MALADIES DES ORGANES
Oénéndités. — Les Malgaches ne savent pas établir les diagnostics, ils traitent les maladies d'après les symptûmeset ils les nomment suivant l'endroit où la douleur est localisée. C'est ainsi que toutes les douleurs que l'on éprouve dans la tête sont appelées maux de tête ; les douleurs de la poitrine sont désignées sous le nom de maladies de la poitrine ; ainsi pour la gorge, le ventre et les autres parties du corps. Us ne font aucune différence que celle de la douleur entre une bronchite, une pneumonie ou une pleurésie ; pour eux c'est la même maladie à un degré plus ou moins grave et ils attribuent toujours les cas sérieux ù l'influence des sorciers, des mpanaç ody et des rasana. On comprendra alors combien le traitement de ces différentes maladies doit être rudimentaire, et cela montrera comment il peut se faire que l'on ait encore recours aux sortilèges pour soigner les cas inexpliqués.
tête de Mouche pour l'obstruer. Pendant que la petite béte mange cette proie inattendue, elle ne s^attaque pas à la dent, et Ton éprouve un soulagement momentané.
On prend aussi des inhalations de crotte de Chien. Pour cela, on prend un petit morceau de ce produit et on le met dans un petit vase bien chaud. 11 se dégage une légère vapeur que Ton aspire pour asphyxier la tenace petite béte (authentique).
Plantes employées :
1° Ramy, arbre dont la gomme très odorante sert à boucher les dents cariées et diminuer la douleur.
2° Kinamena^ dont on prend les feuilles pour les appliquer sur les dents.
Dentition (fanirianify). — Si la dentition est retardée, on prend du Riz blanc et on le jette dans un ravin profond ; on prend alors le jeune enfant par les pieds et on le suspend au-dessus du précipice en invoquant les ancêtres, le^ vazimba^ etc. :
« Omeo nify re ry razana. »
(Donnez des dents, ô mes ancêtres).
Les dents, semblables à des grains de Riz, sont appelées * par ceux qui sont dans le ravin, et sortent, . disent les Malgaches.
On promène encore devant la bouche des petits enfants des grains de Riz et comme « la matière attire la matière » , le riz appelle les dents et elles doivent apparaître, sMl n'y a pas une force contraire qui s'y oppose.
* couler le jus dans l'œil. On prend aussi pour le même traitement la racine du Mangidimanta. •
Maladies de 'la Gorge
(aretin-tenda).
Elles comprennent toutes les maladies de la gorge, sans
distinction entre l'amygdalite, la pharyngite, la laryngite,
* les tumeurs, etc. Les inflammations de la gorge, sauf les
tumeurs, sont produites, disent les Malgaches,, quand on
crache involontairement sur des excréments secs d'Hom. mes, d'où vient le nom malgache qui désigne cette maladie , mandrora tay matha.
Comme traitement on crache dansunbo^très chaud et on aspire les vapeurs. On se gargarise avec du citron et du miel. On met sur le cou des cataplasmes de Fiandrilave' nona. Si le mal persiste, dans certaines parties de Til^, on d^se autour de Texcrément sur lequel on a eu le malheur de' cracher, et cela sufQt pour dissiper la maladie.
Maladies de PqrrRiNE •
iaretin-tratra).
La toux, Tasthme, la coqueluche, la bronchite, la pneu-, monie, le point de côté, elc, sont des aretin-tratra que les Malgaches traitent symptpmatiquement suivant la douleur.
garde pour le soigner celui qui est malade ; on entretient alors du feu dans la chambre et on ne prend que de la nourriture chaude. Quand la maladie s'aggrave on Tattribueaux mosavy, ody^ etc. On traite alors par le Tanghen et le i/awdravasarotra (qui détruit la diflBcullé); ces arbres ont la vertu de protéger des calamités et des maléfices.
