trente, s. 13, c. 5.

ART. III. L’OFFICE D’ADORATEUR, lre MÉD.

Humanité le parfait Adorateur de son Père. Mais cette adoration, qu’on veuille bien l’observer, est identiquement celle qu’il offre au ciel. Notre-Seigneur, en effet, n’exerce pas dans ce sacrement une activité distincte de celle qu’il possède à la droite du Père. L’Eucharistie, c’est une nouvelle présence de son Humanité, mais, non plus qu’elle ne multiplie les natures, cette présence ne multiplie les activités du Christ1. Aussi bien que c’est un seul et même Jésus-Christ qui se trouve glorieux au ciel et dans chacune des hosties, aussi bien, tout ce que dans son Humanité II fait au ciel, Il le fait dans chaque tabernacle : rien de plus, rien de moins. La seule différence, c’est que ces adorations sont offertes partout où II eét sacramentellement, au lieu d’être offertes seulement au ciel.

Ire MÉDITATION

1er Prélude. Représentons-nous Notre - Seigneur au désert, passant ses jours dans la prière et le jeûne, et confondant l’audacieuse astuce du démon par ces paroles : « Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que Lui2. »

2e Prélude. Demandons instamment la grande grâce d’offrir des adorations parfaites à Dieu et à son Christ.

1er point. Les adorations offertes par le Verbe incarné.

I. L’adoration, dans son sens le plus strict, c’est l’hommage propre de l’être créé au Créateur. Elle fait reconnaître à la créature le souverain domaine de Dieu ; elle humilie 1 homme jusqu’au néant devant Celui qui est.

(1) Nous ne parlons évidemment pas ici de l’efficacité surnaturelle que possède tout sacrement pour produire la grâce en nos âmes.

(2) Év. 8. Matth., 5, 10.

La nature humaine du Christ était créée. Le Christ pouvait donc adorer Dieu dans cette nature. Mais Celui qui offrait ces adorations était une Personne divine. Et les hommages présentés par Lui revêtaient, dans cette Personne, une valeur rigoureusement infinie.

Infinie! Par conséquent, les adorations de tous les hommes réunis, voire même de tous les chœurs des anges, n’approchaient pas en prix d’une seule adoration du Christ! Dès lors, également, l’humanité blasphématrice, dont l’impiété n’atteint Dieu que par le dehors, ne saurait, par ses refus, jeter une ombre sur la gloire que Lui procure un monde dont fait partie le Christ adorateur.

II. 1. Ah! nous pouvons défier l’absurde malice des hommes : elle ne saurait empêcher que Dieu ne soit dignement glorifié sur la terre.

Triomphons de cette impuissance.

Réjouissons-nous de l’honneur rendu à la divine Majesté. A chaque instant, avec plus de raison que Moïse, nous pouvons nous écrier : « Chantons au Seigneur : avec quelle gloire II s’est magnifié » L

2. En même temps, comprenons mieux le secret de la miséricorde si longanime, dont Dieu fait preuve à l’égard d’un monde où nous surprenons des instincts si bas et si pervers : grâce à Jésus-Christ, le nom divin y est sanctifié plus qu’il ne peut l’être dans le monde spirituel des anges.

2e point. Nos adorations de la divine Majesté.

I. 1. Notre-Seigneur désire nous voir continuer ses adorations sur la terre. A ce dessein, Il nous communique sa vie et quelque chose de sa dignité. Non content de nous ennoblir de la sorte, Il daigne encore nous révéler Dieu comme jamais nous n’aurions pu Le connaître. Et si nos hommages n’atteignent pas à la sublimité des siens, s’ils ne

(1) Exode, 15, 1.

ART. III. L’OFFICE D’ADORATEUR, lre MED.

peuvent que rivaliser avec ceux des autres hommes, privilégiés au même titre que nous, ils laissent cependant derrière eux, à une distance que nous pouvons encore appeler infinie, les honneurs qu’abandonnés à nos forces naturelles, nous étions capables de rendre à Dieu. Par suite, nous l’avons déjà dit, comme les blasphèmes ne sont l’œuvre que d’une nature corrompue, ne pouvons-nous pas ajouter, que les adorations des hommes, enfants adoptifs de Dieu, effacent les impiétés superbes et dédaigneuses des serviteurs rebelles?

