MALADIE DES VEUX
(areti-maso).
Les Malgaches ne connaissent que les maladies qui sont externes et qui se voient. |
Conjonctivite (menamaso). — On attribue cette maladie à la poussière, au vent et aussi aux gifles du Lolo, esprit malin. Comme traitement, se laver les yeux tous les matins avec la rosée déposée sur les feuilles des arbres. Si l’on éprouve des picotements, on presse un citron dans les yeux. Si les yeux le matin sont chassieux, il faut qu'une nourrice vous y fasse jaillir un filet de lait. S'il y a de la douleur, on applique un cataplasme de crottes de Mouton enveloppé dans une feuille de Bananier et chauffé dans les cendres.
Corps étrangers dans les yeux. — On plonge la tête dans un ruisseau et on ouvre les yeux. On prend aussi le pétiole de la feuille de l’Anamamy, dont on enlève la peau et on frotte alors la conjonctive jusqu’à ce qu'on ait enlevé le corps étranger, poussière, sable ou épine. Les épines se piquent dans la tige et s’enlévent. Si la conjonctive est blessée, on écrase les feuilles vertes du Tabac et on fait
noue
\ couler le jus dans l'œil. On prend ‘aussi pour le même traitement la racine du Mangidimanta.
MALADIES DE LA GORGE (aretin-tenda).
Elles comprennent toutes les maladies de la gorge, sans distinction entre l’amygdalite, la pharyngite, la laryngite, les tumeurs, etc. Les inflammations de la gorge, sauf les tumeurs, sont produites, disent les Malgaches, quand on
crache involontairement sur des excréments secs d’Hommes, d'où vient le nom malgache qui désigne cette maladie mandrora tay maine.
- Comme traitement on crache dans un boltrès chaud et on aspire les vapeurs. On se gargarise avec du citron et du miel. On met sur le cou des cataplasmes de Fiandrilavenona. Si le mal persiste, dans certaines parties de l'ile, on danse autour de l’excrément sur lequel on à eu le malheur
de cracher, et cela suffit pour dissiper la maladie.
MALADIES DE POITRINE (aretin-tratra).
. La toux, l'asthme, la coqueluche, la bronchite, la pneu-
monie, le point de côté, elc., sont des aretin-tratra que les «Malgaches traitent symptomatiquement suivant la douleur.
La toux est arrêtée par des frictions de graisse de Canard, de Poulet, d'Oie; ces frictions sont faites avec la main que l'on chauffe devant le feu. On absorbe aussi autant de graisse qu’il est possible. On fait également chaufter une canne à sucre et on la mâche.
La Sakantavilotra, herbe très amère est donnée en infusion. |
L'Anamamy se fait cuire avec de la viande ou du Riz et soulage la toux.
Le point de côté (tevika). — Cette douleur dont les Malgaches ignorent la cause disparaît en appliquant de chaque côté -les pointes du fofy, (le fofy est un os pointu dont les femmes malgaches se servent pour faire leur raie) et en respirant fortement.
L’asthme (sohika). — Le mot sohika signifie petit cri. Les Malgaches attribuent cette maladie à la poussière ét aux poils de Chiens et de Chats que lon a respirés et qui se sont arrètés dans les bronches. C’est ce qui produit le petit sifflement. Pour faire partir la poussière on absorbe beaucoup d'huile, pour faire disparaître les poils on avale la fumée de cigare.
La coqueluche(/ohadavareny).—Ce motveutdiretouxcontinue. On croit que celte maladie est occcasionnée par lé froid ou par les Vers intestinaux qui remontent dans l’æsophage (lalan-kanina, chemin de la nourriture) et qui chatouillent la luette. On soigne par absorption de graisse et par des frictions externes. On donne aussi des infusions de feuilles de Figuier (Awiavy). On renvoie les autres enfants et on
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garde pour le soigner celui qui est malade; on entretient alors du feu dans la chambre et on ne prend que de la nourriture chaude. Quand la maladie s'aggrave on l’attribue aux mosavy, ody, ete. On traite alors par le Tanghen et le Mandravasarotra (qui détruit la difficullé); ces arbres ont la vertu de protéger des calamités et des maléfices.
On donne encore une plante que l’on appelle Fanalasompatra (fanala, enlèvement, sompatra, méchant) contre les entreprises des esprits et des sorciers méchants.
Quant aux autres maladies, bronchite (bronsita) pneumonie (»emonia), pleurésie (plerozia) elles ne sont connues ‘que depuis l'occupation française et les Malgaches ne les traitaient pas autrement que les maladies dont nous venons de parler.
MALADIES DU VENTRE | (aretin-kibo).
Toutes les maladies qui se localisent dans la région de l'abdomén, maux d'estomac, maladies intestinales sont appelées aretin-kibo. Il faut excepter l’hypertrophie de la rate dont nous avons déjà parlé et qui d’après les Malgaches est l’œuf de la fièvre.