On donne encore une plante que Ton appelle Fanalasompatra [fanala^ enlèvement, sompatra^ méchant) contre les entreprises des esprits et des sorciers méchants.
Quant aux autres maladies, bronchite {bronsita) pneumonie {nemonia), pleurésie (plerozia) elles ne sont connues que depuis Toccupation française et les Malgaches ne les traitaient pas autrement que les maladies dont nous venons de parler.
Maladies du Ventre
(aretin-kibo).
Toutes les maladies qui se localisent dans la région de Tabdomen, maux d'estomac, maladies intestinales sont appelées aretin-kibo. Il faut excepter l'hypertrophie de la rate dont nous avons déjà parlé et qui d'après les Malgaches est Tœuf de la fièvre.
Toutes les douleurs que Ton ressent dans le ventre sont produites par la nourriture à laquelle les mosavy, ody^ ou les personnes ennemies, par l'intermédiaire des domestiques, ont communiqué une vertu malfaisante. On nomniQ
donc ces douleurs voankanina (nourriture empoisonnée). On évitera alors de donner quoi c(ue ce soit, nourriture, bonbons, etc., à un enfant de peur de passer pour mosavy s'il était pris de douleurs intestinales. Avant de servir les mets sur les tables, ou de faire prendre des médicaments, les domestiques ou esclaves devaient les goûter pour montrer qu'ils n'étaient pas empoisonnés.
Pour le service de la reine, les précautions étaient encore plus minutieuses . Il pouvait se faire que l'empoisonnement des viandes fût produit par un autre, aussi quand les serviteurs revenaient du marché avaient-ils le soin de crier : tanilà, tanilà ! (gare ! gare !) et tout le monde s'écartait pour ne pas être soupçonné de jeter des ody sur la nourriture royale. D'ailleurs les serviteurs avaient le droit de tuer ceux qui refusaient de s'écarter.
Le principal traitement des aietin-kibo consiste en purgatifs et vomitifs et en médicaments capables de tuer les ody et de détruire l'œuvre des sorciers.
Voici les plantes préconisées :
Les Famonody (de vono^ action de tuer et ody^ charme) qui renferment plusieurs plantes servant d'antidote et pouvant conjurer les sorts.
Le Fanalanasimba (de fanala^ enlèvement et simba^ gâté) qui est employé contre les maléfices.
Le Fanazava (qui éclaire), arbuste dont les feuilles ont des propriétés émétiques et se donnent pour faire rendre ce qui a été avalé.
Le Fandefana (qui fait sortir), arbuste dont la racine est purgative.
blessé; aussi aQa d'éviter une nouvelle blessure, si la première a été au gros orteil, par exemple, on l'enroule d'un morceau de toile qui rappelle Tatlenlion el qui fait prendre plus de précaution en marchant.
Les piqûres d'Abeille, de Guêpe, Frelon, etc., sont guéries par la morve. On se mouche dans les doigts et on frotte la piqûre. Si Ton peut saisir l'insecte qui vous a piqué on le fait brûler et on frotte avec les cendres. On pince aussi fortement jusqu'à ce qu'il sorte une gouttelette de sang.
L*acné (mont/). — Les Malgaches attribuent cette mala- . die à la vie déréglée. Les jeunes gens qui en sont atteints ont toujours une mauvaise réputation, et les parents sont très sévères pour eux. Se laver tous les matins avec la rosée recueillie sur les feuilles.
Les ulcères {fery). — On les attribue à l'impureté et à la pauvreté du sang; on les traite par la graisse et certaines plantes. L'ulcère de la jambe s'appelle dridra. On ne doit pas la laver; il ne faut pas traverser un cours d*eau; il faut, au contraire, entretenir une douce malpropreté.
Voici les plantes employées :
Les feuilles du Pécher, pilées et mélangées à la graisse de Bœuf. On enduit la jambe et on la bande pour éviter le soleil.
Le Tambitsy^ arbuste dont la racine macérée sert pour arroser le pansement.
