MALADIES GÉNÉRALES ET ÉRUPTIVES
Généralités. — l*' Ces maladies sont presque toutes produites, suivant les Malgaches, par les ancêtres, les vazimbay etc., toutes personnes qui vous veulent du mal.
.On a recours aux mpisikidy pour connaître la cause particulière de chaque maladie et pour leur demander le traitement à suivre, les médicaments à prendre et les choses à éviter.
S"" Les maladies éruptives sont contagieuses et produites par le vent, le contact, et aussi par les ennemis. On ne soigne les malades que lorsque Téruption se produit, sans savoir distinguer aucune différence, et le traitement principal consiste en fumigations et en onctions de graisse.
Nous allons voir d'ailleurs le traitement suivi pour chacune de ces maladies.
La Fièvre
(tazo).
Définition. — Tout le monde sait que la grande île de
venir, elle sera satisfaite et ne reparaîtra plus. C'est une idée très commune à Madafçascar, et pour rien au monde on ne voudrait employer le sulfate de quinine. Je n'avais eu garde aussi de manger des fruits sans les avoir, au préalable, passés dans les cendres, car si je n'avais pas voulu suivre les conseils de mes porteurs, ils auraient refusé de continuer la route ; ils ont une certaine responsabilité morale de la personne qu'ils accompagnent, et, de môme qu'ils doivent la protéger contre tous les dangers de la route, ils doivent la préserver de la fièvre.
Et maintenant, nous allons dire comment les Malgaches traitent les malades atteints de la fièvre.
Traitement de la Fièvre
Prophylaxie. — Terre prise au milieu de la porte de la propriété ; ^
ne pas manger des fruits sucrés, surtout s'ils sont gâtés» à moins de les faire passer dans les cendres chaudes;
marcher vite en traversant les endroits suspects et se boucher soigneusement les narines ;
ne pas boire Teau stagnante ;
éviter toute blessure ou piqûre de bote;
éviter toute fatigue ;
mener une vie régulière;
n'entreprendre un voyage qu'en hiver;
ne pas sortir quand il fait du brouillard ;
avoir 3oin de manger avant de partir.
par du saindoux liquide que Ton fait boire au malade en le forçant à absorber des quantités considérables de viande de Porc.
Vorombazaha (Canard). — On suit la même méthode qu'avec l'os de Crocodile; on fait cuire le Canard, coupé en morceaux, dans l'eau bouillante ; on prend un bain de vapeur; mais il faut avoir soin de manger le Canard entier pour que cette médication ait un résultat pratique.
2<> Produits végétaux
Landemy. — L'écorce verte et bouillie de cet arbre donne une tisane soulageant le malade. Dose : 25U à 500 gr.
lYonoka. — Les feuilles vertes de cet arbre donnent aussi de bons résultats. Dose : le plus possible.
Komy. — La décoction de l'écorce et des feuilles de cet arbre est employée à faire des lotions sur tout le corps du malade. Elle peut aussi être avalée et servir à faire des fumigations.
Kiranjay. — C'est un arbuste dont les feuilles possèdent une odeur infecte ; on les emploie comme Tos de Crocodile cité plus haut.
Traitement symptomatique
Frissons. — Il faut se couvrir de trois ou quatre couver-
Période de sappuration. — Crever les boutons avec udc aiguille ; coucher le milade sur uoe natte très dure pour qu'en se roulant sur cette couche, il crève lui-même les boutons qui couvrent son corps.
Période de deasiooation . — Enduire le corps de graisse, couler le malade sur une natte ou enlever les croûtes avec l'ongle.
Pendant tout le traitement, si le malade veut se gratter on lui lie fortement les mains au dos.
GonoluBlon. — Malgré ce traitement bizarre et curieux qui ne ressemble pas beaucoup au traitement des pays civilisés, on parvient à sauver beaucoup de malades par le seul fait que ceux-ci ont une confiance illimitée dans les personnes qui les soignent.
