MALADIES DE LA BOUCHE
(aretim-bava).
Les maux de dents, les affections de la langue, du palais, des lèvres, etc. forment la maladie de la bouche. L'herpès (solohitra) et la gingivite (rano) sont traités de la même façon ; les Malgaches attribuent ce symptôme à la mauvaise qualité de l’eau, à la malpropreté ; c’est pour cela qu’on l’on a appelé rano qui veut dire eau. Voici les plantes dont on se sert pour amener la guérison :
1° Anantsifotra : herbe dont on brüle les feuilles pour ‘en mélanger les cendres avec de la graisse. On applique cette pommade sur la partie malade.
2° Vahivandana : plante grimpante dont le mode d’em- ploi est le même. |
RAMISIRAY. 3 b)
4° Tainjir : ce n’est pas une plante, c'est le résidu d’une espèce de chandelle faite avec une bande de toile roulée el trempée dans le suif. On mélange le tainjiro avec de la graisse de Bœuf et on en enduit les lèvres ou les gencives.
Macapies DES DENTS.
(areli-nify).
Toutes les maladies de dents sont ovcasionnées par les sorciers ou par vos ennemis qui sont jaloux de vos belles dents blanches. Si une jeune fille possède une belle denture, il ne faut pas qu'elle refuse celui qui la demande en mariage, de peur de voir ses dents jaunir et la faire souffrir. Les Malgaches disent qu'ils ont les dents blanches et solidement plantées parce qu'ils ne se servent pas de cou teau pour couper la viande. Ils mordent à même dans le morceau ; les dents, à cet exercice, se fortifient dans leurs racines et acquièrent, par le frottement des fibres de la viande, cette belle couleur blanche qui fait l'admiration des Européens. | |
Carie des dents (olitra). — Ce mot veut dire larve. IL reste entre les dents, disent les Malgaches, des fibres de viande qui se décomposent et qui produisent des larves. Ce sont ces larves qui percent les dents. Lie
Quand on éprouve une douleur, on frappe sur la dent malade, on l’ébraule, afin de faire sortir la petite bête qui la ronge. Si le trou de la dent est visible on y introduit une
ep LE
tète de Mouche pour l'obsiruer. Pendant que la petite bète mange cette proie inattendue, elle ne s'attaque pas à la dent, et l’on éprouve un soulagement momentané,
On prend aussi des inhalations de crotte de Chien. Pour cela, on prend un petit morceau de ce produit et on le met dans un petit vase bien chaud. 11 se dégage une légère vapeur que l’on aspire pour asphyxier la tenace petite bête (authentique).
Plantes employées :
1° Ramy, arbre dont la gomme très odorante sert à boucher les dents cariées et diminuer la douleur.
2° Kinamena, dont on prend les feuilles pour les appliquer sur les dents. |
Dentition (fanirianify). — Si la dentition est retardée, on prend du Riz blanc et on le jette dans un ravin profond ;
on prend alors le jeune enfant par les pieds et on le suspend au-dessus du précipice en invoquant les ancêtres, les vazimba, etc. :
à « Omeo nify re ry razana. »
(Donnez des dents, Ô mes ancêtres).
Les dents, semblables à des grains de Riz, sont appelées par ceux qui sont dans le ravin, et sortent, disent les Malgaches. £
On promène encore devant la bouche des petits enfants des grains de Riz et comme « la matière attire la matière », le riz appelle les dents et ellés doivent apparaitre, s’il n’y
‘a pas une force contraire qui s’y oppose,