FRACTURES D'AVANT-BB AS
y suspendent le cours du sang, et d'énormes escliares, la perte du membre, en ont été souvent la conséquence. — L'appareil amidonné vous met à l'abri de ces dangers. Votre réduction est faite, vous avez fléchi le coude à angle droit, maintenu une exacte supination et appliqué en avant et en arrière le remplissage d'agaric ou de toute autre substance analogue. Ce remplissage est couvert dans les deux sens d'une petite attelle de carton ferme et non ramolli, attelle très-étroite, très-courte (un peu plus de la moitié seulement delà longueur de l'espace interosseux), matelassée d'ouate. Alors le poignet est légèrement fléchi, les doigts également, et vous roulez les bandes d'ouate autour des doigts, sauf le pouce, autour de la main, de l'avant-bras et de toute la région du coude. — Deux longues attelles de carton ramollies dans l'amidon sont appliquées en spirale depuis l'un des côtés du coude jusqu'à la paume et au dos de la main, en faisant deux fois le tour de l'avant-bras, et vous terminez par deux ou trois couches de bandes grassement amidonnées au fur et à mesure de leur application. Tout le membre, maintenu par une écharpe, est rapproché de la base de la poitrine, le coude toujours à angle droit, le pouce en avant, le bord cubital de la main appliqué à la poitrine, tandis que, dans les autres pansements où le bras est rapproché du tronc, le pouce est en l'air.
Vous trouverez assez souvent chez les jeunes enfants une déformation de l'avant-bras survenue à la suite d'une chute. L'avantbras est coudé à angle externe ou interne, la douleur modérée, li's mouvements moins faciles, mais conservés, et il est impossible non-seulement de constater la mobilité anormale ou la crépitation, mais même de corriger l'angle. Il s'agit là de fracture incomplète des deux os ou d'un des deux os de l'avant-bras, telle qu'elle est représentée (fig. 50). — Aucune force ne doit être employée pour
ir sur l'angle, sans cela vous risquez de compléter la cassure, mais lies pressions graduées en sens inverse et appliquées à l'aide d'un bandage qu'on surveille et qu'on renouvelle de temps en temps, ramenant peu à peu le membre à une quasi-rectitude. Ce qui reste de la déformation se corrige plus tard par le développement des os, comme les saillies rachitiques légères; et, du reste, le rachitisme ti'est sans doute pas étranger à cette singulière lésion.
Les fractures isolées de chacun des os de l'avant-bras ne sont pas
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rares, surtout celles du cubitus. On ne fait souvent que les soup- i çonner; leurs indications sont les mêmes que celles des fractures de | l'avant-bras, et le traitement est identique, sauf une sévérité moindre.
FRACTURES DU RADIUS
Lorsqu'on dit qu'un blessé estatteint d'une fracture du radius, on entend qu'il s'agit de l'extrémité inférieure de l'os. C'est sans doute, avec la fracture de jambe, la plus commune de toutes les fractures, c'est aussi la mieux caractérisée, celle pour laquelle le traitement est le mieux fixé et le plus efficace. Elle est de tous les âges ; elle survient toujours par la même cause : à la suite d'une chute sur le talon de la main. En môme temps que l'extrémité articulaire du radius se sépare, et toujours au même niveau, à 15 ou 18 millimètres de l'articulation, la diapliyse pénètre dans l'éponge radiale par sa partie postérieure seulement.
Tl n'y a rien de plus fixe que tout cela. C'est toujours la même cause, le même siège de la fracture, la même direction transversale, le même enfoncement de la tige radiale dans le fragment inférieur en arrière; mais il y a des degrés : des degrés de quoi? de pénétration, d'enfoncement; — et ils se traduisent par une déformation de plus en plus accentuée (fig. 51 et 52).
Assez souvent la déformation est à peu près nulle: il existe un gonflement cylindroïde de la partie supérieure du poignet, et pas autre chose. A la pression, douleur nulle à l'article, très-accusée à 15 millimètres au-dessus, sur le radius, tel est le seul signe. Souvent, devant des confrères incrédules, il faut démontrer la fracture, car, dans ces conditions, elle est bien souvent méconnue, et vous risquez, aux yeux des parents et du malade lui-même, de passer pour charger à plaisir la gravité de l'accident. Pour convaincre les assistants, vous saisissez le bas du radius, vos deux pouces sur la région dorsale, et vous pliez l'os en arrière. — Manœuvre presque criipUc et inutile pour votre diagnostic person-
FRACTURES DU RADIUS
^p]^ — car votre malade est tombé sur le talon de la main, il n'accuse nulle douleur à l'union du radius et de la main, et au contraire une douleur vive un peu au-dessus. A quoi cette douleur,
Fig. 5J. Fig. 52.
Fig. 51 . Fracture du radius. — La fracture est transversale, à un centimètre et demi de la ligne articulaire. Celte pointe, cette sorte d'éclat qui se voit en dehors, n'est pas la règle, mais s'observe pourtant, et est bien dans le génie de la lésion. Le déjettement du fragment carpien en arrière faft en avant un peu bâiller les fragments et pousse vers les tendons et la peau le bord tranchant de la diaphyse. Vous voyez que la portion détachée est de plus déjetée en dehors, et la main, pour suivre ce mouvement, a arraché à sa base la styloïde cubitale. Le radius se casse évidemment par arrachement dans la plupart des cas, à la suite du renversement forcé de la main, lors de la chute sur le talon de la main. C'est pour cela qu'en avant il y a écartement, et altrilion avec pénétration en arrière. Observez de plus l'inclinaison de la main sur son bord cubital dans ces circonstances, ce qui f.iil que si on la renverse, ce renversement n'a pas lieu vers l'axe de l'avant-bras, mais vers son bord radial : ainsi dans leur mouvement l'un sur l'autre, la main et l'avanl-bras croisent leurs axes et la main se trouve chassée vers le côté railial. Dans les chutes de haut, il n'en est plus de même, l'atlrition porle sur loul le fragment qui se brise souvent en plusieurs morceaux. Le pronostic est bien différent d'une frac-
FRACTITRES ET LUXATIONS.