Note. — Une figure grêlée est une tare pour une jeune fille ; elle trouvera difficilement & se marier.
La Lèphe
liboka)
La lèpre, assez fréquente à Madagascar, présente trois périodes dans son développement.
La première période est caractérisée par l'apparition de taches qui deviennent des tubercules dans la deuxième.
Ia troisième période amène l'ulcération et parfois la chute des membres.
complètemeat, dénués de tout, les malades sont encore W*ès malheureux et cherchent à émouvoir les passants pour obtenir quelque soulagement à leur infortune. . Echelonnés .sur le bord des routes, seuls, par petits groupes ou par famiUe, ils cachent sous leur lamba les ravages du terrible mal, et font entendre leur chant triste et lugubre :
« Andrianuiniira nohamaly!
I Ary ny soa ataonareo !
Ho tonga tohatra* Hiakaranareo any an-danitra ! » . «
• (Que Dieu vous bénisse et que votre bonté devienne Tescalier qui vous conduira au ciel). •
La langue malgache est remplie dé proverbes dépeignant bien la misérable vie des lépreux : ' .
Proverbes., — La jeune flUe n*aime pas le garçon lép^eux. •
Le garçon* n'aitne pas la fille lépreuse.
Personne* ne plaint le lépreux qui vient à mourir.
Personne ne réclame le lépreux disparu .
Le lépreux riche doit donner les restes de sa table à son Chien. *
Si le lépreux devient riche, il sera toujours l^iste.
Le lépreux,. même riche, ne connaît pas le plaisir de ' manger certaines viandes, ^ar privé de ses mains, il ne y peut pas se nettoyer les dents. ^ •
La Rougeole
(kitrotro).
La rougeole fait partie des maladies dangereuses et épi-
démiques connues des Malgaches. Malheureusement ceux*-
ci en confondent les symptômes avec ceux de la variole et
les traitent de fa même manière et en les envoyant dans
. les endroits affectés aux varioleux.
Etiologie. — Le Malgache sait parfaitement que cette maladie ne récidive jamais, et qu^elle peut se communique^ par la contagion. Indépendamment de cela, il croit aussi qu^elle peut être produite par un de vos ennemis avec l'intermédiaire du mpanao ody. Aussi pour être fixé sur ce point il consultera le sikidy. Le Malgache ^ait encore que celle maladie s'attaque plutôt à l'enfant de deux à huit ans, aussi quand un adulte en est atteint, il ne le soigne pas du tout et laisse la maladie accomplir son œuvre et étendre sa contagion.
Symptômes. — Pendant la période d'incubation le Malgache hésite, à moins d'être accoutumé à cette maladie.
Pendant la période d'invasion, si Penfant à la fièvre el Pinflammation des muqueuses oculaires et nasales, on croit que ce n'est qu'un rhume qu'dn traite comjne tel.
Pendant la période d'éruption, le Malgache est fixé et sait ■ qu'il se trouve en présence de la rougeole.
réruption, les plantes médicinales la guériront, la chair de la volaille sera pour le médecin.
On maintient le lit de Tenfant à une température assez élevée. Pendant la période de desquamation, oq enduit le corps de graisse et le lendemain on fait prendre un bain au malade. Deux jours après, l'enfant peut sortir et se promener.
S'il y a des complications, le malgache ne sait pas les soigner, il ne soigne que la rougeole qu'il connaît.
' La Varicelle (nendram-boalavo) .
Le nom malgache veut dire variole du Rat . On nomme ainsi cette maladie à cause de sa légèreté et de sa bénignité. On dit que la varicelle n'est jamais contagieuse ; aussi quand les symptômes de la rougeole commencent à apparaître chez un enfant, on garde les autres pour expérimenter et si la contagion ne se produit pas, ce n'est pas la rougeole, on a affaire à un cas de varicelle que Ton traitera pourtant comme la rougeole avec des fumigations et de la chaleur tout en laissant plus de liberté à l'enfant. On ne soigne pas les adultes.
