‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 9 sur 334 · I. La condition requise · texte numérisé non relu

I. La condition requise

La condition n’est autre qu’une volonté décidée à un entier dévouement, qui lui-même ait en Jésus-Christ son seul objet j son seul principe , sa seule récompense.

Dévouement entier , disons-nous : parce qu’une vie de dévouement n’admet pas le partage de l’existence, et ne tolère pas, à côté des heures où l’on s’oublie, des heures où l’on se recherche. L’ extension de ce dévouement doit donc être celle même de la vie. Toutefois des degrés sont admissibles dans son intensité. Et nous les signalerons plus loin.

(1) Il m’a aimé. Epître aux Galates, 2, 20.

(2) Imit., 3, 37.

SECTION I. LA CONSÉCRATION

Il est clair que ce dévouement ne saurait se terminer au Sacré Cœur, s’il avait un autre objet que Jésus-Christ, sa personne adorable, ou quelque forme de son service.

Il doit avoir en Jésus-Christ son seul principe : inspiré par des vues humaines, comment conduirait-il à la sainteté, dont Jésus-Christ est l’unique fondement?

Enfin, c’est en Jésus-Christ qu’il doit trouver sa seule récompense. Il perdra en effet de sa vérité, dans la mesure où il fera retour à nous-mêmes.

Une triple recherche personnelle est à craindre ici. On peut s’attacher :

A Y estime, et c’est l’estime la plus flatteuse, que concilie la vertu;

A Y affection reconnaissante de ceux à qui l’on fait du bien;

A la joie , à la consolation intérieure que l’on goûte à servir Dieu.

Il faut que notre dévouement soit libre, dégagé de tout cela ; indépendant de toute vanité, de toute satisfaction d’amour-propre.

Et le dévouement ainsi compris doit être voulu d’une volonté bien arrêtée.

Il ne suffit pas d’un élan d’enthousiasme, ce n’est pas assez d’une sainte velléité. Il faut savoir promettre et tenir.

L’inconstance dans le propos est une constatation humiliante qui nous démoralise, qui ruine notre énergie pour le bien. Ne nous engageons qu’à bon escient aux sacrifices qu’un strict devoir ne réclame pas.

Faisons bien loyalement le bilan de nos ressources spirituelles. Le déficit sincèrement reconnu stimule au travail qui le comble. Un actif illusoire endort dans un faux et stérile repos.

Plutôt qu’une voix qui nous flatte et qui nous représente meilleurs que nous ne sommes, préférons entendre au fond de nous-mêmes une voix qui accuse notre indo-

lence, qui nous reproche notre lâcheté. A force d’avouer ses torts, on finit par les supprimer.

Si donc un examen sincère nous conduit à cette conclusion, que nous ne réalisons pas pleinement la condition préalable, tendons à la parfaire, mais différons jusque-là de promettre autre chose.

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