‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 2 sur 125 · SEIN — MALADIES DES YEUX • — TUMEURS BLANCHES — SYPHILIS · texte numérisé non relu

SEIN — MALADIES DES YEUX • — TUMEURS BLANCHES — SYPHILIS

Y voir clair dans ces affections qui reviennent à chaque instant SOUS l'oeil et la main du chirurgien , est le problème incessant de la pratique journalière, et puisse ce volume en fournir la solution 1 — Il est bien entendu qu'une fraction seulement de la Chirurgie s'y trouve comprise, mais c'est la plus importante, la plus fâcheusement travestie par les descriptions factices, la plus ignorée des jeunes médecins.

APOLPHE-RICHARD.

Juillet 1868.

PLAIES ET ABCÈS

MCnARD.

PLAIES ET ABCÈS

Le travail régulier de la nutrition demeure d'habitude caché à notre observation. Mais s'il survient à la surface ou dans l'épaisseur des tissus une solution de continuité, un corps étranger, une mortification partielle, alors le merveilleux tourbillon est comme saisi en flagrant délit.

Une déchirure se produit sous la peau: c'est une entorse, une fracture, la rupture d'un tendon, d'un muscle, d'un nerf; la liqueur du sang qui, dans l'état naturel, imbibe incessamment les tissus, devient alors visible entre les parties divisées et les réunit. On voit les éléments y apparaître, s'y grouper, et finalement reconstituer le tissu primitif. Le ligament, l'os, le tendon, le muscle, le nerf luimême, se régénèrent ainsi de toutes pièces. C'est bien là, prise sur le fait, la poussée perpétuelle de la liqueur du sang à travers les vaisseaux et la perpétuelle rénovation des organismes au sein de cet exsudât liquide. Il ne peut y avoir là rien de changé, rien de nouveau.

Il semble, à entendre le langage des chirurgiens, que du fait seul de la division des tissus naît un être nouveau, la lymphe coagulable, et commence une force nouvelle, la force réparatrice. — En aucune manière. — Ce coup de baguette ne saurait se comprendre. Avant comme après l'accident, les vaisseaux voisins de la solution de continuité laissent transsuder la partie liquide du sang. Avant comme après l'accident, dans ce plasma s'élaborent les organismes jeunes qui renouvellent incessamment tous les tissus des êtres vivants.

Celte simplicité du phénomène propre aux plaies sous-cutanées s'applique également aux plaies proprement dites, quand elles sont rapprochées et affrontées : c'est la réunion immédiate primitive.

Voilà pour le mouvement en avant, le mouvement de formation, la nutrition proprement dite. Les vaisseaux, les capillaires principalement, laissent transsuder le plasma, et celui-ci s'organise

PLAIES ET ABCÈS

influencé par les éléments du voisinage. A l'histologie de montrer les âges et les successions de ces formations jusqu'au résultat final souvent imparfaitement obtenu, et qui est la reconstitution du tissu divisé.

Voulez-vous maintenant saisir le mouvement en sens inverse, le mouvement d'appel et d'absorption : suivez un corps étranger dans les tissus vivants, et le meilleur exemple c'est l'eschare des parties molles ou dures qui vient de se produire. Cette partie morte formait tout à l'heure un tout continu avec le tissu voisin. Bientôt elle s'en isole et de tous les côtés. Elle finit par être libre, par se détacher. Pourquoi? C'est que tout le tissu vivant qui l'entourait a disparu, s'est absorbé. La force qui a isolé et détaché ce corps étranger, pourquoi la nommer inflammatio7i éliminnirice? Elle est tout simplement la force qui sans cesse désagrège, liquéfie et rappelle les éléments vieillis des tissus. La présence du corps étranger ou de l'eschare vous a tout d'un coup dévoilé cette autre moitié du tourbillon nuti'itif. Elle vous permet non-seulement de le voir, mais de mesurer son activité et ses phases. — Il n'est pas de témoignage plus saisissant de la vie que la mort d'une partie limitée de l'organisme.

Les plaies non réunies, les plaies exposées, suivant le langage consacré, sont, comme toutes les autres solutions de continuité, baignées par le plasma ou la liqueur du sang; mais celui-ci devient plus épais, jaunâtre et prend le nom de pus. C'est toujours le môme liquide, la liqueur normale et physiologique par excellence, le suc nourricier, le plasma, la lymphe coagulable. — Ce n'est pas îi nous à faire accorder les histologistes sur le caractère anatomique du globule de pus, à décider s'il est le même que le globule de la lymphe, le globule blanc du sang, celui du mucus, ou si au contraire il est essentiellement hétéromorphe. Notre tendance personnelle est pour la première opinion, et ce que nous pouvons dire, c'est que ce globule existe dans une foule de liquides qu'on ne peut appeler purulents, dans le plasma presque incolore qui agglutine les plaies rapprochées et les plaies sous-cutanées ellesmêmes, dans une fouledc tumeurs, dans la sérosité la plus transparente, dans la sécrétion la plus normale des membranes muqueuses

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