‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 42 sur 334 · II. L’Imitation pouvait en vérité poser cette question · texte numérisé non relu

II. L’Imitation pouvait en vérité poser cette question

(1) Actes, 9, 4; 22, 7 ; 26, 14.

(2) Ép. aux Gai., 2, 20.

« Est-il sous le ciel, créature autant aimée que l’âme dévote dans laquelle entre Dieu pour la nourrir de sa chair glorieuse?! »

Des hommes se plaignent pourtant, de vivre sans amis !

Ne repoussons plus les avances que Notre-Seigneur nous fait. Si Lui-même ne peut nous suffire, qui donc nous contentera?

Avec quelle effusion ne remercierons-nous pas Notre- Seigneur de son amour?

3e point. Notre amour pour Jésus-Christ et les hommes.

Jésus-Christ, dont l’amour dépasse ainsi le nôtre de toute manière, nous offre cependant une grâce d’amour se rapprochant du sien.

N’estimerons-nous pas, que l’acceptation généreuse de cette offre forme un de nos premiers devoirs?

Rendons notre amour désintéressé , en nous détachant pleinement de tous ces biens inférieurs qui ne peuvent être possédés par plusieurs sans partage; en évitant, comme les saints, les retours réfléchis sur nous-mêmes, sur notre état.

Divinisons notre amour par l’admirable vertu de charité. Celle-ci accomplit en nous cette merveille secrète, de placer notre centre en Dieu, d’établir en Dieu, au lieu de nous-mêmes, le premier principe de nos affections. Elle imprime ainsi à notre amour un caractère divin. Acceptohs pleinement de mourir ainsi par elle à nous-mêmes. La divinisation de notre amour appelle et prépare la divinisation de notre bonheur.

II. 1. Mis de cette manière en possession d’un sentiment épuré, portons notre amour sur Jésus-Christ : que notre joie consiste à Lui faire plaisir; aimons-Le intimement, comme des membres doués d’intelligence peuvent aimer

ART. IV. L’OFFICE d’aMOUR, 2e MED. 107

la tête de l’organisme dont ils font partie ; identifions-nous autant que possible avec Lui.

2. Renonçant à cet amour inférieur puisé dans notre nature, aimons les hommes de la charité qui se prend en Dieu. Aimons-les intimement, comme des frères, membres de Jésus-Christ aussi bien que nous ; dilatons notre cœur, pour en aimer un plus grand nombre.

Impuissants à aimer chacun distinctement, accordons communément à tous l’estime, la bienveillance, la sympathie, et en général toutes ces formes d’affection qu’évoque le mot chrétien de charité; et que cette charité soit, en toute occasion, prête à devenir spéciale et effective. Démontrons par l’empressement de notre concours, que c’est assez d’être homme pour avoir droit à notre amour.

COLLOQUE

Cet exercice nous révèle et nous enseigne l’amour. Il demande une vive expression de gratitude et une généreuse oblation de nous-mêmes, en union avec le Chœur dés Séraphins.

Ile MÉDITATION

1er Prélude. Me représenter Notre-Seigneur découvrant son Cœur à la Sainte, et lui disant : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes. »

2e Prélude. Demander instamment à Notre-Seigneur la grâce d’être touché de l’amour de son Cœur pour moi, afin qu’une flamme d’amour semblable à la sienne, consume à son tour mon cœur pour Lui.

1er point. « Il m’a aimé 1. »

Une vive et profonde amitié fait qu’on se recherche mutuellement, qu’on se donne l’un à l’autre ; elle efface

(1) Ép. aux Gai., 2, 20.

108 SECTION II. MÉDITATIONS j CH. I. OFFICES

les distinctions, pour établir Y égalité entre les deux amis.

1. Je passe en revue chacune de ces marques d’amour. Ma seule raison ne trouve qu 'invraisemblance et qu’impossibilité à ce que Dieu me les donne.

a) Qu’a-t-Il affaire de moi, de ma société, Lui qui se suffît pleinement à Lui-même?

b) Le don de Lui-même, combien ne dépasse-t-il pas ma capacité de recevoir?

c) Infiniment au-dessous de Lui, par quel prodige puisje être élevé jusqu’à Lui?

Je m’efforcerai de bien saisir cette vérité; et tandis que la perception en devient plus nette, je m’abandonnerai aux sentiments d’humilité et de confusion qu’elle excite en mon âme. Je dirai avec saint Pierre : « Eloignez-vous de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur L »

2. Malgré cette suprême invraisemblance , dans quel suprême degré l’Homme-Dieu ne m’a-t-Il pas donné ces marques d’amour?

a) Ma présence. Il la recherche en prenant la- nature humaine, en prolongeant son séjour ici-bas dans la Sainte Eucharistie, en vivant au dedans de moi-même. Comme Dieu, Il me compénètre ; comme Homme, Il est toujours auprès de moi et souvent en moi. Il ne me quitte jamais. Déjà, dans l’Ancien Testament, la Sagesse éternelle le proclamait : « Mes délices sont d’être parmi les enfants des hommes1 2. »

b) Quel don de Lui-même II m’accorde! Avec quelle vérité II peut faire siennes ces paroles que le père de l’enfant prodigue adressait à son fils aîné : « Mon fils, tout ce qui est à moi, est à toi3. *

Sa vie humaine est mon exemple ; ses mérites sont ma

(1) Év. S. Luc, 5, 8.

