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DÉVIATIONS DE L'UTÉRUS

montrent une rétroflexion, et un plus grand nombre la situation prétendue normale, c'est-à-dire le col et le corps suivant le même axe, lequel est à peu près celui du détroit supérieur. Une statistique irréprochable sera sans doute toujours impossible à établir, mais on ne risque guère de se tromper en disant que, sur dix nullipares, sept fois l'utérus est en antéflexion, deux fois droit, une fois en rétroflexion. Tous les degrés s'observent entre l'antéflexion bien réelle portant le fond utérin contre le pubis et ce qu'on a très-justement nommé antécourbure. Ajoutons aussi que dansées sept cas, sur dix, d'antéflexion, quelquefois, mais rarement, le col suit l'utérus, et l'on a sous les yeux une antéversion.

La grossesse modifie profondément tout cela. Elle fait un tout du col et du corps, et redresse une grande partie des flexions, mais pas toutes ; et les antéflexions qu'on observe chez les femmes qui ont enfanté sont des déviations non produites par la grossesse, mais que la grossesse et l'accouchement n'ont pas réussi à supprimer. Chez les femmes qui ont conçu, l'antéversion, comme fréquence, a pris la place de l'antéflexion. On s'en rend compte : 1° par le redressement du corps sur le col que produit le développement graduel et excentrique de l'utérus gravide; 2° par la tendance naturelle de l'organe à diriger son fond vers le pubis, et qui devient comme obligée dans la grossesse, grâce au frein des ligaments ronds, dont le rôle paraît réservé à cette période de la vie active de la matrice.

La moitié au moins des femmes chez lesquelles vous constatez une antéversion ne témoigne aucune souffrance, et déjà vos doutes commencent sur l'histoire fantastique des inconvénients d'un semblable déplacement. Mais en suivant les vraies malades, celles qui se plaignent, vous acquérez la conviction que par elle-même l'antéversion est innocente. Celles-ci en effet vous laisseront dé-^ couvrir une autre affection, un travail récent ou ancien du côté des culs-de-sac péritonéaux, un engorgement, des ulcérations du col, etc; Plusieurs d'entre elles guérissent, ou, sans guérir, présentent des alternatives de malaise et de bien-être, sans que le déplacement se modifie. Il est pourtant vrai de dire que quelques femmes trouvent un grand soulagement dans l'emploi d'un pessaire, en particulier de l'éponge ou du tampon d'ouate: chez les unes, l'utérus est d'uud niciiAnD. 21

MALADlIiS IJES FEMMES.

mobilito exagérée, et cette sorte de ballottement provoque au moindre exercice des douleurs vivement accusées ; d'autres, souffrant de la matrice pour une cause ou pour une autre, sont soulagées par l'éponge pour la même raison qu'un suspensoir bien fait dissipe à l'instant la gène d'un testicule engorgé et douloureux.

Les déplacements en arrière, rétroversion et rétroflexion, sont beaucoup plus rares que ceux qui se font en avant, et comme en effet ils jurent complètement avec la statique naturelle de l'organe, il faut toujours, en leur présence, soupçonner quelques adhérences séreuses plus ou moins anciennes. Le renversement de l'utérus en arrière atteint quelquefois des limites extrêmes, car dans ce sens rien n'arrête l'organe. J'ai eu l'avantage de me trouver pendant dixhuit mois à l'hôpital de Lourcine avec mon bien regretté collègue M. Goupil, à l'époque où il poursuivait ses minutieuses études sur les déviations utérines, et nous nous indiquions réciproquement les malades de nos deux services qui fournissaient à cet égard un exemple intéressant. C'était à propos des rétroversions, dont le tableau a été si fort assombri par les cliniciens, et qui ont été le prétexte de plusieurs opérations assez sérieuses, qu'il fallait décider si par lui-même un déplacement utérin peut devenir réellement une maladie. Or nous n'avons jamais vu un seul cas de rétroversion dans lequel les symptômes fâcheux ne fussent expliqués par une lésion quelconque, en particulier une pelvi-péritonite.

En analysant la position d'un utérus, vous trouverez souvent réunies une version et une flexion, et il n'est pas d'antéversion prononcée qui ne se joigne à un certain degré d'antéflexion. Des flexions et des versions inverses peuvent aussi se trouver réunies, c'est ce que vous voyez sur la figure 113, où l'utérus est en antéversion et le col fléchi en sens inverse, regardant la paroi antérieure du vagin. Enfin, à tout cela peuvent s'adjoindre des latéroversions, des latéroflexions. En pratique, la chose importante, devant un déplacement quelconque de la matrice, est de s'en rendre un compte parfaitement exact, afin d'éviter de prendre pour une tumeur extra ou intra-utérine la saillie formée par l'utérus dévié. Pour ce diagnostic nous avons le toucher et le cathétérisme utérin. Le toucher constate aisément l'anté et la rétroversion ; pour les flexions, la

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