‹ Pratiques et croyances médicales des Malgaches (volume 2)Chapitre 22 sur 46 · LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

LA SYPHILIS

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Parmi les maladies qui sont communes à Madagascar, la syphilis est peut-être une des plus connues quoiqu’elle füt assez rare autrefois. Depuis quelques années cette maladie semble avoir étendu son action, et avoir répandu une plus grande terreur. Dans certaines tribus, chez les Betsiléo, par exemple, on garde les varioleux chez soi et on expédie les syphilitiques. On rencontre cette maladie plutôt chez les esclaves ou les domestiques que chez les maîtres ; chez les personnes malpropres que chez celles qui suivent les règles de l'hygiène.

Étiologie. — On sait parfaitement que cette maladie peut se contracter par les rapports avec un syphilitique, aussi, on évitera de se commetlre avec une personne qui passe pour telle et même qui aura la réputation de trop fréquenter le sexe opposé. On dit aussi que la maladie peut être communiquée parles domestiques qui se gardent bien de dire leur état et qui servent continuellement leurs maîtres, sans prendre aucune précaution antiseptique.

Quand la syphilis atteint les organes génitaux et que le

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chancre ronge la verge, le Malgache ne dit plus que c’est la syphilis qui produit ses ravages, mais que le mal est occasionné par les ody, les mosavy et les gens, hommes ou femmes, qui vous en veulent.

Symptômes. — Les signes connus par les Malgaches sont la chute des cils et la voix rauque. Si ces deux symptômes ne se présentent pas, on traite les malades comme des ulcéreux. La figure marbrée et brillante est aussi un signe pour les Malgaches.

Prophylaxie. — Chez les Betsiléo, on considère ce mal comme très grave. On ne garde jamais les syphilitiques dans la famille, on gardera plutôt un varioleux. Les domestiques syphilitiques sont renvoyés, chez les Æova ; aussi quand un domestique veut obtenir quelques jours de congé, il dit qu'il est syphilitique et revient quelque temps après en se disant guéri. |

Dans une famille, quand un des membres est atteint de la maladie, tous les autres prennent l'intérieur de la peau d’un gésier, le font brüler, le pulvérisent et l’avalent comme nous l'avons vu précédemment.

Alimentation. — Les syphilitiques mangent tout ce qu'ils veulent, exceplé les choses /ady, interdites par le sikidy et les mpanao funafody (faiseurs de médicaments).

Traitement. — Au commencement, au lieu de laver le syphilitique, on l’entretient dans un état de saleté caractéristique ; plus tard on le lavera avec du savon noir tous les matins. On applique alors quelques médicaments externes : le Tanink'andro, On cueille les feuilles de cette

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plante avant le lever du soleil, quand elles sont couvertes de rosée ; on les pile, puis on en extrait le suc que l’on expose au soleil pendant plusieurs heures. Le résidu, devenu épais, est appliqué sur les parties atteintes que lon a soigneusement lavées, et il se produit alors une souffrance atroce qui empêche de rester en place.

Le Hanidraisoa, le Bonara, le Dingadingana, arbustes dont les feuilles sont écrasées et appliquées.

Quand la maladie s'aggrave et qu’on l’attribue aux ody, elc., voici les médicaments que l’on emploie : le Rambiazina, dont on prend les feuilles que l’on fait brüler pour appliquer les cendres sur la partie malade.

Le Mandravasarotra (étym. mandrava, qui détruit ; saTotra, difficulté). C’est un arbre auquel les Malgaches attribuent le pouvoir de préserver des calamités et des maléfices.

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