(2) Prov., 8, 31.

(3) Év. S. Luc, 15, 31.

ART. IV. L’OFFICE D’AMOUR, 2e MED.

richesse, et sa passion iur force ; son corps est ma nourriture, et son sang mon breuvage ; son ciel, c’est ma patrie ; sa divinité, c’est mon héritage et ma béatitude !

c) Quelle égalité II établit entre Lui et moi ! Il se fait mon pareil, partage ma condition avec tout ce qu’elle a de peines et de misères, à l’exception du seul péché L II m’appelle du nom de frère.

Et il me rend semblable à Lui. Il m’unit à Lui comme un membre à son chef. Me révélant les secrets divins, Il m’admet à participer à sa science : « Je vous ai dit mes amis, parce que Je vous ai appris tout ce que J’ai entendu de mon Père1 2 3. * Il me destine à partager son bonheur.

Nul homme n’a jamais pu songer à nouer avec moi une amitié aussi intime, que celle dont Notre-Seigneur daigne me faire les avances, et qu’il m’oblige d’accepter.

A la vue de ces biens, dont nous serions redevables au Christ, Isaïe 3 déjà s’était écrié, et saint Paul a répété après lui : « L’œil n’a pas vu, l’oreille n’a point entendu, le cœur de l’homme n’a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui L’attendent ou qui L’aiment4. »

3. Stupéfait, confondu de cet amour ineffable, j’en vois la flamme consumer le Cœur de Jésus. Que Lui refuser encore? Comment ne pas être tout à Lui?

2e point. Je dois L’aimer .

1. Quels motifs n’ai-je pas d’offrir à Dieu ces trois marques d’amour de Le chercher , de me donner à Lui, et, puisqu’il le veut bien, de m’élever jusqu’à Lui !

a) Je ne puis faire un pas sans rencontrer Dieu. Tout, si j’y prête attention, me Le rappelle.

(1) Ép- aux Hébi\, 4, 15.

(2) Év. S. Jean, 15, 15.

(4) lie ép. aux Cor., 2, 9.

monde et celui de l'apostolat qui conquiert le monde à Jésus- Christ.

Avec cette confiance que donne l’amour, j'exposerai à Notre-Seigneur mes intentions et mes désirs. Je terminerai par une prière vocale, par exemple, l’acte de charité.

IIIe MÉDITATION

1er Prélude. Me représenter Notre-Seigneur tel qu’il apparut à la Sainte, quand II lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes. »

2e Prélude. Demander instamment la grâce de mieux comprendre quel amour Notre-Seigneur me témoigne dans le Très Saint Sacrement, pour y répondre par un culte d’amour fervent et généreux.

1er point. U Eucharistie, sacrement d'amour.

'^ToüJjqous montre un sacrement d’amour dans la sainte Eucharistie :

1° La présence de Jésus assidue, multipliée et intime qu’elle me procure.

Entrons dans le détail, pour mieux être frappés de cette prodigalité. Depuis quand est-Il au tabernacle? Jusqu’à quand y sera-t-il? En combien d’endroits II m’accueille et Il me fait visite ! « Il s’insère Lui-même en nous, rapetisse son corps pour nous permettre de ne faire qu’un avec Lui, comme le corps ne fait qu’un avec le chef auquel il est joint : quel trait d’ardent amour ! 1 »

2° Le don qu’elle contient.

a) Jésus s!y donne Lui-même : avec son Humanité, sa

(1) Homélie apocryphe, qui passa pour la 61e de S. Jean Chiys. au peuple d’Antioche. Voy. le bréviaire Oft. votif du S. Sacrement, 2e nocturne de janvier ou février.

ART. IV. L’OFFICE D’AMOUR,- 3e MED. 113

Divinité, et par conséquent, vu l’inséparabilité des trois personnes divines, avec la Sainte Trinité tout entière.

b) Il m’y communique la vie éternelle. Quand j’ai communié, je possède Dieu, comme au ciel on possède Dieu; une vie divine circule en moi, celle dont on vit au ciel. Car la grâce que produit l’Eucharistie, c’est l’eau jaillissant jusque dans la vie éternelle1. La charité que l’Eucharistie rend plus vive est une fhtfhme destinée à ne jamais s’éteindre2. Il ne nous manque, pour jouir du bonheur du ciel, que de voir, au lieu de simplement croire ce que l’Eucharistie me fait tenir.

c) Ce don est gratuit et spontané. A quel titre, moi si misérable, si peu connu et aimé des hommes, puis-je prétendre à un tel amour de la part de Dieu? Quelle prière est jamais montée jusqu’à Dieu pour solliciter un tel excès de bonté? Quel cœur humain désira jamais, quel esprit entrevit comme possible pareille faveur? Même après tous les autres bienfaits, qui donc eût pu espérer, soupçonner l’Eucharistie?

d) Notre-Seigneur me l’accorde pour me transformer

en Lui.

e) Pour me faire ce don, Il a tout bravé : injures, outrages, mépris.

