III. La sanctification de nos âmes
1. 1. Notre-Seigneur veut être adoré, vénéré par nous dans le Saint-Sacrement. Mais ces honneurs qu’il réclame en échange de sa présence réelle enrichissent nos âmes en les sanctifiant.
Combien nous sont profitables les actes de foi, d’espérance et d’amour que la sainte hostie nous fait sans cesse produire! Que d’âmes se sont sanctifiées par les visites au Saint-Sacrement! Là, dans les pieux épanchements que Notre-Seigneur permet et désire, que de pleurs se sont taris, combien de désespoirs ont été calmés ! Et combien de demandes y ont été exaucées, formulées qu’elles étaient là avec une plus filiale confiance !
2. Observez maintenant la part échue, ici encore, à la chair glorieuse de Jésus-Christ. L’adoration, l’amour, la confiance reposent sur la foi. Et cette foi que me faitelle directement découvrir? Le corps du Christ. D’où vient la difficulté et le mérite spécial de cette foi? De la nécessité de croire à la véritable présence du corps de Jésus-Christ. La présence invisible et universelle de la divinité s’impose à ma raison ; la présence invisible et
ART. I. NEUVAINE AU SACRÉ CŒUR, 1er JOUR 215
quasi-universelle d’un corps semblable au mien, paraît contredire ma raison. Et quand celle-ci s’incline, humble et docile, devant l’oracle divin, ce triomphe méritoire de la foi glorifie la chair qui en fournit l’occasion.
Une circonstance achève de nous rendre précieux cet honneur du corps de Jésus-Christ; nulle part ailleurs ce corps n'est l’objet direct de la foi des créatures.
Au cours de sa vie mortelle, on voyait le corps dans la séduction de sa pureté ou de ses souffrances, au ciel on le voit dans sa gloire ; dans l’Eucharistie seulement, sa présence et sa gloire sont un mystère profond auquel s’applique la parole : « Bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu1. »
II. Les réflexions précédentes portent notre attention sur les visites que nous faisons au Dieu de l’Eucharistie.
Ces visites sont-elles fréquentes, ferventes?
A quoi tient notre froideur? N’est-ce pas à la langueur de notre foi?
Veillons donc à commencer nos visites au Saint-Sacrement par un acte de foi bien senti. Certaines âmes, il est vrai, sont fortifiées et purifiées par la sécheresse même qui les désole. Elles poussent vigoureuses, à la façon des chênes, dans un sol qui semble aride. Ces rigueurs apparentes cachent une réelle miséricorde, qui prépare des consolations meilleures. Mais d’ordinaire, il suffira de rendre notre foi plus actuelle, pour nous initier à l’art, ignoré des superbes, révélé aux humbles, à l’art si précieux de converser avec le Dieu de l’Eucharistie; de Lui communiquer nos projets, toutes nos pensées ; de Lui soumettre tous nos doutes, de Lui confier toutes nos angoisses, de traiter avec Lui de toutes nos affaires.
Remercions Notre-Seigneur du bienfait de sa présence. Offrons-Lui nos propos d’une dévotion plus entière et plus parfaite. Prions les saints qui se sont distingués par la ferveur de leurs adorations -S. Pascal, S. François de Borgia, S. Alphonse de Liguori), de nous apprendre à cultiver l’intimité de Notre-Seigneur dans le sacrement de son amour. Pater nosttr! Notre Père!