I. La glorification directe dit corps de Jésus-Christ
I. Il semble que ce soit un dessein constant de la Sagesse divine, d’humilier pour exalter. Jusque là va l’universalité de cet arrêt, que Dieu nous en donne, dans sa propre humanité, le plus mémorable exemple. Parce que le Christ s'est humilié, dit l’apôtre, « Dieu Lui a donné un nom au-dessus de tous les noms1. » Mais l’humiliation la plus apparente de Notre-Seigneur atteint sa chair bafouée flagellée, couronnée d’épines, percée de clous, étendue sur un infâme gibet... Il faut donc que cette chair ait sa revanche dans une incomparable glorification. Les propriétés du corps glorieux, la participation aux joies et aux honneurs du ciel, en attendant
(1) Êp. aux Philipp., 2, 9.
l’exaltation publique au jugement dernier, constituent un éclat définitif qui efface évidemment toute honte passagère. Notre-Seigneur ne s’en est pas contenté; Il revendique pour sa chair une glorification terrestre qui soit immédiate et permanente ; et II l’obtient dans l’Eucharistie l.
Loin de nous la pensée de prétendre scruter le profond mystère de la présence réelle ! Nous savons cependant, et c’est assez pour notre but, que le corps de Notre- Seigneur jouit dans le Saint-Sacrement, a) D’une sorte d 'immensité : nous Le trouvons sur toute la surface de la terre, identique à Lui-même, et tout entier sous chacune des saintes hosties, b) D’une sorte de spiritualité : puisque, à la façon des esprits, Il est tout entier sous chacune des espèces consacrées et sous les moindres de leurs parties. c) D’une sorte <V éternité et à! incorruptibilité : sa chair divine y est perpétuée invisible, intangible, invulnérable, glorieuse.
Dans ce sacrement, Notre-Seigneur présente sa chair aux honneurs de la terre. Il la pourvoit d’une cour, inspirant à des âmes généreuses de vivre, de s’immoler en sa présence.
II. 1. Complaisons-nous dans les honneurs échus à ce corps qui a tant souffert pour nous. Loin de taxer d’inutiles les vies qui se consument au pied du tabernacle, admirons la délicatesse du sentiment qui préside à ces sacrifices ; et tâchons, suivant la faculté qui nous en est laissée, de nous ranger parmi les courtisans et les adorateurs de la Sainte Eucharistie.
2. Concevons une plus vive horreur des irrévérences envers le plus grand des sacrements. Comme elles contrarient les desseins de Dieu ! On Le méprise et Le dédaigne,
(1) Cette pensée et le développement sont, du moins en partie, empruntés à Bourdaloüe, Ser, non pour la Fête-Dieu.
ART. r. NEUVAINE AU SACRÉ CŒUR, 1er JOUR 213
non pas au moment où Lui même veut être humilié pour nous, mais dans le temps où II recherche nos hommages ; non pas pendant sa vie mortelle, quand ses humiliations nous sauvaient, mais pendant sa vie glorieuse, lorsque, sans profit pour le monde, elles perdent les coupables et rendent stériles les humiliations passées.