CONSIDÉRATION FINALE ET COLLOQUE
Notre-Seigneur a reçu ou reçoit encore dans un triple état les adorations de ses serviteurs.
1° Dès son entrée dans le monde, les anges ont eu ordre de L’adorer1 ; et durant sa vie mortelle, son Humanité visible, mais non encore glorifiée, a reçu, au témoignage de l’Évangile, les adorations des mages, de saint Jean, de la Samaritaine, de saint Pierre, de l’aveugle-né.
2<> Après sa résurrection, Thomas, sous l’émotion du saint contact des plaies sacrées, s’est écrié : « MonSeigneur et mon Dieu ! 2 »
Au ciel, Jésus, reçoit les adorations des anges et des saints, Il y fait éclater sa gloire.
3° Et dans la Sainte Eucharistie, glorieux mais invisible, Il attend les Adorations des hommes.
Venus sur la terre longtemps après Lui, nous n’avons pu nous joindre à ses disciples, aux saintes femmes, à sa Mère pour Le servir et L’honorer.
Au ciel, nous L’adorerons. Ravis delà vue de sa Majesté, nous serons invinciblement entraînés à mêler nos voix aux chœurs célestes qui publient ses louanges.
Dans cette vie seulement, il nous est donné de L’adorer sans rien voir ni de sa gloire ni de sa réalité ; de L’adorer
(1) Ép. aux Hébr., 1, 6.
(2) Év. S. Jean, 20, 28.
sur sa simple parole qu’ Il est là, et de mériter l'effet de sa promesse : « Bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! 1 * Comment? Par les hommages que nous Lui rendons dans la Sainte Eucharistie. « Une si précieuse occasion de fidélité et d’amour, ô Jésus, je ne veux pas la perdre. Je veux m’efforcer de fonder, sur la foi, des adorations aussi vives, aussi ardentes que celles que m’inspirerait la vue de votre Majesté, si au Saint-Sacrement Elle écartait les voiles qui La dérobent à mon regard. »
Prière vocale pour finir, après que nous aurons avec confiance exposé à Notre-Seigneur toutes nos nécessités.
Unissons-nous pour cet office au Choeur des Dominations, et choisissons un patron qui nous aide, avec sainte Marguerite -Marie, à être de fervents et de fidèles adorateurs.
nie méditation
1er Prélude. Me représenter le Sauveur qui ne cesse pas un instant, au ciel et dans la Sainte Eucharistie, d’offrir à Dieu son Père l’hommage d’une parfaite adoration.
2e Prélude. Demander instamment à Dieu la grâce de pouvoir vivre dans un esprit d’adoration continuelle ; de comprendre et de réaliser les sacrifices que requiert cette vie.
1er point. L’adoration de Notre-Seigneur fut perpétuelle.
1. Dès le premier instant, l’Humanité du Christ a joui de la vision béatifique. A cette vue perpétuelle de la gloire divine correspondait un hommage incessant d’adoration. Suivons le Sauveur dans toutes ses démarches : à Bethléem,
(1) Év. S. Jean, 20, 29.
ART. III. l’office D’ADORATEUR, 3e MED.
en Egypte, à Nazareth, dans l’atelier de Joseph; dans ses prédications, aux noces de Cana, à la croix. Partout, la nuit comme le jour, Il adore. Et maintenant encore, dans la Sainte Eucharistie, ses adorations sont ininterrompues.
2. Je concevrai une grande joie de cet honneur perpétuel rendu à mon Dieu. J’en aimerai davantage le Cœur de Jésus.
2e point. Mon adoration peut être perpétuelle.
1. Je réfléchirai combien Dieu me pénètre. Il n’est pas loin de chacun de nous, dit l’Apôtre. « Car c’est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être1. » La raison me Le montre complétant mon être, le soutenant, y entrant plus avant que l’âme dans le corps, sans pourtant me confondre avec moi, ou faire partie de moi. Si je L’appelle, il ne doit pas accourir pour me porter secours : Il est là.
La foi me révèle un séjour mystérieux de la Sainte Trinité dans mon âme. Je suis membre de Jésus-Christ; mon corps est le temple du Saint-Esprit. « Si quelqu’un m’aime, dit Notre-Seigneur, mon Père aussi l’aimera; et Nous viendrons à lui pour établir en lui notre demeure2. *
C’est assez qu’il se révèle tel qu’il est ; et, sans quitter la terre, je jouis du bonheur du ciel !
Au Saint-Sacrement encore, comme II habite près de moi !
Pourquoi donc chercher loin, et comme caché dans d’autres mondes, ce Dieu que je porte et trouve en moi, dont la sainte Humanité vient si souvent habiter mon cœur?