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Je réglerai l’exécution de mes devoirs

a) Il faut que je vive pour Lui, non plus pour moi.

b) Il faut que je sois entièrement à sa disposition pour tout ce qu’il veut de moi.

c) C’est dans les actions et les événements de chaque jour, aussi bien et mieux que dans les grandes occasions, qu’il me faut Le servir. Je Lui dois aussi bien le détail que l’ensemble de ma vie.

d) Mon service doit être aussi prompt que fidèle.

COLLOQUE

Je ferai l'offrande de moi-même pour m’abandonner tout entier à son Cœur sacré.

BBCT. ir. MÉDITATIONS, CH. I. OFFICES

IVe MÉDITATION

1er Prélude . Me représenter Notre-Seigneur sous la figure du bon Samaritain, penché sur un pauvre voyageur que des brigands avaient abandonné à demi-mort sur la route, et prodiguant à ce malheureux les soins les plus dévoués.

2e Prélude. Demander la grâce de mieux comprendre le bienfait de mon adoption par Jésus-Christ, pour me déterminer, avec l’aide divine, à Lui donner en retour le service filial le plus dévoué.

1er point. Une parabole.

Supposez qu’à peine entré au service d’un maître très riche et très puissant, un serviteur se trouve atteint de maladie. On va le congédier comme inutile, quand le fils unique de la maison s’interpose, et obtient qu’il puisse rester et qu’on lui donne les soins voulus pour le rendre à la santé. Bien plus, ce fils entend soigner le malade de ses propres mains. Ces attentions, qui triomphent du mal, éveillent en même temps, dans le cœur de ce bon jeune homme, une vive sympathie pour le pauvre convalescent qu’il a tant obligé. Il ne se fait plus à l’idée de le voir chez lui dans une condition inférieure. Il va trouver son père, lui représente que leur opulence peut sans détriment admettre un partage de biens, et le supplie d’adopter pour second fils celui qui ne devait être qu’un serviteur à gages. Le père, d’abord surpris, se laisse vaincre par les instances de son fils unique, qui déclare ne plus pouvoir être heureux sans ce frère adoptif; et il consent à l’adoption. — Si je prête à ce serviteur, élevé à une fortune aussi inespérée, une âme droite et un cœur délicat, comment se comportera-t-il désormais dans cette maison? Par quelle reconnaissance, par quel empressement à satisfaire

ART. VII. L'OFFICE DE SERVITEUR, 4e HÉD. 173

les moindres désirs de son père et de son frère adoptifs, ne va-t-il pas s'efforcer de rendre à ses bienfaiteurs des services plus parfaits et d'ordre plus élevé que ceux d’un mercenaire?

2e point. JJ application .

Le serviteur, c'est l’homme engagé par sa naissance au service de Dieu. Mais dès l'abord, la tache originelle le rend impropre à ce devoir. Il n'est qu'un objet de colère, auquel est à jamais fermé le palais de son Maître : le ciel... Du reste, dos crimes nouveaux et des scélératesses réitérées le rendent bientôt digne de tout mépris et de tout châtiment. Quel triste sort va être le sien!

Mais le Fils unique de Dieu s’interpose entre son Père et l’homme, aussi infirme que criminel. Il court chercher le malheureux, et prend à cet effet la même nature que lui. De ses propres mains, Il confère à l'homme un remède efficace; et ce remède est son propre sang. Il lui réserve ensuite un aliment pour le fortifier et empêcher les rechutes. Et cet aliment, c’est encore une fois son propre corps, son propre sang.

En même temps, épris d’amour pour cet infortuné, 11 en fait son ami, son frère, et le convie à partager son héritage, le ciel.

J'entrerai dans les détails de cette application facile, en observant combien la réalité l’emporte sur l’image : quelle distance plus grande que celle d’un domestique à son maître, sépare l’homme de son Dieu; combien plus repoussante que toute maladie est la lèpre du péché; combien plus difficile la guérison ; et ce qu’il en a coûté au Fils de Dieu pour m’élever à la fraternité avec Lui.

J’y ajouterai cette considération, qu’ici le relèvement suit une première et volontaire déchéance.

Oh! comme Jésus devrait être aimé de l’homme!

3e point. Ma conclusion pratique.

1. Je reconnaîtrai d’abord le peu que je suis, même parmi les hommes. — Et combien de fois le Fils de Dieu, après mes fautes, a dû me rechercher, me guérir, me relever! Je m’efforcerai de Le voir près de moi, s’intéressant à mon salut, s’y sacrifiant ; et d’exciter ainsi dans mon cœur un grand amour pour Lui.

2. Je Lui offrirai le service filial d’une parfaite promptitude à accomplir ses moindres volontés.

3. Je concevrai une spéciale confiance pour un Cœur aussi dévoué que le sien à mon bonheur.

COLLOQUE

Je tâcherai de m’entretenir affectueusement avec le bon Samaritain.

ARTICLE VIII

L’office de Suppliant

En union avec le chœur des Anges.

Ordre des méditations consacrées à cet Office.

Le premier exercice destiné à cet office de suppliant nous démontre la nécessité et la valeur unique de la prière de Jésus-Christ pour nous; il nous apprend ensuite à prier par Jésus-Christ et pour Lui. Dans les trois suivants, notre pensée et notre cœur accompagnent Jésus suppliant, d’abord durant toute sa vie mortelle, puis plus spécialement au jardin des Olives, enfin au ciel. L’exemple de Notre-Seigneur nous sert chaque fois d’enseignement; nous y ajoutons, la première fois, les leçons formelles de Jésus sur les qualités de la prière.

Note préliminaire. Réservant pour la troisième médita-

ART. vm. l’office de SUPPLIANT, lre MED. 175

tion les supplications, qui caractérisent davantage cet Office, nous consacrons les deux premières à la doctrine théologique de l’oraison. Telle est, à notre époque dissipée, l’importance de ces enseignements, qu’il ne faut laisser échapper aucune occasion de les mettre en relief.

Ir0 MÉDITATION

1er Prélude. Mettons-nous au pied de la croix. Du sein de toutes ses douleurs, le Sauveur élève la voix vers son Père. 11 l’élève en suppliant ! Ecoutons cette supplication avec une attention émue, affectueuse, reconnaissante : elle monte au ciel pour nous.

2e Prélude. Conjurons Notre-Seigneur de nous révéler en quelque façon le secret de sa prière, afin que nous L’en aimions davantage et arrivions ainsi à mieux prier.

1er point. La prière de Notre-Seigneur pour nous.

1. 1. L’homme se sent porté naturellement à prier, parce qu’il ne saurait réaliser seul tous les désirs qu’il conçoit. La volonté humaine de Notre-Seigneur ne possédait pas en soi un pouvoir égal à tous ses désirs. Il y avait donc lieu, pour le Fils de l’homme, de demander au bras divin un supplément de puissance. Quand Dieu exauce nos prières, Il nous fait l’inestimable honneur de prendre nos souhaits de créature pour règle de son action divine. Le Père qui est aux cieux ne pouvait refuser le même honneur à son Fils bien -aimé fait homme.

Bien plus, Il porta cet honneur à son comble. Si d’autres prières sont accueillies, celles de ce Fils le seront toujours. € Père, dit Notre-Seigneur, avant de rappeler Lazare à la vie, je Vous remercie de m’avoir écouté. Je savais, il est vrai, que Vous m’entendez toujours. *

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