à quoi le gonflement poLirraient-ils êti-e dus, si ce n'est à une fracture ?
Heureusement, dans presque toutes les fractures du radius, la déformation ne laisse aucun doute et vous dispense de toute recherche. — En avant, la saillie du fragment supérieur soulevant les tendons, en arrière celle du fragment carpien, — celle-ci plus basse et moins abrupte que la saillie palmaire; la pénétration, qui ne se fait qu'en arrière, y fond davantage l'union des deux fragments qui bâillent pour ainsi dire en avant. De plus, la main portant son fragment s'est déjetée en dehors, par un mouvement de translation totale, et une conséquence forcée de ce mouvement est l'arrachement de la pointe styloïde cubitale ou du ligament latéral interne, ce qui rappelle une des conditions de la fracture du péroné. — Aussi
Fig. 53.
ture du radius produite par une chute de la hauteur du mahide, ou au contraire d'une autre survenant chez un blessé qui tombe d'un premier ou deuxième étage. Et, comme on ne dissèque guère que celles-là, certains chirurgiens se sont exagéré la fréquence de l'éclalement du fragment carpien. — Une douleur vive en dedans du poignet^ mais nulle en deliors, est le propre de la fracture du radius, mais c'est à la rondilion que les circon- ' stances de l'accident ne laissent pas supposer un éclatement du fragment; car, alors, une douleur vive serait constatée à l'union du radius et du carpe.
Fig. 52. Coupe d'un badius fracturé pour montrer la. pénétration. — Cette pénétration est nulle en avant et très-marquée en arrière, où l'on voit le bas de la diajihyse s'enfoncer dans l'éponge radiale. *
Fig. 53 et 54. Appareil pour la fracture du radius. — La bande en train d'ètip appliquée dans la figure 53 ; le bandage terminé dans la figure 54. — Le chirurgien fail à lui seul la rédnclinn ; pour cela il fléchil le poignet fortement en tirant en même temps et par des pressions en sens inverse, il achève de molcler le bas de l'avant-bras, de manière à lui rendre sa forme normale, à l'exception souvent d'un léger degré de déjettemcnt externe. Pour la réduction et le maintien de la réduction, la flexion du poignet est d'une importance capitale, l'accident ayant été produit par l'action inverse. Une bande roulée
FRACTURES DU RADIUS
un des signes les meilleurs de la fracture du radius est une douleur nulle à l'interligne radio-carpien, vive à la pointe du cubitus.
11 n'est qu'un appareil pour cette lésion si commune; il est adopté en principe par tout le monde. — L'important est de le bien appliquer, et c'est, j'espère, ce que peut enseigner la figure, et l'explication qui y est jointe. Le pansement est renouvelé le huitième et le quinzième jour, laissé dix-huit à vingt jours aux enfants, vingt-huit jours aux adultes (fig. 5o et 5/i).
Nous avons si souvent répété les précautions d'assouplissement qu'exige la convalescence des fractures, qu'il serait fastidieux d'y insister pour le radius et l'avant-bras. — Et pourtant c'est encore plus important que partout ailleurs. Que de blessés, et dans toutes les conditions sociales, estropiés chaque jour, parce que ces soins sont négligés. Ici, chaque jointure demande à être exercée ; celles de la main, les doigts surtout, dès le douzième jour. — C'est ainsi
Fig.
couvre la main el l'avant-bras. — Des compresses clagées reployées en double dans leur sixième inférieur sont appliquées sur les faces antérieure et postérieure du membre. Ces compresses en arrière dépassent un peu le poignet, et au contraire laissent libre en avant le qu.irt inférieur de l'avant-bras. Elles sont l'une et l'autre couvertes d'une attelle qui s'arrête aux mêmes limites (fig. 53). En haut, les attelles doivent être écartées du coude de deux bons travers de doigt, surtout la palmaire, qui doit éviter l'épilrochlée ; aussi elle doit Aire d'un quart plus courte que la dorsale. Vous voyez exacti ment sur la figure les dimensions de ces attelles; presque ioujouis on les emploie trop longues. Un tampon d'onate un peu tassée remplit (fig. 53) la paume de la main, pour èlrc embrassé par la main et les doigts llécliis. C'est là mie précaution rigoureuse dans tous les pansements qui doivent immobiliser le membre thoracique ; c'est pour prévenir l'enroidissement des doigts, qui arrive bien promptenient s'ils sont maintenus dans l'extension, comme dans les détesiables pninttes journellement mises en usage. L'appareil est terminé par quelques tours debnndc qui fixent les attelles et maintiennent la Ilexion du poignet et des doigts. Comme la striction doit être très-faible, les bandes sont cousues, comme toujours du reste. Les deux figures donnent une bonne idée de l'appareil. Il faut compléter la figure 5û en se représentant la main fixée davantage nn reste de l'appareil par quelques jets.
FRACTURES ET LUXATIONS
que, sauf un peu de translation externe de la main que l'œil seul du médecin peut décou\rir, on a le droit de promettre une guérison exempte de toute diffoi-mité et redonnant au membre sa force et son adresse primitives.