Le Ko^/co/ry, même emploi.
La gale [hatina), — Les Malgaches savent que cette
Toutes les femmes sont acroupies à quatre pattes vers Test et prononcent également des prières.
c Que tout malheur soit rejeté ;
Que les ancêtres bénissent nos enfants ;
Que Tesprit malin, soit détruit ; » etc.
Quand l'opération est faite, le père entre, jette ses armes, saisit le prépuce, le roule dans une banane et l'avale, en signe d'aflFeclion suprême pour son enfant et afin que cette partie de son corps ne soit pas perdue.
Le chirurgien trempe la plaie dans un bain de feuilles de Bananiers et d'autres plantes astringentes. L'opération réussit toujours et il est rare qu'il y ait des complications et des accidents .
cascade, dans laquelle od la plonge à trois reprises. La maladie disparait subitement, dette conception du volombody de la case, de celui de la femme et le trou dans lequel on les amis est un rapprochement voulu avec la cause de l'hystérie, car on nomme aussi cette maladie adalam-pitia qui veut dire folle d'amour.
Un autre traitement consiste à prendre la bande d'étoffe {rambon-tsalaka) qui sert de caleçon aux hommes, de la tremper dans l'eau la plus fraîche que Ton puisse trouver et d'en frapper inopinément la malade au visage. Le froid, la violence du choc et le saisissement suffisent pour faire revenir rhystérique.
On emploie aussi une plante le Kélimaika (de kely, petit, et a , p re sser) pour faire une tisane.
Epilepsie.
(androbBy au grand jour).
Les Malgaches nomment ainsi cette maladie parce que répilepsie se produit bien souvent au grand jour et dans la foule. lis croient que c'est une maladie du cerveau contagieuse par la salive.
Les parents seuls osent approcher le malade ; pour se soustraire à la contagion, les personnes présentes, tout en se maintenant à une distance respectable, jettent sur lui de riierbe verte ou la petite couronne que les femmes mettent sur la tête pour porter les fardeaux. Cette couronne s'appelle ha/ana.
Pour conclure, nous dirons que le traitement consiste à ne pas s'opposer à la volonté des malades; au contraire, il faut leur procurer des musiciens ou des chanteurs pour que la crise suive son cours ; il faut cacher toute étoffe rouge, faire disparaître les meubles présentant une teinte rougeâtre et supprimer les chapeaux, éloigner les Porcs et ne pas laisser à la portée des malades tout ce qui peut les contrarier. La loi malgache permettait à cette époque de tuer ceux qui s'emparaient du bien d'autrui. Il y eut un arrêté pour ordonner de ne pas faire de mal aux ramanenjana lorsqu'ils étaient reconnus réellement comme tels, car nous l'avons dit, ils avaient la manie de dérober des cannes à sucre.
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Taolamamba (os de Crocodile), contre la Sèvre lï cause son odeur.
Loha lalitra (tète de Mouche), contre la carie des dents.
Volon-goaika (plumes de Corbeau), contre Tépilepsie.
Tantely (miel d* Abeilles), pour faire des gargarismes.
Hena masaka (viande cuite), avalée sans être mâchée contre la variole.
Efitr' aranarC akoho (peau interne du gésier), comme prophylaxie des maladies éruptives.
Tranon-kala (toile d'Araignée) contre les coupures.
Nifin' alika romotra (dents de Chien enragé), contre la rage elle-même.
Akoho et vorombazaha (Poulet et Canard en fumigations pour hâter l'éruption).
Menaka (graisses), onguent pour les maladies de poitrine.
Produits végétaux.
Iloman-dra (de homana^ manger et ra^ sang). Herbe qu'on fait boire aux personnes contusionnées et pour les crachements de sang.
Famnjiodindn (de vono, tuer, dindo, esprit malin). Plante que l'on emploie pour se débarrasser des revenants.