ART. VI. L’OFFICE DE VICTIME
ARTICLE VI L’office de Victime
En union avec le choeur des Vertus.
Ordre des méditations consacrées à cet Office.
Cet office, touchant entre tous, appelle d’abord notre attention sur les excellences de l’immolation du Sauveur, l’efficacité de son sacrifice, et le3 fins pour lesquelles il fut offert. Dans le deuxième exercice, nous méditons à quel point Jésus nous apparaît réellement victime de Dieu et des hommes, et nous sollicite d’être victimes après Lui, avec Lui et pour Lui. Le troisième exercice est consacré à la générosité avec laquelle le Christ se donne totalement à nous. Le quatrième est tiré de nos rapports intimes avec le Sauveur. Chacun de nous peut se dire que le Sauveur, sans compter ce qu’il Lui en coûte, accepte volontairement d’être sa victime. Il est ma victime ! Ne dois-je pas conclure aussitôt : je serai volontairement sa victime à mon tour.
Note préliminaire. Nous touchons ici à un point culminant. S’immoler avec Jésus, et pour Lui : cette volonté est toujours supposée dans la vraie dévotion au Sacré- Cœur. L’immolation parfaite, totale, c’est le but sublime, le terme héroïque et suprême de la vie de dévouement qu’on Lui consacre. Nous n’avons donc pas sujet de nous étonner, quand nous voyons sainte Marguerite -Marie prendre pour elle ce rôle, et destiner toute son existence à le remplir avec une générosité toujours croissante. Jésus l’avait appelée, nous déclare-t-elle, « à rendre un continuel hommage à son état d’hostie et de victime au Très Saint Sacrement1. * En cette qualité, elle devait
(1) Vie et Œuvres , I, 194.
continuellement Lui immoler son être, s’étudier à devenir une vivante image de son amour souffrant, par une vie toute crucifiée, ennemie de toutes les satisfactions terrestres et humaines. Et « lorsque cette image serait conforme à la sienne, 11 l’attacherait à la croix l. »
I^e MÉDITATION
1er Prélude. Mettons-nous au pied de la croix. Contemplons Jésus s’immolant pour nous, animé d’un amour indicible au sein d’une indicible souffrance. Marie meurt là avec Lui.
2e Prélude. Conjurons Notre-Seigneur de nous introduire plus avant dans le mystère de son expiation, pour nous y faire puiser toute la force et tout l’amour que suppose un cœur de victime façonné sur le sien.
1er point. Les excellences de Jésus- Victime.
I. 1. Le mot de victime éveille l’idée d’un sacrifice, c’est-à-dire, d’une chose rendue sacrée et ainsi séparée de ce monde, pour être offerte en hommage suprême à Dieu.
Nous savons, par la foi, que Notre-Seigneur, dans sa sainte humanité, voulant accomplir le bon plaisir de son Père, s’offrit Lui même en victime sur la croix ; que son sacrifice réconcilia le ciel et la terre ; et que ce sacrifice est sans cesse mystiquement renouvelé sur l’autel. Sacrifice unique, qui décida du sort de notre humanité.
Aussi remplit-il nos saints livres.
Les prophètes l’annoncent, le décrivent. Du Ps. 21e aussi bien que des chapitres 52 (v. 13-15) et 53 (v. 1-12) d’Isaïe, on peut dire qu’ils paraissent écrits sous la croix du Gol-
(1) Vie et Œuvres, I, 113.
ART. VI. L'OFFICE DE VICTIME, lre MÉD.
gotha1. Aucun évangile, non pas même celui qui met en relief la divinité du Christ, n’omet le récit de la Passion douloureuse. L’apôtre saint Paul en exalte l’éternelle et céleste consommation; et les visions finales de l’Apocalypse célèbrent l’adoration de l’Agneau immolé.