DÉYIAT[ONS DE L'UTÉRUS
se dirige vers le milieu de la concavité sacrée ; le col utérin, sur lequel on arrive au fond du vagin à une distance de 5 à 6 centimètres, ne continue pas cette direction : il fait avec la ligne du vagin
Fig. 113.
l'ig. lis. Coupe antéro-postérieukë du bassin chez la femme, pouu monthek les RAPPORTS DE l'utérus ET DU VAGIN ((lemi-graildciir, empruntée à l'yKte.v de Lpgendre). — L'axe du vagin est une ligne qui va du pudcndum lui milieu de la concavité sacrée ; il est peu variable. La situation de l'utérus sur la figure offre ce bon côté que l'organe est on antéflexioii très-prononcée, ce qui est un état qu'on peut dire normal chez les fcnnnes 'li'i n'ont pas conçu et fréquent chez les autres. Mais le col offre une position tout à lait exceptionnelle : il est dans l'axe du vagin, tandis qu'il fait prcsiiue toujours avec lui un angle ouvert eu bas et en avant, suivant une ligne qui joindrait l'ombilic au milieu de l'espace ano-coccygieii. La différence des deux culs-dc-sac se trouve ainsi exagérée. Le cul-dc-sac antérieur a ordinairement 6 ou 7 millimètres de profondeur: ici il n'exisle
MALADIES DES FEMMES
un angle obtus ouvert en bas et en avant et qu'il est impossible de préciser absolument. On peut dire pourtant que l'axe du col serait d'ordinaire assez bien représenté par une ligne qui irait de l'ombilic au milieu de l'espace ano-coccygien. Le col regarde donc la paroi postérieure du vagin sur laquelle il est plus ou moins appliqué. Aussi dans le toucher, l'index, après avoir parcouru le vagin, tombe sur la face antéro-inférieure de la lèvre antérieure du col et sur le culde-sac vaginal antérieur; il faut qu'il se porte un peu en arrière pour sentir l'orifice et la lèvre postérieure, et qu'il repousse en avant tout le col comme par un mouvement de crochet, s'il veut pénétrer dans le cul-de-sac postérieur du vagin.
Des deux culs-de-sac vaginaux, l'antérieur est à peine sensible; il ne va guère au delà d'un demi-centimètre de profondeur. Le postérieur au contraire en a deux et demi en moyenne, et je parle des femmes qui ont eu des enfants, les seules à peu près qui nous consultent pour des affections utérines, La profondeur du cul-desac postérieur est encore augmentée par la plus grande saillie de la lèvre correspondante.
La position de l'utérus est dite normale, s'il continue celle du col, placé lui-même comme nous venons de l'indiquer. Il serait plus à propos d'appeler cette position du corps utérin régulière^ au lieu de normale. En effet, les résultats importants signalés en 1853 par M. Boullard ont été vérifiés depuis par beaucoup d'observateurs. M. Boullard a montré que normalement le corps de l'utérus est fléchi sur le col, de manière à se mouler sur la convexité de la vessie par une sorte à'anté-courbure. Voilà la règle chez le fœtus, la petite fille, la femme nuUipare. Mais là même déjà la banalité, pour ainsi dire, de la position de l'organe utérin se décèle; car, à côté de cette antéflexion, qui est la règle, quelques dissections
pas. Le cul-de-sac postérieur a ici 3 centimètres et demi : c'est un centimètre audessus de la moyenne. Entre la vessie et l'utérus, le péritoine est loin du vagin ; derrière l'utérus, il touche le fond du ciil-de-sac vaginal, mais dans une étendue bien moindre qu'on ne le dit communément. 11 ne le touciie pour ainsi dire qu'en un point. Le fond de l'utérus est au-dessous du plan qui joindrait le haut de la symphyse pubienne à la base du sacrum , donc ce fond ne dépasse pas, telle est la règle, l'enceinte pelvienne; mais que la paroi abdominale soit souple et dépressible, la main appliquée sur l'hypogastrc peut, en déprimant cette paroi, venir toucher le fond de l'utérus, et il le fera d'autant plus facilement, que celui-ci se trouvera pris entre la main hypogasirique et le doigt vaginal.