‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 34 sur 334 · Combien je dois souhaiter que Dieu soit adoré dignement · texte numérisé non relu

Combien je dois souhaiter que Dieu soit adoré dignement

a) L’adoration forme le premier devoir de toute créature raisonnable. C’est sa réponse à l’acte créateur. En adorant, j’exprime un souverain respect, je professe une parfaite soumission ; je reconnais l’excellence infinie et l’absolu domaine de Dieu. — Toute créature doit adorer Dieu. Quelque éminente qu’elle soit, il lui faut, comme les saints de l’Apocalypse2, jeter sa couronne devant le trône de cette Majesté infinie. — Je ne puis adorer que Dieu. Si j’allais me prosterner devant le plus élevé des anges, il s’écrierait aussitôt : « Gardez-vous de le faire, je suis comme vous

(1) Év. S. Jean, 20, 29

(2) Apoc., 4, 10. 11.

serviteur de Dieu. Adorez Dieu1! * Tout ce que j’ai en moi d’amour de la vérité et de la justice me porte à vouloir l’adoration de Dieu.

b) Dieu, par une bonté toute gratuite, m’a élevé jusqu’à Lui. Un prodige de sa munificence a réalisé le rêve insensé qui avait égaré le premier homme : « Vous serez comme des dieux2 3. » Il me donne, à moi son esclave, le pouvoir de devenir enfant de Dieu. Dédit eis potestatem filios Dei fieriS. Cette filiation adoptive ne supprime pas ma nature, ni l’obligation de payer à mon Créateur le tribut de ma servitude. Mais cette manifestation nouvelle de l’excellence divine, la conscience que j’ai de ce bienfait, ne m’inspirentelles pas un plus ardent désir d’anéantissement volontaire, de respects plus multipliés et, s’il est possible, plus profonds? Plus un pauvre, admis à la cour et à la table d’un prince magnifique, se voit combler d’honneurs, plus on s’attache à lui faire oublier sa première misère et son obscurité, et plus il lui convient, à ce pauvre, de s’en ressouvenir dans son respect reconnaissant.

c ) Ce Dieu, à la fois si grand et si bon, est bien peu adoré sur la terre! Sur plus de quinze cent millions d’habitants que porte notre globe, combien, même aujourd’hui, Lui offrent un encens qu’il puisse agréer? Et quel privilège de Le connaître et de savoir L’adorer comme II m’en a donné le moyen!

Ce privilège n’excite-t-il pas en moi une sainte ardeur de compenser , autant que je le puis, ces adorations qui sont refusées au Seigneur, et une sainte impatience de voir se lever un adorateur plus capable que moi de suffire à cette tâche sublime?

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