CONTRACTURE ? DU COL VÉSICAL. -VALVULE MUSCULAIRE
la sonde ne vous révèle pas de corps étranger. Vous avez eu soin de vous assurer qu'il n'offre aucun signe de tuberculisation de la prostate et des vésicules séminales.
Qu'a donc ce malade?
Il a une affection fort commune, décrite sous les noms de névralgie dit col, contracture du col, etc. Peu importent ces expressions certainement impropres; l'essentiel est de s'entendre sur la nature du mal. Il n'est autre que l'état de perversion dynamique du muscle Ycsico -prostatique qu'offrent tous les dysuriques , mais cette fois sine materiâ. Elle peut être la suite d'une blennorrhagie invétérée, d'excès vénériens, d'une cystite cantharidienne,etc. — Mais surtout elle dépend d'un rhumatisme fixé aux muscles de la courbure de l'urèthre et de la vessie. C'est là une des manifestations les plus communes du rhumatisme : les cas s'en présentent chaque jour à l'observation. L'action que nous pouvons avoir sur cette prétendue névralgie est ce qui nous dévoile le mieux sa nature : ainsi l'introduction de quelques bougies, souvent d'une seule, peut suffire à éteindre pour quelque temps ou pour toujours des symptômes aussi cruels que ceux des calculeux. Malgré cela, le point de départ est toujours une lésion matérielle, blennorrhagie fixée à la courbure ou réfugiée dans les conduits prostatiques, ulcération du verumontanura et des orifices éjaculateurs, rhumatisme même au début. Mais il arrive un moment oiî ces lésions disparaissent, tout en laissant le muscle malade ; c'est dans ces cas que les bougies font merveille. Quand elles échouent, défiez-vous d'une lésion persistante.
Du reste, du côté du muscle con^m^^^^<re (?), l'exploration peut assez souvent révéler une altération remarquable : c'est la valvule musculaire de M. Mercier. C'est avec l'instrument propre à attaquer la barrière prostatique que, chez les jeunes gens on coupe la valvule musculaire. Très-bonne opération celle-là, et qui manque rarement son but, mais redoutable encore par lemêmeécueil, l'hémorrhagie. Vous n'aurez jamais à confondre la valvule musculaire avec la valvule ou barrière prostatique, bien que l'une et l'autre naissent de la saillie normale que présente le col au-dessus du verumontanum. La valvule musculaire est beaucoup plus mince, moins haute, moins résistante: c'est un repli, tandis que la barrière prostatique est une tumeur. Elle ne fait pas éprouver de ressaut à la sonde qui
CHIRURGIE DES VOIES URINAIRES
la franchit, mais celle-ci l'accroche par derrière bien plus facilement. Un des caractères de la valvule musculaire aussi, c'est la douleur vive que l'instrument provoque en passant à son niveau. Enfin vous n'aurez jamais la barrière prostatique chez les jeunes gens, et c'est chez eux que vous trouverez la valvule musculaire. Pour l'opération, l'instrument de M. Mercier étant introduit, on porte son bec en bas, on accroche la valvule, et l'on coupe la bride en tirant la lame à soi, puis la repoussant, et cela à plusieurs reprises. Il est indispensable de laisser une sonde à demeure pendant quatre jours. Tant que le sang coule, on laisse la sonde débouchée. Le chirurgien ou l'un de ses aides reste à demeure près de l'opéré pour s'assurer que la sonde fonctione bien, pour vider au besoin avec la seringue les caillots accumulés dans la vessie, et pousser de temps en temps des injections froides.
Les études de M. Mercier sur le système musculaire du col de la vessie, sa découverte des valvules musculaire et prostatique, les opérations qu'il a instituées àl'aide de son très-bon instrument, tout cela forme un ensemble qui fait le plus grand honneur à ce chirurgien. Mais je ne saurais croire que l'incision de sa valvule musculaire lève un obstacle mécanique. Cette valvule est trop peu de chose pour former une soupape au col delà vessie. L'incision guérit en modifiant la contraction (?) du sphincter vésical, comme agit l'incision dans cette autre maladie purement musculaire qu'on nomme la fissure à l'anus. Si mon observation est fondée, elle conduirait, et j'y suis tout disposé, à utiliser l'instrument de M. Mercier dans ces cas de névrose douloureuse du col vésical, dans lesquels on ne rencontre pas de saillie valvulaire. La crainte de l'hémorrhagie m'a retenu. Ce n'est pas ici le lieu d'exphquer comment, tournant la difficulté, j'ai pu arriver à un résultat analogue, en agissant médialement sur le système musculaire du col par la dilatation forcée du sphincter et du releveur de l'anus.