2. Les raisons de nous appliquer à l’adoration de la divine Majesté vont ainsi s’accumulant. Citons le désir du Christ, la mission qu’il nous confère, les connaissances dont II nous enrichit, la capacité qu’il nous donne de racheter les impiétés de nos semblables, et de glorifier dignement Dieu.

3. Il vient même nous aider. A l’appel du prêtre, Jésus, dans la messe, offre sur nos autels l’adoration incessante qu’au ciel II rend à Dieu son Père. Et cette adoration se prolonge ensuite dans le tabernacle. Partout où se garde une mainte hostie, l’humanité du Christ s’humilie et adore la divinité !

II. Veillons donc à l’exécution fidèle de nos devoirs d’adoration envers Dieu. Que nos prières débutent par un acte formel d’adoration ; que notre respect intérieur et extérieur témoigne, dans nos oraisons, d’une adoration continue. Habituons-nous à contempler dans le Saint- Sacrement l’Adorateur modèle. Surtout, en offrant la sainte messe, soit comme célébrant, soit comme assistant, ratifions et partageons l’anéantissement du Christ devant son Père. Ce Père est aussi le nôtre.

3e point. Nos adorations de Jésus-Christ.

1. 1. L’humanité par laquelle le Christ adore est adorable en elle-même, parce qu’elle est l’humanité d’une Personne divine. La gratitude ne nous crée-t-elle pas un devoir de

l’adorer ; d’adorer spécialement le Cœur qui, par amour pour son Père et pour nous, a voulu nous donner des exemples et des moyens de digne adoration? Un jansénisme glacial refusait ces hommages au Cœur de Jésus ; allait jusqu’à les Lui dénier, à en contester la légitimité. N’est-ce pas, à nos yeux, une nouvelle raison de les rendre fervents et nombreux?

2. L’incrédulité contemporaine loue dans le Christ un sage et un bienfaiteur insigne, voire unique des hommes. Mais, elle aussi, Lui refuse l’encens de ses adorations. Ces hommages diminués, auxquels les simples se laissent prendre, sont bien faits pour nous affliger. On veut donc, comme certains hérétiques du Ier siècle, détruire Jésus- Christ, ne nous Le conserver qu’à moitié1. Et voyez la conséquence. Si le Christ n’est pas Dieu, l’incarnation est un mythe; notre religion devient une monstrueuse erreur. On ruine ainsi toute l’économie nouvelle, en paraissant la couvrir de fleurs ! Le Christ, lui-même, en s’affirmant sorti du Père et venu en ce monde, a répudié d’avance ces honneurs qui Le renient en Le diminuant. Si son langage n’est pas véridique, Il est donc Lui-même un imposteur criminel ou un visionnaire égaré. L’incrédulité ne Lui paye qu’un tribut de dérision ; elle imite les soldats qui Le couronnaient d’épines.

Aussi véritablement que S. Jean, nous dénonçons un Antéchrist dans celui qui ne confesse pas Jésus-Christ, qui ne Le confesse pas pleinement, en osant nier le Fils de Dieu2.

II. Pour nous, plus que jamais, confessons et publions la réalité divine et la réalité humaine du Christ; prévenons l’erreur, la méprise de frères moins instruits, apprenons-

(1) Ire ép. de S. Jean, 4, 3 (d’après la Yulgate). Le Grec a plutôt, au lieu de solvit (Xoei) la simple négation : qui non confitetur.

(2) Cfr. Ire ép. de S. Jean, 2, 22 ; et 4, 3.

ART. m. l’office d’adorateur, 2e MED.

leur quels ennemis du Christ sont ces faux louangeurs, et compensons par nos respects reconnaissants, l’ingratitude d’une impiété qui se prétend tolérante et éclairée.

COLLOQUE

Offrons nos propos d’adoration unis à ceux des Dominations. Supplions le Christ de les agréer et de nous y rendre fidèles. Qu’Il fasse de nous des adorateurs en esprit et en vérité !

Ile MÉDITATION

1er Prélude. Me représenter Notre -Seigneur au tabernacle, adorant son Père et attendant mes adorations. Je L’entendrai répéter les paroles qu’il dit à l’apôtre saint Thomas : « Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu1. >

2e Prélude. Demander instamment la grâce de devenir un fervent adorateur du Très Saint Sacrement.

1er point. Jésus adorateur.

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