« Quoi de plus précieux que le banquet eucharistique... Quoi de plus admirable que le Sacrement de l’Eucharistie... Quoi de plus salutaire? Et quelle suavité inexprimable : goûter, à sa source même, la douceur spirituelle ! 3 »

3° L 'immolation de Celui qu’elle donne. Car ce Jésus veut être Lui-même l’hostie du sacrifice que j’offre à Dieu.

Quel cœur que celui qui a conçu l’Eucharistie ! Que son amour m’y apparaît prévenant dans sa tendresse, magni-

(1) Év. S. Jean, 4, 15.

(2) lre ép. aux Cor., 13, 8.

(3) S. Thomas. Leçons du 2d Nocturne pour la Fête-Dieu.

monde et celui de l’apostolat qui conquiert le monde à Jésus-Christ.

Avec cette confiance que donne l’amour, j’exposerai à Notre-Seigneur mes intentions et mes désirs. Je terminerai par une prière vocale, par exemple, l’acte de charité.

111e MÉDITATION

1er Prélude. Me représenter Notre-Seigneur tel qu’il apparut à la Sainte, quand II lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes. »

2e Prélude. Demander instamment la grâce de mieux comprendre quel amour Notre-Seigneur me témoigne dans le Très Saint Sacrement, pour y répondre par un culte d’amour fervent et généreux.

1er point. L’ Eucharistie, sacrement d’amour.

^EttUljious montre un sacrement d’amour dans la sainte Eucharistie :

1° La présence de Jésus assidue , multipliée et intime qu’elle me procure.

Entrons dans le détail, pour mieux être frappés de cette prodigalité. Depuis quand est-il au tabernacle? Jusqu’à quand y sera-t-Il? En combien d’endroits II m’accueille et Il me fait visite ! « Il s’insère Lui-même en nous, rapetisse son corps pour nous permettre de ne faire qu’un avec Lui, comme le corps ne fait qu’un avec le chef auquel il est joint : quel trait d’ardent amour ! 1 »

2° Le don qu’elle contient.

a) Jésus s’y donne Lui-même : avec son Humanité, sa

(1) Homélie apocryphe, qui passa pour la 61e de S. Jean Chrys. au peuple d’Antioche. Voy. le bréviaire Oft. votif du S. Sacrement, 2e nocturne de janvier ou février.

ART. IV. L’OFFICE D’AMOUR,- 3e MED. 113

Divinité, et par conséquent, vu l’inséparabilité des trois personnes divines, avec la Sainte Trinité tout entière.

b) Il m’y communique la vie éternelle. Quand j’ai communié, je possède Dieu, comme au ciel on possède Dieu ; une vie divine circule en moi, celle dont on vit au ciel. Car la grâce que produit l’Eucharistie, c’est l’eau jaillissant jusque dans la vie éternelle1. La charité que l’Eucharistie rend plus vive est une flafiame destinée à ne jamais s’éteindre2. Ilne nous manque, pour jouir du bonheur du ciel, que de voir , au lieu de simplement croire ce que l’Eucharistie me fait tenir.

c) Ce don est gratuit et spontané. A quel titre, moi si misérable, si peu connu et aimé des hommes, puis-je prétendre à un tel amour de la part de Dieu? Quelle prière est jamais montée jusqu’à Dieu pour solliciter un tel excès de bonté? Quel cœur humain désira jamais, quel esprit entrevit comme possible pareille faveur? Même après tous les autres bienfaits, qui donc eût pu espérer, soupçonner l’Eucharistie?

d) Notre-Seigneur me l’accorde pour me transformer en Lui.

e) Pour me faire ce don, Il a tout bravé : injures, outrages, mépris.

« Quoi de plus précieux que le banquet eucharistique... Quoi de plus admirable que le Sacrement de l’Eucharistie... Quoi de plus salutaire ? Et quelle suavité inexprimable : goûter, à sa source même, la douceur spirituelle ! 3 »

3° L 'immolation de Celui qu’elle donne. Car ce Jésus veut être Lui-même l’hostie du sacrifice que j’offre à Dieu.

Quel cœur que celui qui a conçu l’Eucharistie ! Que son amour m’y apparaît prévenant dans sa tendresse, magni-

(1) Év. 8. Jean, 4, 15.

(2) lre ép. aux Cor., 13, 8.

(3) S. Thomas. Leçons du 2d Nocturne pour la Fête-Dieu.

fïque en ses inventions, généreux à l’excès, invincible en sa patience, oublieux de Lui-même ! O divin Cœur, plus que jamais me voici tout à Vous !

2e point. U Eucharistie, objet de mon amour.

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