‹ Pratiques et croyances médicales des Malgaches (volume 2)Chapitre 4 sur 46 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le Malgache croit à la fatalité, comme tous les peuples d’origine arabe, mais son opinion sur le destin diffère quelque peu de celle des anciens habitants de Rome et d'Athénes et de celle des disciples de Mahômet. D’après la tradition, le Créateur, lorsqu'il tira toutes choses du néant, créa aussi des destinset des sorts ; mais, afin de s’épargner le travail d’en faire une équitable distribution, il les attacha aux jours et aux heures de chacune des divisions de l’année, si bien que, si l’on demande à un Malgache d’où viennent les maladies, il répond toujours :

« Les maladies proviennent des-ancêtres, des vazimba, des »panao ody, des ody, des sorciers, des ody mahery, des saisons et des jours ». Chacun, en venant au monde, subit son destin ; il est envié, méprisé, attaqué par ses ennemis, et, quoi qu'il fasse, il ne peut lutter contre son sort.

En partant de ce principe que les jours et les mois sont intimement liés à sa vie, le Malgache ne pouvait pas faire

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autrement que d'attribuer au soleil une influence considérable sur sa destinée. C’est ainsi que chaque mois apporte sa part dans la vie humaine.

Alahamady (janvier). — Renfermait le destin des princes, et ceux qui sont nés dans ce mois peuvent tout entreprendre avec réussite.

- Adaoro (février). — Destin favorable, mais exposé à la foudre provoquée par les ennemis et les mpanao ody.

Adisaoza (mars). — Bonne destinée, mais contraire cependant à ceux qui veulent être guéris de toutes sortes de maladies. |

Asorotany (avril). — Destin de fer ; celui qui nait dans ce mois est toujours robuste el bien portant. :

Alahasaty (mai). — Destin des sorciers ; ils réussissent toujours à cette époque dans leur œuvre diabolique.

Asombola (juin). — Destin propice à qui cherche la fortune (destin d'argent).

Adimizana (juillet, — Excellent destin pour celui qui le reçoit en naissani ; il mourra de mort naturelle et ne pourra être tué, pas même par un canon tirant à bout portant. : :

Alakarabo (août). — Destin heureux pour les malades ; ils guérissent facilement.

Alakaosy (septembre). — Destin indomptable pour les rois, mais hostile aux enfants qui naissent dans ce mois: on les porte à l'entrée de la cour où sont les Bœufs et si ces animaux, en sortant, ne les écrasent pas, on les recueille et on les soigne. |

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Adijady (octobre). — Destin de bronze, propice à l'hymen ; celui qui prendra femme à ce moment la rencontrera sobre, le lien sera fort durable, malgré tout ; le mort seule pourra le rompre. |

Adalo (novembre). — Deslin de pleurs, de larmes; celui qui nait en ce mois sera voué à la maladie, aux infirmités, aux accidents et ne laissera derrière lui que deuil et tristesse. C’est le mois des épidémies, de la fièvre, etc.

Alohotsy (décembre). — Destin léger; les souffrances sont diminuées par le destin.

Cependant, simauvaise que se montre la destinée, comme elle est composée d'éléments différents, le Malgache pense qu'une lutte continuelle existe entre ses diverses forces et qu'un destin mauvais peut trouver un destin bon plus fort que lui et qui le détruira. C’est ainsi qu’un Homme

menacé par le destin peut substituer à lui-même un ani- - mal où un objet sur qui viendra tomber la colère du destin; mais pour cela, il faut que le bon destin qui le protège soit plus fort que l’autre. À tous ces destins, que le Malgache subit avec résignation, il faut ajouter l'influence qu’exerce l'esprit des ancêtres, les vazimba, les mpaänao ody, les ody, les sorciers et les ody mahery. Entouré de mille dangers, le Malgache, tout en craignant les causes mauvaises, luttera jusqu’au bout pour conjurer son sort et, prenant les astrologues ou devins comme intermédiaires,

il s’efforcera de détruire la puissance du mal.

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