MALADIES
DE L'APPAREIL GÉNITAL EXTERNE
MALADIES DE ^APPAREIL GÉNITAL EXTERNE
L'appareil génital externe, comprenant toutes les parties situées au-dessous du ligament de Carcassonne, est, non pas analogue, mais identique dans les deux sexes ; car les différences entre le mâle et la femelle ne tiennent qu'au volume ou à la soudure de deux moitiés symétriques. Ces parties comprises dans la loge inférieure du périnée, c'est-à-dire entre l'aponévrose moyenne (ligament de Carcassonne) et l'aponévrose superficielle, sont d'avant en arrière : le pÉ.Ms ou CLITORIS, surmonté de son gland, avec ses deux corps caverneux et leurs muscles ; les bulbes, séparés chez la femme, soudés chez l'homme, munis également de leurs muscles (bulbo-caverneux, constrictor cunni) ; I'intermédiaire vasculaire entre le bulbe et le gland, c'est-à-dire le corps spongieux de l'homme et le réseau intermédiaire de la femme ; enfin les glandes de Gowper.
Les téguments et couches celluleuses sous-cutanées qui couvrent ces parties forment : les scrotums, unis chez l'homme, séparés chez la femme [grandes lèvres) ; le fourreau du pénis et du clitoris ; le prépuce; et enfin les nymphes, séparées chez la femme, unies chez le màle pour constituer la portion pénienne de l'urèthre.
Ces diverses formes d'un appareil unique offrent les mêmes rapports, la même structure, reçoivent ou émettent les mêmes vaisseaux disposés de même manière, s'animent, se meuvent, se nourrissent sous l'influence des mêmes nerfs.
Quelle dissonance pourtant entre les apparences de l'organe génital externe chez l'homme et chez la femme 1 Mais examinez cette figure d'un hermaphrodite (fig. 138) lequel est réellement mâle et pourvu de testicules : ses scrotums sont séparés et deviennent grandes lèvres, le pénis a ses dimensions normales, mais la portion pénienne
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de l'urèthre est fendue dans toute sa longueur : ce sont des nymphes, et leur écartement simule une vulve.
Apprenez ainsi à bien interpréter — et personne ne l'a fait jus-
Fig. 138.
Fig'. 138. Appareil génital externe d'un hermaphrodite. — Les scrotums sont séparés et siniulenl des grandes lèvres. Le pénis et son gland ont des dimensions à peu près normales, mais ils sont bridés à La façon du clitoris, et des freins du prépuce partent les replis qui ont tout l'aspect des nymphes. Il est aisé de voir pourtant que c'est là la portion pénienne de l'urèthre dont les deux moitiés ne sont pas soudées. Le sujet ici représenté portait des effets de femme ; il avait la voix rauque, la taille médiocre, un commencement de barbe, les mamelles d'un homme.
IDENTITÉ DE T/APP. G^^MT. EXT. DANS LES DEUX SEXES. /i23
qu'à présent — les parties externes de la femme. Laisse is les scrotums et le clitoris sur la nature desquels nulle hésitation n'est possible. Mais considérez (fig-. 139) uniquement l'espace circonscrit par
Fig. 130.
Fig. 139. Parties externes de la génération chez la femme vierge. — Du clitoris, vous ne voyez que le gland ni les freins qui gagnent les nymphes ; mais vous savez que ce pénis ou clitoris, caché fit appliqué par les téguments, a ses deux corps caverneux avec sa cloison, ses nerfs, ses vaisseaux, r.nnslilués comme chez le mâle. Là rien ne
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l'écartement des nymphes depuis leur union en haut, au prépuce, jusqu'à leur commissure inférieure ou fourchette : cet espace représente une sorte de godet, de coupe, d'une profondeur notable chez la vierge oii rien n'est encore déformé. Vous lui donnerez à juste titre le nom de vestibule. Il vous prosente sur la ligne médiane, et de haut en bas, l'intervalle triangulaire qui sépare le clitoris de l'urèthre (vestibule des auteurs), le méat urinaire, l'orifice du vagin, l'hymen ; sur les côtés, la face interne des nymphes, et dans l'angle dièdre qui de chaque côté sépare cette face du miUeu de l'hymen, l'orifice des glandes de Gowper. — Donc, chez la femme aussi bien que chez l'homme, sous le pénis est l'urèthre pénien dont les deux moitiés sont, comme les scrotums, je ne dirai pas divisées, mais écartées ; car en bas il y a une vraie commissure des scrotums comme des nymphes. — L'urèthre pénien de la femme forme une cavité, une coupe, un godet, au lieu de former un canal. La muqueuse est la même dans l'urèthre pénien des deux sexes : c'est la muqueuse uréthrale que nous connaissons, sans aucun rapport a\ec l'aspect tout autre de la muqueuse du vagin. — Le vagin, lui, appartient à la portion profonde ou pelvienne de l'appareil génital, à celle qui est au-dessus du ligament de Carcassonne. L'abouchement du vagin unique ou des deux vagins, quand ceux-ci persistent, représente les deux orifices des conduits spermatiques : ils sont au même point anatomique. Un peu avant, l'urèthre pénien reçoit dans les deux sexes les orifices des glandes de Gowper.
Il est aussi choquant en anatomie qu'en pathologie de dire que la vulve est l'orifice antérieur du vagin. La vulve est la circonférence
masque ridentité, pas plus que pour la bordure scrotale : la peau de ces grandes lèvres, c'est la peau si caractéristique des bourses, avec ses poils, ses plis, ses glaudes ; ce sont plus profondément les mêmes couches, avec la dépendance abdominale si spéciale {gubernaculum ou ligament rond). Rien que de clair jusqu'ici; mais,, en poursuivant, éclairez-vous de la comparaison avec la figure précédente. L'enfoncement, la coupe que circonscrivent les nymphes, c'est l'urèthre pénien, comme dans la figure 138. Cette cavité est comme l'épanouissement de l'urèthre dont vous voyez le méat à 2 centimètres au-dessous du gland du clitoris. — Au point précis où s'ouvre chez l'homme la fin du spermiducte, s'ouvre ici l'aboutissant final de l'oviducte qui est le vagin. — L'orifice du vagin, vous le voyez limité par l'hymen, et c'est un non-sens d'appeler la vulve l'orifice antérieur du vagin. Au môme litre, sur les côtés, s'ouvrent les deux conduits excréteurs des glandes de Bartholin : la dimension de leurs pertuis est un peu exagérée pour que le lecteur aperçoive neltemeiit le lieu où il les doit chercher chez la malade, dans l'angle qui sépare des nymphes la circonférence interne de l'hymen ou des caroncules.