‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 85 sur 125 · ABCÈS DE LA VULVE · texte numérisé non relu

ABCÈS DE LA VULVE

Le système glandulaire joue le rôle dominant dans les affections de la vulve, et, à cet égard, il faut distinguer les grandes et petites lèvres, pourvues abondamment sur leurs deux faces des glandes cutanées ordinaires, du vestibule proprement dit absolument privé de glandes. Parmi les glandes de la vulve, la première place appartient aux deux remarquables organes placés symétriquement à la limite postérieure du périnée de la femme, contre le ligament de Garcassonne, à peu de distance de l'arcade ischiatique, en partie cachés par les bulbes, — organes connus et décrits dès le xvn* siècle, puis totalement oubliés et ignorés de nos contemporains jusqu'au moment oïj, en 18/16, M. Huguier en donna une irréprochable description, en même temps qu'il jeta un jour tout nouveau sur leur importance pathologique : ce sont les glandes de Bartholin, les glandes de Cowper de la femme, celles que l'on désigne trèsimproprement sous le nom de vulvo-vaginales^ car elles sont étrangères au vagin.

Que le praticien oublie, s'il le veut, leur anatomie exacte et leur structure, mais que du moins il sache en quel point on les rencontre chez la femme qui se soumet à l'examen, et de quelle façon le toucher les explore : L'orifice du canal excréteur des glandes de Bar-

MALADIES T)E L'APPAREIL GÉNITAL EXTERNE

tholin est toujours facile à trouver. Chez la fille vierge, il est, comme l'indique la figure 139, dans l'angle que forme avec la membrane de l'hymen la face interne de la nymphe, un peu au-dessous de la moitié inférieure de ce fragile diaphragme. Chez les femmes mariées, les caroncules rabattues en dehors cachent l'orifice, et pour le découvrir il faut tendre et redresser ces replis ; il faut aussi tendre en sens inverse, c'est-à-dire en dehors et en bas, la portion voisine du cercle vulvaire, pour effacer une petite bride falciforme de la muqueuse qui masque le pertuis, dont le cathétérisme, presque toujours possible, ne laisse pas d'offrir quelque difficulté. Le stylet d'Anel y pénètre à une profondeur d'un peu plus d'un centimètre. Le corps du stylet doit être presque couché à plat sur le plan de la vulve, la pointe dirigée obliquement en bas et en arrière, comme vers l'ischion. — Il est permis de dire que la glande peut être sentie et saisie entre deux doigts chez toutes les femmes: T'index droit, si l'on recherche la glande droite, est introduit dans le vagin, et sa pulpe va s'appuyer sur le pouce resté au dehors et appliqué sur la partie inférieure du scrotum ; quand du premier coup on n'aperçoit pas le pertuis, sa place est presque toujours indiquée par un petit cercle rosâtre. — On constate le volume, la dureté, la sensibilité de la glande de Bartholin; on peut voir poindre, sous la pression, un liquide filant, cristallin, incolore, absolument identique avec celui de Cowper. — Vous rencontrerez de grandes différences dans le développement de cet organe, suivant les habitudes et les appétits sexuels du sujet. — L'hypersécrétion du liquide de Bartholin peut devenir chez certaines femmes une incommodité sérieuse, et vous êtes frappé alors du volume insolite de l'appareil glanduleux.

Juste au point que nous a signalé l'exploration précédente, viennent faire saillie les abcès de la glande vulvaire : Les deux tiers supérieurs de la grande lèvre ont presque conservé leur aspect ordinaire, mais le tiers inférieur est soulevé par une masse piriforme plus ou moins fluctuante, laissant aux téguments leur couleur, leur souplesse et leur laxité (fig. IZiO). Il n'en est pas de même en entr'ouvrant la vulve : vers la face interne de la grande et de la petite lèvre, on constate la rougeur, l'adhérence, la mollesse qui dénotent la proximité du pus ; l'orifice du vagin est plus ou moins obstrué. Aussi, quand l'abcès se fait jour spontanément, ce n'est jamais à

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