‹ Pratiques et croyances médicales des Malgaches (volume 2)Chapitre 36 sur 46 · TE · texte numérisé non relu

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Au premier chant du Coq, un des invités pousse le cri de : Venez, les chercheurs de rans mahery ! A cet appel, trois hommes arrivent ; deux d’entre eux portent une cruche, le troisième une sagaie et un bouclier. Après un court kabary (discours), ils partent tous les trois vers la source qui donne la rano mahery. Aussitôt qu’ils sont sortis, tous les parents, tous les amis, tous les invités se groupent à la porte du village. Quand on voit revenir les porteurs d’eau, on s’arme de pierres, de bâtons, de mottes de terre et c’est à qui les en accablera.

Les passants s’en mêlent aussi et jettent tout ce qu'ils trouvent sur les porteurs d’eau. Celui qui porte le bouclier est chargé de se protéger et de parer les coups qui pourraient atteindre ses compagnons. On choisit toujours pour remplir ce rôle un spécialiste habilué à cet exercice, et on en trouve d’extrèmement habiles. Les deux autres sont également très vigoureux afin de communiquer leur force à l'enfant qui doit être circoncis.

Cependant, aussitôt que, sous cette grêle de projectiles, les porteurs sont parvenus à franchir la porte du village, on cesse toutdivertissement et on se rend en procession vers la case où doit se faire la circoncision. Arrivés devantla porte, les porteurs, remis des émotions de la lutte, font sept fois, en courant, le tour dela maison. Des jeux de toute nature se prolongent pendant plusieurs jours. On tue des Moutons et des Bœufs en manière de sacrifices on présente une offrande de bananes pour détour- «ner les malheurs de la tête de l'enfant. Ges fruits sont

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d’abord placés sur la tête de l'enfant, puis supposant qu'ils ont pris toutes les calamités qui auraient pu fondre sur lui, on les prend et on va les jeter hors du village comme des objets maudits.

Toutes les personnes présentes font un cadeau plus ou moins précieux à l’enfant.

La veille de l'opération cependant, est un jour de recueillement et de piété ; il faut éviter de prendre aucun plaisir. Les époux coucheront seuls, car ils ne doivent penser qu'à l'importante cérémonie du lendemain. L'heure de l’opération est enfin arrivée ; on place les enfants suivant leur âge, l'aîné le premier, pour les faire passer dans la salle où le sacrifice doit s’accomplir. Chaque enfant entre et s’acéroupit sur les genoux de son oncle de préférence, les jambes écartées. Le chirurgien examine, distrait enfant, allonge le prépuce entre le pouce et l'index dela main | gauche et brusquement au moment où l'enfant tourne la tête, d’un seul coup de son grand couteau qu’il tenait de la main droite derrière le dos, et qui ne doit servir qu’à cet usage, il accomplit sa mission.

Pendant ce temps, le père, armé du bouclier et de la sagaie, accomplit une danse guerrière en prononçant des prières pour son fils.

« Que tu sois un homme, mon fils; Que tu sois favori du roi, mon enfant :

Que tu scis riche, fils de moi ;

Que tu sois brave; » ete.

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Toutes les femmes sont acroupies à quatre pattes vers

l'est el prononcent également des prières.

« Que tout malheur soit rejeté ; Que les ancêtres bénissent nos enfants ; Que l'esprit malin, soit détruit ; » etc.

Quand l'opération est faite, le père entre, jette ses armes, saisit le prépuce, le roule dans une banane et l’avale, en signe d'affection suprême pour son enfant et afin que cette partie de son corps ne soit pas perdue.

Le chirurgien trempe la plaie dans un bain de feuilles de Bananiers et d’autres plantes astringentes. L'opération réussit toujours et il est rare qu’il y ait des complications et des accidents.

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