‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 22 sur 125 · FRACTURES D'AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

FRACTURES D'AVANT-BRAS

tures. On a vu trop souvent le spliacèle envahir partiellement le membre par la faute de l'opéi-ateur, et, dans les cas oîi le déplacement est notable, personne n'est jamais sûr de ne pas laisser se perdre les mouvements de pronation et de supination, par l'absence desquels ■ la main est privée de ses principaux usages.

Les fractures de l'avant-bras sont fort communes, surtout dans l'enfance. Souvent de cause directe, elles peuvent suivre aussi une chute sur la main. Un adulte qui tombe sur la main se casse l'extrémité inférieure du radius ; un enfant a plutôt une fracture de l'avant-bras.

Le siège ordinaire est le milieu de l'avant-bras, et très-ordinairement, circonstance heureuse, les deux os sont fracturés à des hauteurs différentes (fig. /i9).

L'accident se décèle à la vue. La ligne du membre est brisée et les fragments font un angle en avant, en arrière, en dedans, en dehors, ou même le chevauchement tasse pour ainsi dire l'avant-bras. Jusque-là, on le voit, aucune règle. Mais ce qui est commun à tous les cas, c'est l'appel des fragments vers l'espace interosseux. C'est là l'échec du traitement; car plus l'espace interosseux sera rétréci, plus les mouvements de rotation seront diminués ; ils seront même abolis, si le cal englobe deux os de nom contraire, ce dont on voit dans les musées d'assez nombreux exemples.

La rectitude de l'avant-bras étant rétablie par des tractions et des pressions convenables, ce qui n'est jamais très-difficile, il faut se préoccuper uniquement, outre l'immobilisation, de conserver par le pansement toute l'amplitude possible à l'espace interosseux. J'avoue ne compter aucunement pour cet effet sur les compresses graduées. Il n'y a qu'un moyen, c'est de maintenir le membre en supination, mais en évitant de la porter à l'extrême. C'est en effet, il Faut le reconnaître, une attitude gênante et forcée. La douceur et en même temps l'inflexibilité de l'appareil amidonné sont le seul moyen d'atténuer cette gêne.

Un remplissage pyramidal de plaques d'amadou est, au préalable, applique sur la face antérieure et sur la face postérieure de l'avant-bras. Car, si je crois que les compresses graduées seules ne peuvent rétablir l'espace interosseux, je les regarde comme fort utiles pnurdoiuier au meml^re une l'orme cylindrique et empêcher la près-

FRACTURES ET LUXATIONS

sion des bandes de s'exercer latéralement. Le remplissage d'agaric est maintenu par du coUodion ou de petites bandelettes de diachylon non serrées.

Si l'usage de l'appareil amidonné était chez nous plus répandu, surtout ici pour l'avant-bras, . bien des déceptions seraient épargnées aux malades et aux médecins. — Les appareils à attelles, les appareils dextrinés même, appuyant, grâce aux remplissages, sur les faces antérieure et postérieure du membre, compriment les artères,

Fig. 4Q, l'"ig. ôO.

Fig. 49. Fracture de l'want-bkas. — Les os sont cassés à des lùveaux différents. Les fragments se rapprochent de l'espace interosseux; un seul reste fixe, c'est le fragment supérieur du cubitus, que retient son articulation huméralc.

Fig. 50. Fracture incomplète des deux os de l'avant-bras chez les jeunes enfants. . — La fracture n'intéresse que les deux tiers de l'épaisseur des os. Le tiers restant est I ployé au niveau de la cassure.

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