Notre- Seigneur est ce parfait Adorateur
(1) Apoc., 19, 10.
(2) Genèse, 3, o.
ART. m. L’OFFICE D’ADORATEUR, 2« MED.
a) Si Dieu accepte l’hommage sincère de sa créature, celle-ci pourtant doit humblement avouer son impuissance à dignement louer Dieu, et faire siennes ces paroles de Jérémie : « Ah! Seigneur, je ne suis qu’un enfant, incapable de rien direi. » Combien plus, depuis la chute originelle, sommes-nous par nous-mêmes hors d’état de le faire !
b) Mais voici que le Verbe éternel se revêt de notre humanité et présente à Dieu des louanges de valeur infinie, des hommages qui égalent en’ dignité la Majesté qui les reçoit. Je m’en réjouirai, et pour Dieu que j’aime, et pour les hommes, et pour moi-même dont c’est l’éternel honneur. Oh ! à ce titre encore, ô Jésus, « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur1 2. »
c) Et me tournant vers le Cœur d’où partent ces hommages, je Le remercierai avec effusion du rôle qu’il assume; je Lui rendrai grâces de ce qu’il me permet d’unir mes pauvres hommages aux siens et de les faire valoir par ses mérites infinis. Quelle raison spéciale, dictée par l’amour divin, de me dévouer tout entier à ce divin Cœur!
2e point. Mon office d’Adorateur.
1. L’objet de mon office d’Adorateur. C’est Jésus dans le tabernacle. Là II se trouve avec sa divinité, et cette Humanité, par laquelle II adore son Père, et qui est digne Elle-même d’être adorée, en tant qu’unie à sa Personne divine.
2. Ses raisons d’être, a) La reconnaissance m’excite à remplir mon office d’Adorateur. Il est une manière de payer les excellentes adorations que Jésus fait monter à Dieu pour suppléer à l’indignité des miennes.
(1) Jérémie, 1, 6.
(2) Év. S. Matth., 21, 9.
b) La délicatesse me fait un devoir de l'accepter. Nulle part comme dans ce sacrement Dieu ne permet autant d’abandon, ne me convie à une aussi sainte familiarité. Ne me faut-il pas spécialement veiller à ce que cette intimité de rapports ne déroge en rien au respect d’une majesté infinie?
c) Ces adorations font partie d’une mission sacrée que nous devons tenir à honneur de remplir. Le ciel est commun aux anges et aux hommes. L’Eucharistie n’est que pour les hommes. Jésus s’y rend notre hôte. C’est à nous à Le traiter dignement, à observer vis-à-vis d’un tel visiteur les lois de l’hospitalité.
d) Et de nos jours , une raison particulièrement pressante nous oblige à multiplier nos adorations. L’impiété feint un calme impartial. Elle affecte d’admirer en Jésus un sage, un philosophe, un bienfaiteur des hommes. Mais elle se refuse à Le reconnaître pour Dieu. De telles louanges sont des blasphèmes. A nous donc à avoir un soin jaloux de cet honneur suprême ; à nous à faire étinceler plus que jamais, par une profession éclatante de notre foi, le diadème divin sur le front de l’Homme-Dieu.
e) Les relations spéciales que, comme prêtre ou religieux, j’ai avec la Sainte Eucharistie, ne m’imposent-elles pas ce devoir à un titre nouveau?
3e point. Examen et propos.
Jusqu’à quel point ai-je compris mon rôle d’adorateur? Chaque fois que je me présente devant Notre-Seigneur, est-ce que je débute par un acte de fervente adoration ?
Mes génuflexions, mon attitude à l’église, témoignentelles d’une foi vive en la présence du Dieu fait homme?
Ne pourrai-je pas, du jeudi au vendredi, pratiquer l’exercice d’adoration qu’on appelle l’heure sainte?
Quand Dieu même vient dans mon cœur, mon premier accueil consiste-t-il à L’adorer?
ART. III. L’OFFICE D’ADORATEUR, 2e MED. 93
Si j’ai le bonheur d’offrir la sainte Messe, une pensée habituelle d’adoration m’occupe-t-elle pendant le Saint Sacrifice, surtout à partir de la consécration jusqu’à la communion?
Rappelons-nous la loi : plus je m’approche de Dieu, plus je dois être soucieux de l’honneur qui Lui revient.
Formons des propos pratiques, et pour y être plus fidèle, faisons la considération suivante.