La Scarlatine
Les malgaches ne distinguent pas cette maladie, ils la
plante avant le lever du soleil, quand elles sont couvertes de rosée ; on les pîle, puis on en extrait le suc que Ton expose au soleil pendant plusieurs heures. Le résidu, devenu épais, est appliqué sur les parties atteintes que Ton a soigneusement lavées, et il se produit alors une souffrance atroce qui empêche de rester en place.
Le Hanidraisoa, le Bonara, le Dingadingana, arbustes dont les feuilles sont écrasées et appliquées.
Quand la maladie s'aggrave et qu'on l'attribue aux ody^ etc., voici les médicaments que Ton emploie : le Rambiazina, dont on prend les feuilles que l'on fait brûler pour appliquer les cendres sur la partie malade.
Le Mandravasarotra {éiYm. mandrava^ qui détruit; sarotra^ difficulté). C'est un arbre auquel les Malgaches attribuent le pouvoir de préserver des calamités et des maléfices.
Les Oreillons (donika).
On sait que cette maladie est contagieuse et, dès qu^un cas se produit dans une famille, on s'attend à ce que plusieurs personnes en soient atteintes. Le Malgache dit que la personne atteinte de cette maladie à des joues de Mouton ; aussi pour ne pas être la risée de tout le monde on reste à la maison, les jeunes filles surtout.
Traitement. — Cette maladie, n'est pas très redoutée à Madagascar ; elle se guérit d'elle-même, sans qu'on fasse
se trouvant sur son chemin. Il y a en efifel du bon sens
dans tout cela; le Chien se mettra à la poursuite d'une personne qui fuit. •
# Quand un Homme est atteint de la rage, on lui attache solidement les bras et les jambes et on le laisse mourir dans de terribles souffrances.
La Blennorrhagie.
[angatra).
Cette, maladie, si commune dans les pays civilisés, est aussi connue à Madagascar et les causes en sont les mômes.
Traitement. — Dès que Técoulement se produit, il faut
que le malade marche, travaille, se fatigue afin de le faire
avorter. Pour détruire, la trop grande souffrance, on verse
de Teau chaude dans l'endroit où Ton écrase le Riz, on y met de Tëtoffe brûlée et on entretient une forte chaleur en y jetant des pierres chauffées au feu : le malade s'asseoit sur cette espèce de table et baigne la partie malade. Il mange des cervelles de Bœttf et des tripes^ et en boit le bouillon pour faire uriner. Il ne faut* pas manger des choses sucrées.
On se sert auss^ de certaines plantes comme médicaments :
1° Kivolavola^ herbe que l'on prend en décoction pour guérir cette maladie.
2<* Vatolalaka^ dont on avale la graine réduite en poudre. 3** Songosongo dont on prend les feuille^ en décoction . 4** Kijejalahy^ dont la racine est employée pour faire de la tisane.
Goutte et Rhumatisme
{Gaotra et Rôhana).
Le Malgache ne distingue pas ces deux affections et les soigne de la même manière.
Elles sont pourtant très répandues dans Tîle .
Chaque fois qu'on souffre au poignet, à l'articulation du pied on dit : c^est la goutte, ce sont les rhumatismes. L'on dit aussi que ces deux maladies, sont les « maladies des riches » ; ceux qui veulent paraître riches marchent comme les goutteux . Pour éviter ces maladies on recommande de ne pas manger trop de viande ni une nourriture trop recherchée .
Traitement. — S'il y a gonflement i aux jointures, on prend un morceau de verre et on coupe pour faire saigner. On fait aussi un cataplasme de bouse de Vache enveloppée dans une feuille de Bananier et chauffée dans les cendres et on rapplique sur la partie âouloureuse. On prend de même une plaate que Ton appelle Sodifafana, on la pile et on rapplique comme cataplasme après l'avoir fait chauffer.