PIEllRE DANS LA VESSIE.
PIERRE DANS LA VESSIE
Lorsque, chez un homme qui souffre des voies urinaires, le chirurgien reconnaît l'existence d'une pierre dans la vessie , son premier sentiment est celui de la satisfaction : il connaît la puissance de l'art contre cette cruelle maladie. — Et pourtant, dès ce moment, commence pour lui une œuvre pleine de difficultés et d'embûches; nulle n'exige plus de soins, de ressources, de prudence.
Malgré l'extrême diversité de leur composition, les calculs de la vessie peuvent tous se ranger sous deux classes : uréiques ou j)hosphatiques^ suivant en effet qu'ils dérivent de l'urée ou des phosphates de l'urine.
Les premiers appartiennent aux vrais calculeux et dépendent d'une manifestation goutteuse; les sujets qui les présentent ontles organes sains et l'urine acide, c'est-à-dire normale. Au contraire, les calculs phosphatiques indiquent toujours une muqueuse altérée et des urines alcalines.
En effet, le litre et un quart d'urine qu'en moyenne l'adulte rend chaque jour peut être considéré comme une solution d'urée et de phosphates alcalins. L'urée est la forme définitive sous laquelle les matières azotées du corps et des aliments sont excrétées. Les phosphates alcaUns sont la partie dominante des cendres du corps et des aliments. Ils ne sont dissous dans l'urine que grâce à son acidité, à son excès d'acide. Si l'urée rencontre dans la vessie une muqueuse malade qui lui sert de ferment, à l'instant elle se décompose et se transforme en carbonate d'ammoniaque, ainsi qu'elle fait à l'air libre ; dès lors l'urine devient alcaline, et les phosphates (principalement calciques et ammoniaco-magnésiens) se précipitent, puisque l'acide seul du liquide rénal les retenait.
Rien donc n'est plus clair que la production des calculs phosphatiques : altération de la muqueuse vésicale , urine décomposée et alcaline, dépôts phosphatiques, sont trois éléments qui s'enchaînent réciproquement. — La séparation de V acide urique et des sub-
CIITRUnGIE DES VOIES UIIIN AIRES.
stances analogues chez les goutteux est beaucoup plus obscure. L'acide urique, il est vrai, est tellement peu soluble, qu'il a besoin, pour être dissous, de 1500 fois son volume d'eau ; h cet égard, on comprend déjà qu'il se précipite plus volontiers chez les goutteux dont l'urine est plus concentrée (ils ne rendent pas leur litre et quart) et plus acide. Il est une des phases incomplètes, la dernière peut-être, de la combustion, de l'oxydation qui produit l'urée. Il en est de même de Vacide oxalique, de môme aussi de la ajstine. Et c'est ainsi que les calculs de cystine, qui sont si rares, et ceux d'oxalate de chaux, beaucoup plus communs, doivent rentrer dans la même catégorie que les calculs uriques. Ils sont tous les trois le résultat d'une oxydation incomplète des éléments azotés que l'urine doit rejeter sous forme d'urée, et tous les trois dépendent avant tout de la diathèse goutteuse , plus ou moins favorisée par le défaut d'exercice, d'air pur, par certaines alimentations. La cystine diffère chimiquement des deux autres par une petite proportion de soufre ; elle s'est rencontrée assez souvent chez des membres d'une même famille, et paraît plus commune chez la femme. Semblable à de la cire vieillie et d'une consistance assez molle , elle s'écrase à la pression et se prête merveilleusement aux manœuvres de l'instrument lithotriteur.
Sans parler de ces caractères si tranchés de la cystine, on peut presque toujours reconnaître un calcul à sa couleur ou à sa consistance. Le calcul phosphatique est blanc, blanc grisâtre et friable. Le calcul urique, jaune ou rougeâtre, est d'une dureté notable; le calcul oxalique, noir ardoisé, souvent hérissé de saillies mamelonnées qui lui font donner le nom de mûral, le plus dur de tous. La coupe de la concrétion et son analyse sont néanmoins indispensables pour la caractériser avec rigueur , car des couches de nature diverse peuvent la constituer: beaucoup de pierres uriques sont encroûtées de phosphate terreux, l'oxalate se trouve le plus souvent mélangé h l'acide urique, etc.
Mais arrêtons-nous au diagnostic de la pierre que nous avons dû déjà incidemment effleurer.
Les symptômes accusés par les calculeux n'ont rien de caractéristique. On n'est sûr de la pierre que quand on l'a touchée.