‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 88 sur 334 · I. Notre avantage spirituel · texte numérisé non relu

I. Notre avantage spirituel

I. Évoquons une scène qui a dû plus d’une fois se renouveler au cours de la vie publique de Notre-Seigneur. Les traits nous en sont fournis par l’Évangile lui-même. Après avoir achevé de prêcher le royaume de Dieu dans une bourgade de la Galilée, Jésus vient d’annoncer son intention de visiter une localité voisine. La nouvelle y parvient ; aussitôt, les pensées, les désirs se concentrent sur cet événement ; les conversations n’ont plus d’autre objet. On se raconte les sages enseignements du prophète, les réponses péremptoires qui confondirent l’astuce de ses adversaires, et surtout les prodiges multipliés sur ses pas. De nobles âmes ont soif de vérité ; un espoir de guérison ranime les malades sur le grabat où ils languissent ; les pauvres, les affligés attendent des paroles de réconfort; les mères se promettent d’obtenir pour leurs enfants une bénédiction pleine d’ineiïable tendresse. Et voilà que toute cette foule, poussée par ses nécessités elles-mêmes, se porte à la rencontre du bon Maître. Il arrive, instruisant, consolant, guérissant; un charme divin, répandu sur sa personne, apaise les inquiétudes, adoucit les amertumes. Le soir vient ; on regrette de ne pouvoir Le retenir : Il a passé en faisant le bien.

II. Les processions ramènent pour les fidèles les jours bénis où Jésus parcourait les villes et les campagnes. Si l’œil ne peut Le contempler, si la main ne peut toucher la frange de son vêtement, la foi Le retrouve, Le connaît, mieux que jadis, comme bienfaiteur et comme Dieu. Et

Lui, Il est le même; c’est la même Puissance, la même Bonté, le même Cœur. Heureux jadis qui le voyait, L’entendait; heureux, plus heureux maintenant, qui croit en Lui1 d’une foi ferme et vaillante : sur son passage, Il est prêt à semer les mêmes bénédictions.

Comme l’on fut bien inspiré à Lourdes, il y a quelques années, lorsqu’on songea à faire passer le Saint-Sacrement devant les rangs des malades, venus là pour invoquer la Vierge « Santé des infirmes ». Depuis lors, quels indicibles accents de foi transportent les âmes au moment où Jésus s’approche des malheureux. Foi réconfortante pour tous, et qu’accompagne pour quelques-uns la récompense visible d’une grâce miraculeuse. Des malades sont arrachés à leur couche et, comme autrefois l’aveugle ou le lépreux guéri, ils se mettent, débordant de joie et de reconnaissance, à la suite du Dieu Sauveur.

Aux jours de processions, qu’une ferme espérance dilate nos cœurs ! Qu’une pensée de foi nous fasse souhaiter d’habiter, de nous trouver du moins sur le passage du Saint-Sacrement. Mieux encore, qu’elle nous associe au cortège, et nous suggère ces prières plus parfaites, auxquelles le cœur de notre Dieu semble ne pouvoir résister.

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