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RÉTRÉCISSEMENTS DE L'URÈTHRE

Le vrai rétrécissement de l'urèthre est le résultat de la blennorrhagie ; les modifications que celle-ci détermine dans la structure du corps spongieux amènent le défaut d'élasticité qui constitue le rétrécissement. Hors du corps spongieux, pas de vrai rétrécissement: — sans corps spongieux et sans prostate, la femme échappe aux misères de la dysirrie, trouvant d'autre part une triste compensation dans les affections utérines.

Vous voyez sur la figure 96 la façon dont le canal est entouré par le corps spongieux. Il en occupe à peu près le centre dans toute la partie libre de la verge ; mais, sous l'origine des corps caverneux, le corps spongieux ne forme au-dessus de l'urèthre qu'une languette qui bientôt n'est plus distincte; au-dessous du canal, au contraire, il augmente d'épaisseur pour former insensiblement le bulbe. Le Inilbe et presque tout le cylindre spongieux sont formés d'un tissu crectile analogue à celui des corps caverneux. Leur gaînc fibreuse émet de sa face interne des filaments qui, se rendant à la face externe

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de la gaîne sous-muqueuse de l'urùllire, se répandent entre les vaisseaux et les mailles érectiles dont elles forment la légère charpente. MM. Kœlliker et Rouget y ont manifestement découvert des fibres musculaires, dont l'action concourt au phénomène del'érection. Les deux étuis concentriques qui renferment le corps spongieux sont donc fîbro-musculaires, et le chirurgien doit bien savoir que sous la muqueuse derurèthre,môijie en dehors des portions membraneuse et prostatique, existe un tissu contractile. Est-il du reste un seul conduit excréteur qui en soit dépourvu? Le corps spongieux tout à fait en avant n'est plus forme de tissu érectile (voyez le beau tra-

rig. 90.

Fig. 96. Coupe ANTÉno-POSTÉniEURE du tî,vssin, sur la ligne médiane, chez un jeune HOMME. — Imité de Legendre {Anatomie chirurgicale homalographique) et de Jarjavay {Ih'èt/ire de l'homme). — Toutes les parties sont rigoureusement de demi-grandeur. Suivez surtout la position de l'urcthre au milieu du cylindroïdc spongieux, la languette qui termine en haut le corps spongieux, en bas au contraire son épanouissement pour former le bulbe, la dilatation du canal au niveau de ce dci nier, la brièveté de la portion musculeiise (12 millimètres), la courbure et la largeur de la portion prostatique. Mesurez les rapports des dilTérentcs parties entre elles: ils sont matiiénialiqucs. Le col de la vessie est bien plus éloigné du pubis qu'on ne le croit. Voyez tout l'espace qui sépare le devant de la prostate du pubis. Cette belle figure est du reste un tableau que le cbirurgien doit avoir sans cesse dans l'esprit ou sous les yeux, pour toutes les opérations qui sepraliquent sur le bassin.

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vail de M. Jarjavay siii* l'urèthre de l'horarae), mais de deux faisceaux vasculaires, deux cordons de réseaux veineux, qui, après avoir marché parallèlernent sans se confondre, se recourbent, l'un à droite, l'autre à gauche, pour former l'écorcedu gland. Ainsi le gland est formé fi son centre par le bout des deux corps caverneux, et à l'extérieur par des réseaux veineux aboutissant au corps spongieux ; son noyau seul est' spongieux, son écorce purement vasculaire.

Une membraiîe muqueuse très-mince, avec son épithélium et son derme ordinaire, adhérente par un tissu cellulaire fin et demiserré à une couche fibreuse qui n'est autre que la gaîne interne du cylindre spongieux ; enfin le large revêtement érectile dont nous venons de rappeler la disposition, telle est la composition de cette partie du canal de l'urèthre où siège exclusivement le rétrécissement blennorrhagique.

