EXPLORATION
que l'introduction malhabile et intempestive des instruments joue le principal rolo pour la production de ces dégAts auxquels la blennorrhagie demeure étrangère.
Le sujet qui porte un rétrécissement uréthral peut se présenter à vous, atteint déjà par les graves conséquences de cette maladie : il a connu plusieurs fois les angoisses de la rétention, il n'urine plus que goutte à goutte et avec de grandes douleurs ; des abcès suivis de fistules montrent l'étendue des altérations du canal derrière le rétrécissement, et les envies fréquentes d'uriner, la fétidité et la purulence des urines décèlent l'extension des désordres au col et à la vessie. D'autres fois, au contraire, le malade ni souvent son médecin ne soupçonnent rien du côté des voies urinaires. Mais un écoulement chronique, ou un certain déchet des fonctions génitales, ou encore des symptômes intermittents dont on ne peut trouver la cause, vous mettent sur la voie, et vous constatez le rétrécissement. L'insouciance de certains hommes est telle, que plusieurs sont pris subitement d'infiltration d'urine, et conséquemment de rupture de l'urèthre, qui jamais ne s'étaient plaints de la miction, et il faut les interroger avec soin pour découvrir que le début deraffection date de loin. D'un autre côté, il est curieux de voir comment, chez des sujets nerveux et débiles, une coarctation, même peu prononcée, s'accompagne promptement d'une perte presque absolue des forces et de l'appétit, sans compter l'affaissement moral dont il est difficile de les relever.
Quoi qu'il en soit de ces conditions exceptionnelles, si plusieurs symptômes, bien connus de tous les médecins, font présumer l'existence d'un rétrécissement, I'exploration seule permet de l'affirmer. — Elle sera faite avec une bougie à boule (fig. 98). Je la conseille à l'exclusion de la bougie de cire molle, ou bougie emplastiquc de Petit Collin, vantée par M. Civiale, et dont ce maître habile fait un fréquent usage. Celle-ci pénètre souvent mal et cause de la douleur. Sans doute on peut avec elle recueillir des empreintes, mais à la condition de violenter un peu l'endroit resserré et de séjourner assez longtemps. C'est dire qu'une pareille exploralion ne convient pas au début, époque où les manœuvres doivent être 'lussi douces et aussi courtes que possible. Ce serait en effet une grave
CHIRURGIE DES VOIES URINAIRES
faute de s'acharner dès l'abord à reconnaître tous les caractèçps d'un rétrécissement ; peu à peu tout se débrouille dans le cours du traitement.
Une première introduction de bougie est toujours ime afTaire sérieuse, exigeant une douceur extrême et des ménagements infinis.
Fig. 97.
Fig. 97. Membrane muqueuse de i.'iiitKTiini:, celui-ci fendu sur le milieu de sa paroi INFÉIUEUUE. — Vous voyez surtout la face suporicure, lo plaroml de l'urètlire. C'est là en effet qu'existent les légers enfoncements de la muqueuse, valvules, lacunes, orifices glandulaires qui peuvent arrêter et arrùtent très-souvent les bougies. Sur la ligne médiane, vous voyez d'abord la fonte glandaire se continuer sous forme d'un sillon très-justement comparé par M. Jarjavay au cainmus xcn'ptorùis, et dont le bec conduit d'habitude à un enfoncement valvidaire d'une profondeur qui atteint souvent un demi-centimètre. Plus haut, dans le calamus, sont d'autres petites lacunes qui peuvent, elles aussi, jouer le rôle
RÉTUÉGISSEMlilNïS.