ABCÈS GOWPÉRIEN CHEZ L'HOMME
Un abcès occupant le périnée de l'homme fait généralement supposer l'existence d'une communication du foyer avec l'urèthre perforé en arrière d'un rétrécissement. 11 est indiqué de l'ouvrir largement, et il en résultera une fistule urinairc qui cessera par le rétablissement du diamètre normal de l'urèthre. Cet abcès urineux, si bien connu des chirurgiens, est situé sur la ligne médiane ; il soulève symétriquement de sa masse comme ligneuse, et tôt ou tard ramollie au centre, les deux moitiés du plancher du bassin. Bien différent de celui-ci, un abcès peut se montrer au périnée : il occupe un seul côté de cette région, le gauche de préférence ; la tuméfaction et la douleur ont commencé à la face interne de la branche ischiopubienne, en avant de l'anus, puis le gonflement et la rougeur ont gagné tout le pont pcrinéal de ce côté jusqu'à la partie postérieure des bourses. Cet abcès est celui qui siège dans la glande de Cowper, ou bulbo-uréthrale, qui est la même que celle que nous venons de connaître chez la femme. Cette glande a (fîg. ih'2.), dans les
Fig-. Ili2. Glande dk Co\vi>eu. — Celle liguic. que M. Gubler a eu la boiitc de me communiquer, indique la dimension, la forme, la configuration extérieure de la glande de Cowper. — Vous jugez bien de la direction et de la longueur du conduit de la glande qui ici présente une disposition exceptionnelle fort curieuse: c'est, avant son abouchement; une sorte de dilatation anipullaire.
IMPEKFORATIOiNS DU VAGIN.
deux sexes, à peu près le môme volume, elle a le môme siège, appliquée en avant du muscle transverse, contre la face inférieure du ligament de Garcassonne, par un feuillet aponévrotique spécial ; mêmes rapports et même distance de la branche ischiatique, même accollement au bulbe, même aspect quand elle vient se dessiner pathologiquement. Gomme chez la femme, son extrémité antérieure soulève alors l'attache inférieure du scrotum correspondant. L'abcès de la glande de Gowper, connu de J. L. Petit, puis oublie* et remis enfin en lumière par M. Ricord et l'excellent travail de M. Gubler (7'/^èse5, 18/i9), est une affection rare, coïncidant avec une blennorrhagie à la période d'état ou même de déclin. On le distinguera toujours à sa situation latérale. Le côté intéressant, dans la marche de l'abcès cowpérien, est ce qui doit advenir à la suite de son ouverture, naturelle ou artificielle : il est probable qu'il ne surviendra pas de fistule, mais probable seulement, car la paroi uréthrale a pu céder.
IMPERFURATIONS bU VAGIN.
Une jeune fiJle, parvenue à l'âge de la puberté, présente chaque mois des symptômes de congestion utérine quij considérés d'abord comme les annonces des règles qu'on s'attend à voir apparaître, fixent à peine l'attention des parente. Mais bientôt la santé s'altère, les douleurs deviennent vives au moment des époques et s'accompagnent de coliques, d'efforts d'expulsion et assez souvent de rétention d'urine ; une tumeur se dessine, à l'hypogastre : c'est l'utérus distendu par le sang retenu ; et lorsque enfin on procède à l'examen, on reconnaît une imperlbration du canal vaginal en un point quelconque de son trajet. Persuadez-vous dès l'abord que la jeune malade pour laquelle vous êtes consulté est dans une situation grave, et que, môme si anatomiquement le cas est simple, résultat par exemple d'une simple imperforation de l'hymen, la vie est en danger. Si vous voulez un exemple type de faits qui ne se sont que
Û32 MALADIES DE L'APPAREIL GÉNITAL EXTERNE
trop souvent multipliés, lisez l'observation rapportée par M. Paget [Leicester British médical Journal, 1859) , et dont voici le résumé : « Une jeune fille de dix-huit ans avait éprouvé tous les mois, depuis plus d'une année, du malaise et des douleurs à un degré assez marqué pour qu'il fût possible de croire à chaque crise que l'écoulement menstruel allait avoir lieu. L'abdomen augmentant de plus en plus, on explore le vagin, et à la place de son orifice antérieur on trouve une saillie fluctuante, rougeâtre, poussée en avant et formée par l'hymen imperforé et distendu. Une tumeur liquide remplissait le ventre jusqu'à l'ombilic, s'élargissant vers les fosses iliaques. Le 1 /i octobre, après qu'on eût retiré par le cathétérisme une grande quantité d'urine, l'hymen fut ponctionné avec un petit trocart; il sortit un liquide très-noir, de consistance sirupeuse; la membrane fut alors largement incisée, et trois ou quatre pintes de liquide jaillirent par un large jet dans la cuvette et hors du lit. Une grosse mèche de charpie fut introduite entre les lèvres de la plaie. Le lendemain, aucune douleur, et la malade s'étonne qu'on l'oblige à garder le lit. Mais la douleur s'éveille le troisième jour, et, dans la nuit, M. Paget, appelé subitement, reconnaît l'invasion d'une violente péritonite. La mort arrive au miUeu du cinquième jour. A l'autopsie, quand on ouvrit l'abdomen, une couenne fibrineuse épaisse tenait collées les anses de l'intestin; la cavité pelvienne était remplie d'une pinte et demie d'un liquide noir, analogue à celui qui était sorti du vagin pendant la vie. L'utérus fut trouvé aplati, ferme et d'un volume triple de celui qu'il présente à l'état de vacuité. Les trompes de Fallope et les ovaires, réunis à droite et à gauche, formaient de chaque côté une tumeur volumineuse ulcérée çà et là pour laisser écouler dans le ventre le liquide qu'elle renfermait et qui remplissait le bassin. »
Dans ces cas funestes, c'est toujours ainsi que les choses se passent : après la ponction ou l'incision, qui semblerait propre à soulager et à guérir rapidement les malheureuses jeunes filles, la péritonite s'observe au bout d'un petit nombre de jours, la mort survient, et à l'autopsie on trouve une ovaro-tubite, avec ou sans épanchement de sang dans le ventre.
Mais quelle est la cause de la mort? Faut-il croire que, sous l'influence de la déplétion qui suit l'ouverture artificielle du vagin, le