‹ Pratiques et croyances médicales des Malgaches (volume 2)Chapitre 8 sur 46 · HET 0 NES · texte numérisé non relu

HET 0 NES

Cure. — Pour être guéri de tous ces maux, il faudra apporter des Poulets noirs, les tuer près de la demeure des vazimba, et leur offrir les têtes et le sang, ainsi que du Riz, en faisant le serment de respecter désormais leurs domaines ; car les vazimba passent pour d'excellents empiriques ; leurs cures sont merveilleuses, mais ils ne guérissent que les maux qu'ils ont eux-mêmes envoyés. Ils prescrivent généralement l’abstinence, et malheur à celui qui ne l’observe pas. Le malade, devenu maniaque, porte la tête de travers, le cou tordu, la figure contractée, pour ne pas avoir suivi l'ordonnance des vazimba. Parmi les prescriptions les plus connues nous pouvons citer la suivante :

« Prendre un tesson, rond autant que possible, d’une cruche en terre, y tracer des lignes droites allant du centre à la circonférence, le déposer ensuite dans un endroit

désigné, réciter alors toute la litanie des sorts et maléfices

connus, dire après le dernier : « ils sont tous partis dans

telle direction » et prendre soi-même la fuite dans la direction opposée. Le vent emportera le mal, avec le sort qui l'avait causé. Rentré chez lui, le malade battra le tambour sur un morceau de ferraille avec un vieux couteau. Le jour suivant, il reprendra le mème traitement avec les mêmes instruments, mais chauffés. Pour terminer il se frictionnera avec des plantes aromatiques jusqu’à ce que la guérison ou la mort s’ensuive ».

Dans les deux cas, le vazimba s’en tire avec honneur : Le malade guérit-il? C’est le fait du vazimba. Vient-il à mourir ? Le vazimba à exercé sa vengeance!

RAMISIRAY.

Les SORCIERS.

(Mmpamosavy).

Description. — Ce sont plutôt des sorcières qui se complaisent dans le mal et qui ne font que le mal; d’elles, viennent les maladies par peur; leur but est de tuer pour tuer, sans cause, cela leur plait beaucoup. C’est à partir de minuil qu’elles se rendent à la porte de la personne qu’elles veulent faire mourir. Elles opèrent seules ou se réunissent deux, trois, ou quatre, et viennent frapper à la porte en proférant des injures. À ce signal, tout le monde est affolé et se regarde, car on croit que quelqu'un doit mourir. Celui qui souffre physiquement, soit du ventre, soit du cœur, dit qu'il sent venir la mort et tous les autres sont rassurés pour leur compte. La peur fait son effet, le mal devient plus grave et quelquefois la mort survient, semblant donner raison au sorcier.

Résistance. — Parfois les hommes plus courageux que les autres’ essayent de s'emparer des sorcières, mais la peur, d’un côté, et de l’autre l’huile dont les sorcières ont enduit tous leurs membres et leurs corps nus, sont suffisantes pour les protéger et faire lâcher prise aux agresseurs.

SE Po er

Victoire. — Lorsque la personne est morte, l'œuvre de la soreière n’est pas encore finie ; elle se rend au cimetière pour manifester sa joie et danser sur le tombeau en chantant :

« Te voilà mort, c’est bien fait ; Tu,crois maintenant en ma puissance, Je peux faire mourir qui je veux,

La vie m’appartient,

Dieu fait ma volonté. »

Les sorciers devant la loi. — Autrefois, et il n’y a pas longtemgs encore, sitôt que quelqu'un était soupçonné de sorcellerie, on le livrait impitoyablement à l'épreuve du tanghen, dont nous parlerons plus tard à propos de la plante vénéneuse, citée plus haut.

Prédestination. — Les sorcières, par l'effet de cette réprobation générale, se croyaient destinées à être ce qu’elles étaient et, en conséquence, au lieu de chercher 3 devenir meilleures, elles continuaient à commettre toutes sortes de crimes.

Moyens. — Quand les sorcières veulent faire mourir une personne, elles prennent :

1° latige du Mangahazo (de manga, excellent et hazo, arbre) manioc.

2 un morceau de Tsontsoraka, dont on attache les joncs qui servent à couvrir les toits.

3° un morceau de }lao, arbre maritime.

4° un morceau d’un arbre quelconque qui croit au bord

d’un précipice.

Elles réunissent ces quatre morceaux de bois, les plongent dans le miel ou l’huile de Ricin, et, pendant cette opération, prononcent des vœux contre leur victime. Elles portent alors cet ody dans lacase de la personne maudite pour qu'il accomplisse son œuvre. On peut en détruire le funeste effet en le recouvrant d’excréments de Chien. Il est à remarquer que l’arbre qui pousse au bord du précipice semble être attiré par l’abime. De même la personne sera entrainée par l'ody. :

ee

Page 1