Toutes les douleurs que l’on ressent dans le ventre sont produites par la nourriture à laquelle les mosavy, ody, ou les- personnes ennemies, par l'intermédiaire des domes-
tiques, ont communiqué une vertu malfaisante, On nomme
donc ces douleurs voankanina (nourriture empoisonnée). On évitera alors de donner quei que ce soit, nourriture, bonbons, etc., à un enfant de peur de passer pour mosavy s'il était pris de douleurs intestinales. Avant de servir les mets sur les tables, ou de faire prendre des médicaments,
les domestiques ou esclaves devaient les goûter pour
montrer qu’ils n'étaient pas empoisonnés.
Pour le service de la reine, les précautions étaient encore plus minutieuses. Il pouvait se faire que l’empoisonnement des viandes fût produit par un autre, aussi quand les serviteurs revenaient du marché avaient-ils le soin de crier : tanilà, tanilà ! (gare ! gare !) et tout le monde s'écartait
pour ne pas être soupçonné de jeter des ody sur la nourriture
royale. D'ailleurs les serviteurs avaient le droit de tuer
ceux qui refusaient de s’écarter.
Le principal traitement des aretin-kibo consiste en purgatifs et vomitifs et en médicaments capables de tuer les ody el de détruire l’œuvre des sorciers.
Voici les plantes préconisées :
Les Famonody (de vono, action de tuer et ody, charme) qui renferment plusieurs plantes servant d'antidote et pouvant conjurer les sorts.
Le Fanalanasimba (de fanala, enlèvement et simba, gâté) qui est employé contre les maléfices.
Le Fanazava (qui éclaire), arbuste dont les feuilles ont des propriétés émétiques et se donnent pour faire rendre ce qui à élé avalé.
Le Fandefana (qui fait sortir), arbuste dont la racine est
purgative.
PSN de
Le Mandravasarotra, que nous avons cité pour la coqueluche. :
Le Ramamonjy (sauveur), se donne en infusion pour sauver celui a qui on a jeté un sort.
Parmi les maladies du ventre que les Malgaches traitent tout particulièrement il y a:
L’indigestion ({sy fahalevonan-kanina), pour laquelle on donne des plantes 'amères, odoriférantes et piquantes, telles que le Piment (Sakay) quifse mange au naturel ou mélangé avec une autre nourriture ; le Keli-mafana (de kely, petit, et mafana, chaud) plante qui posséde une vertu appéritive; le Manavodrevo (qui soulage), employé surtout par les Sakalaves.
Les Goliques (mandalo, qui passe). — D'après le nom de cette maladie, les Malgaches croient qu’elle est [produite par une chose qui passe dans le ventre et qui veut sortir. Pour la guérir on extrait avec un petit morceau de bois le cérumen des oreilles et on le... mange! On couche encore le malade sur le dos, on lui met le pied sur le ventre et on le soulève plusieurs fois par les bras.
Le malade peut encore se courber en avant et essayer de déraciner un jeune arbre ; il fait pour cela de violents efforts et les coliques disparaissent.
Plantes employées contre les coliques :
Le Lavaravina (de lava, long et ravina, feuilles) employé en infusion ; le Fanalafaritra ; le Bekaraoka (de be, grand et karaoka, bruit), plante purgative très violente.
: L’ascite (manirano, beaucoup d’eau). — L’ascite vient
Ar des
quand on mange du Poisson fady, interdit; ce Poissonrevient àla vie dans le ventre et produit l’eau. Où bien quand on va dans la campagne pour satisfaire un besoin, si on ne choisit pas un endroit favorable, il y a des petites bêtes qui pénètrent par l'anus dans le corps, y demeurent, s’y multiplient et provoquent l’ascite. Sile malade meurt, ces animaux quittent le corps et vont chercher une nouvelle demeure. Aussi toutes les personnes présentes ont soin de serrer les fesses afin d'éviter l’envahissement. Pour guérir cette maladie, on ne donne que des purgatifs qui expulseront ces hôtes incommodes :
Le Sorisory (qui produit l'ennui), ce n’est pas un purgatif, mais un excitant.
Le Vahivoraka, plante purgative et vénéneuse.
Le Vahona (Aloës) que l’on prend en grande quantité sous forme de poudre pilée.
= La Dysenterie (mivalan-drà, de fivalanana, matières fécales, et de ra, sang). On croit que cette maladie est produite par les Vers intestinaux ou par les sorciers, les. ody? etc. Pour guérir cette maladie on mange des aliments très durs afin d’obstruer les perforations produites par les Vers et empêcher le sang de se mélanger au contenu des intestins ou bien on donne les plantes suivantes :
a. le Harongana en décoction ou infusion.
b. Le Nonoka, même emploi.
. Le Homandra (de Aomana, manger et ra , Sang) employé
en infusion pour absorber le sang, etc.
La Constipation (mitohana). — Contre cette maladie les