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OPÉRATIONS SUR LES PAUPIÈRES. — CIIALAZION

et solide à la fois. Une particularité très-spéciale à cette singulière affection est la part que prend à son développement ce qu'on nomme communément l'inflammalion. L'orgeolet n'est autre que le clou des follicules ciliaires, il n'a rien à voir avec le chalazion. Mais on voit souvent une glande de Meibomius se soulever, se gonfler en manière d'orgeolet, mais celui-ci plus ou moins distant du bord ciliaire et adhérent au tarse : si la résolution se fait attendre, la petite tumeur inflammatoire peut faire place à un chalazion ordinaire. C'est ce qui explique pourquoi le chalazion, surtout quand il est peu ancien, peut disparaître sans opération, et semble céder à des topiques ou à des médicaments internes sans valeur réelle. En proposant aux malades la petite opération qui les débarrasse d'un bobo laid et gênant, il faut leur faire savoir les chances de disparition naturelle.

L'opération du chalazion se pratique, soit du côté delà muqueuse, soit du côté de la peau. Quand le kyste soulève le tarse vers la conjonctive, ou bien que la petite poche est de ce côté ouverte et granuleuse, il faut opérer à la face interne de la paupière, surtout lorsqu'il s'agit de l'inférieure. La paupière est basculée, une petite incision découvre la tumeur et le manche du scalpel la déloge aisément. Et pourtant défiez-vous de' l'opération par la muqueuse ; quand l'intégrité, la consistance, le détachement de la petite masse vous font penser que du premier coup le manche du scalpel parviendra à l'énucléer, c'est une petite manœuvre aussi élégante que facile et sûre; mais si le caustique doit être joint à l'incision, vous êtes dans des conditions très-chanceuses, et, d'une manière générale, vous risquerez toujours beaucoup moins en agissant vers la peau. L'emploi de la pince de Desmarres est alors excellent. La pince étant suffisamment mais médiocrement serrée, on pratique une incision transversale; une fois la portion liquide, souvent purulente, échappée, le tissu mou et friable de la tumeur est hardiment saisi par une pince à griffes, soulevé et extirpé, ou simplement ébarbé avec le bistouri ou les ciseaux courbes. Un crayon argentique pointu touche l'intérieur de la petite poche sanglante, qui tout de suite est baignée d'un peu d'eau salée. Ou ce qui est mieux, lorsque le sang est bien arrêté, on met dans la cavité un petit fragment de pâte de zinc du volume d'une grosse tête d'épingle.

MALADIES DES YEUX

Parmi les nombreux procédés décrits pour la guérison du renversement des paupières en dehors, plusieurs exposent à des résultats nuls ou mauvais , pour peu que le praticien manque d'expérience opératoire. Ainsi doux des méthodes les plus connues pour I'ectropion sont celles d'Adams et celle de Wharton Jones. Adams excise un lambeau triangulaire de la paupière en toute son épaisseur, la pointe du lambeau dirigée vers la joue ; l'opération, analogue à celle par laquelle nous enlevons un bouton cancéreux de la lèvre, est suivie d'un affrontement bien exact à l'aide de la suture et a pour but de diminuer la largeur de la paupière et de retenir le bord libre en le bridant pour ainsi dire. Mais, outre que la paupière renversée pèche rarement par excès d'étoffe, la réunion exacte est l'exception, et I'ectropion se trouve trop souvent remplacé par une encoche ou même un coloboma complet bien plus hideux que la difformité première. C'est un procédé à rejeter dans tous les cas.

Celui de Wharton Jones, très-joli, et aussi simple qu'ingénieux, ne pèche que par insuffisance. Il consiste à remonter la paupière dans sa partie la plus tiraillée en la circonscrivant par une incision angulaire. Le lambeau disséqué délivre pour ainsi dire la paupière, et, pour que son élévation soit permanente, on réunit au-dessous de lui les deux lèvres de la plaie. C'est le procédé du V que Ton dissèque pour le convertir en Y. Le résultat immédiat est souvent trèssatisfaisant, mais jamais — à ma connaissance, du moins — il ne persévère.

Quels sont donc les modes opératoires qui doivent être conseillés? A cet égard, il faut distinguer les ectropions d'étendue médiocre des cas graves oii toute la paupière et souvent les deux doivent être restaurées. — 1° opérations d'ectropion; 2° opérations de blépharo-

PLASTIE.

1. M. Guérin (de Vannes), qui a fait connaître, je crois, en France une très-bonne opération pour la restauration des lèvres créée par M. Syme, a imaginé d'en faire l'application à I'ectropion. L'idée est excellente, et, après avoir souvent mis en usage ce procédé, je n'hésite pas à lui donner le premier rang quand il s'agit de remettre à niveau une paupière inférieure. On fait une incision en zigzag à quatre jambages, telle que la montre la figure 204, à une distance de la paupière en rapport avec le degré de la restau-

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