La LÉSION qïiiconstftue le rétrécissementlaisse la muqueuse intacte: elle consiste en un dépôt plastique dans les mailles du tissu spongieux. Le dépôt peut se résorber plus ou moins vite et laisser l'éponge de l'urèthre revenir à son état à peu près normal; phis souvent il s'organise en une masse fibroïde, dans laquelle on ne retrouve plus rien du tissu caverneux, et dont la rétraction, le tasserrient, vont sans cesse en augmentant. La membrane fibreuse qui sépare le tube uréthral du foyer principal de ce travail morbide n'y peut rester indifférente : elle-même se rétracte, elle durcit, perd son élasticité, son extensibilité.

Tous les points delà portion spongieuse de l'urèthre peuvent être le siège du rétrécissement. Le lieu ordinaire est le voisinage du bulbe, et plus particulièrement le point oii commence la dilatation bulbaire du canal : c'est le rétrécissement de la courbure. Dans un quart des cas environ, la portion pénienne est prise, soit vers son milieu, soit à la partie postérieure de la fosse naviculaire.

L'urèthre a de 16 à 17 centimètres de longueur, 12 i pour la partie spongieuse, un peu plus de 3 i pour les deux parties prostatique et musculeuse, dont il est à peu près impossible d'isoler la mensuration. Le rétrécissement de la courbure arrête généralement la bougie h une distance de 10 à 11 centimètres. La cause qui fixe le rétrécissement à la courbure de l'urèthre doit être puissante, car même quand la portion pénienne est le siège d'une ou plusieurs

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strictures, on en retrouve toujours une autre au lieu ordinaire, un peu avant le bulbe. C'est que la blennorrhagie, née dans la fosse naviculaire, se propage peu à peu en arrière, et, à son déclin ou quand elle devient chronique, elle se fixe à la partie courbe de l'urèthre. Là elle n'attaque naturellement que les points oii elle rencontre le tissu spongieux. De plus, le goulot antérieur de l'excavation bulbaire supporte, dans la miction, l'effort de l'urine plus que tout autre point du canal, car il occupe le milieu de la courbure de l'urètlire, et il a directement derrière lui le muscle vésical qui pousse, et la partie musculo-prostatique qui exprime : il est donc tout désigné comme le lieu d'élection des désordres que la blennorrhagie laisse derrière elle.

Pourquoi maintenant le rétrécissement de la courbure est-il plus souple, plus dilatable que celui de la région pénienne, dont la nature est la même ? — Je crois qu'on en peut deviner le motif en regardant la figure. A cet endroit, l'urèthre n'offre plus de corps spongieux qu'à sa partie inférieure; la languette spongieuse, supérieure au canal, a disparu. En bas, le corps spongieux, commençant à s'élargir pour former le bulbe, va quitter l'urèthre. En haut, celui-ci n'est plus directement fixé aux corps caverneux ; il en est même bien plus distant qu'on ne le croit généralement. Il suit de là qu'entre le bulbe et la pointe des corps caverneux, le canal est plus libre, et surtout exempt de ce collier de substance érectile qu'il offie dans toute l'étendue de la région pénienne.

Nous avons appelé vrais rétrécissements ceux que produit la blennorrhagie, parce que leur cause, leur nature, leur siège sont bien définis. Mais l'urèthre peut être rétréci par d'autres causes : un coup, une chute sur le périnée, sont l'origine de la plupart des rétrécissement dits TRAUMATiQUEs ; Tintroduction violente des bougies et des sondes, le passage et le séjour des corps étrangers, les injections caustiques ou autres, agissent aussi comme de véritables blessures, et causent de môme des rétrécissements traumatiques ou cicatriciels. Dans ce ca?, la lésion peut être analogue à celle que produit la blennorrhagie, mais le plus souvent elle se montre sous forme de brides, de cicatrices qui, contrairement à la règle absolue des rétrécissements blennorrhagiques, peuvent intéresser la muqueuse et siéger hors delà portion spongieuse de l'urèthre. Une vérité pénibleàconfcsser, c'est

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