LES ANCÊTRES
(razana).
Croyances. — Les Malgaches croient que l'esprit des ancêtres ne s'éloigne pas de leurs habitations : les morts restent parmi les vivants pour guérir les maladies, ou pour leur faire du mal quand ils sont fâchés contre eux. lis croient donc qu’il y a des esprits mauvais et des esprits bienfaisants.
Esprits méchants. — Les esprits méchants, disent-ils, leur occasionnent toutes sortes de maladies, ou bien ils prennent la défense des leurs. Ils agissent plutôt le matin et le soir ; et, quand il fait du vent, c’est l'esprit qui manifeste sa présence. Les indigènes attendent donc avec anxiété la fin de la bourrasque pour se rendre compte du degré de mécontentement de l'esprit.
Usages. — Aussi, pour racheter les fautes et les crimes commis qui sont punis par les esprits, le culte des morts est-il poussé très loin : on honore les morts, on les enveloppe de plusieurs lamba-parfois très riches, .on leur apporte, au cimetière, des boissons, de l’eau, des vivres, car on croit que les ancêtres peuvent boire et manger comme
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les vivants; on apporte mème de l’argent, avec lequel on - intercède pour les malades de la famille.
Dans la famille, la crainte des parents morts depuis plus ou moins longtemps est très grande. Plusieurs prétendent avoir vu leurs parents morts : ce sont encore des êtres comme nous, mais qui marchent sans toucher la terre et sont vêtus de blanc.
Esprits bienfaisants. — Les esprits bienfaisants agissent autrement : ils bénissent leurs enfants, attaquent leurs ennemis, et, quand leurs descendants sont malades, ils les font mourir pour les soustraire à la souffrance, à moins qu'ils jugent à propos de les guérir.
Usages. — Pour toutes ces raisons, l’autopsie, la dissection d’un cadavre, le contact même, à moins que l’on ne soit un proche parent, sont des profanations qui attireraient la colère de l'esprit. On l'entoure de beaucoup de soins, on le lave, on le revêt de ses plus beaux habits, car on espère toujours le voir revenir à la maison avec les vêtements
dont on l’a couvert. | - Anecdotes. — Les deux anecdotes suivantes montrent jusqu'où allait, et va encore, la crédulité du peuple malgache,
1° On dit que les morts aiment beaucoup la viande de
Mouton ; aussi, quand on achète cette viande au marché et que l’on passe près d’un cimetière, on entend la voix des ancêtres qui vous demandent leur part ; c'est une voix nasillarde qui passe au milieu du vent. Par crainte, : on donne, on jette plutôt, un morceau de viande pour
apaiser la voix qui vous poursuit et quand on arrive à la maison, on à fini par tout jeter.
90 Quand on veut se débarrasser d’un esprit méchant ou | malfaisant, on frappe le tombeau avec la feuille de lambiaty. L’ambiaty est un arbuste dont les feuilles répandent une odeur infecte, capable de tuer l'esprit. Jai vu, moimême, dans ma famille un exemple de cette coutume : ma nièce avait donné un soufilet à une jeune esclave dont la mère était morte peu de temps auparavant ; le lendemain quand elle se réveilla, elle eut la figure boursouflée ; c'était évidemment lesprit de la mère de la jeune esclave qui punissait ma nièce de sa vivacité et qui lui avait rendu
“le soufflet donné. Tous mes parents et moi-même, nous primes des feuilles de l’arbuste et nous allâmes au cimetière exécuter l'esprit de la morte. Au bout de quelques jours en effet, la figure de ma nièce redevint naturelle et tous mes parents conclurent à l'efficacité de cette manœuvre. J'étais très jeune alors et mon imagination en ful fortement frappée; aussi me serais-je bien gardé de maltraiter qui que ce soit dans la maison et je: n'avais garde de sortir le soir.
LES VAZIMBA
Définition. — Les vazimba sont, dit-on, les habitants autochthones de Madagascar qui, après avoir été chassés par les nouveaux venus (hova), se sont réfugiés dans les forêts, les rochers et dans l’eau.
Ce sont, assure-l-on, des êtres de petite taille, mesurant à peine 0 m. 50 de hauteur, dont les cheveux trainent à terre, très agiles et avec une figure mignonne et très bien faite. ie
Respect. — Leurs habitations, leurs tombeaux, ou plutôt ce que l’on prend comme tels, sont toujours respectés. [ne faut jamais mettre le pied sur leurs domaines, ni cueillir leurs plantes, ni souiller leurs propriétés. Ils sont méchants, disent les Malgaches, ils peuvent provoquer des maladies et ont toujours soif de vengeance.
Vengeance. — Si par hasard, vous vous baignez dans la rivière, ils peuvent vous saisir au passage par la jambe et le bras et vous entrainer comme esclave dans leurs demeures creusées sous la rive et dont l'entrée est sous
l'eau. Là, ils vous nourrissent avec du Poisson cru, et vous
laissent le droit de ne pas accepter cette nourriture si cela vous fait plaisir.
Ces demeures quelquefois affleurent le sol et n’en sont : séparées que par une mince couche de terre : si un Bœuf pesant vient à passer, il peut enfoncer le plafond fragile de la prison ; il suffit alors de saisir fortement le pied sauveur pour être ramené à l'air libre. On prétend que beaucoup de personnés furent sauvées de cette manière.
Maladies. — Voici quelles sont les maladies que l’on croit être occasionnées par les vazimba :
1° La paralysie générale.
2° La paralysie du membre supérieur.
3° La paralysie du membre inférieur.
4° La paralysie du sphincter anal.
5° L’incontinence d’urine.
Motifs. — 1° Si vous êtes atteint de paralysie générale, c'est que vous avez mangé les plantes qui ont poussé sur leurs demeures, ou que vous y avez fait une chose très offensante pour le vazimba.
2° Si vous êtes paralysé du membre supérieur, c’est que vous avez pris ou cueilli quelque chose, fruits, légumes, bâtons, dans leurs jardins. |
3° Pour le membre inférieur c’est que vous avez foulé
leurs terres.
4° La paralysie du sphincter anal et l’incontinence d’utine
ont une cause beaucoup plus grave : c’est que... !