‹ Précieux et précieusesChapitre 39 sur 86 · LA GUIRLANDE DE 1UL1E · texte numérisé non relu

LA GUIRLANDE DE 1UL1E

gâucbe au côté droit du spectateur S II tient dans sa main droite une rose, et dans sa gauche la guirlande de fleurs * au nombre de yingt-neuf^ qu'il souffle légèrement sur la terre pour qu'on puisse les reconnoitre aisément '.

Le huitième contient un madrigal intitulé : Zéphire à Ivlie.

Le corps de Touvrage vient ensuite. Il est de quatrevingt-dix feuillets^ dont le premier est coté 6, et le dernier 95.

0e ces quatre-vingt-dix feuillets^ il y en a vingt-neuf qui contiennent chacun une fleur^ et soixante-un qui contiennent chacun un madrigal.

Ce volume est terminé par une table alphabétique qui n est point du tout commode. Elle est dressée selon Tordre des premières lettres de chaque madrigal; de là vient que le nom de la même fleur y est répété plusieurs fois ^ et qu'on n'y voit pas d'un seul coup d'œil toutes les pièces qui- ont été faites sur elle*.

Nous avons corrigé ce défaut^ en substituant à cette

* C'est-à-dire tout simplement, faisant face au spectateur ; dans cette position, la droite de Zéphire est à gauche du spectateur. Il est représenté de trois quarts.

^ Cette seconde guirlande, ou plutôt cette seconde couronne, qui peut avoir deux pouces au plus de diamètre, quand la première occupe presque toute la page, n^est pas la copie exacte de celle-ci, mais la rappelle vaguement. C'est dans la première et non dans la seconde que les fleurs peuvent être comptées.

' Les fleurs que soufOe Zéphire ne sont pas aussi variées que eelles de la couronne.

* Cest cette table qui a été reproduite dans Tédilion donnée , en 4729, à la suite de la Vie du duc de Montausier, par Petit, 3 vol. in- 4 2, Paris, RoUin etGeneau.

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table défectueuse celle qui a été faite par M. l'abbé Rive.

Sang vouloir enrichir le passé aux dépens du présent, il faut avouer qu'il seroit difficile aujourd'hui d'assembler un aussi grand nombre de beaux esprits et de poètes célèbres qu'il s'en trouva alors pour immortaliser le nom de Julie.

La table qui contient les noms de tous ces poëtek, et que nous avons ajoulée à celle de l'abbé Rive, ne présente que les illustres fondateurs de l'Académie françoise^ qui s'élevoit à l'hôtel de Rambouillet, en attendant qu'elle reçût et sa forme et sa gloire du cardinal de Richelieu.

Mais, quand on n'auroit pas appris par là qui sont ceux qui aidèrent à H. de Monlausier à célébrer mademoiselle de Rambouillet, il seroit toujours facile de juger, par tant de poésies diverses et ingénieuses, que des esprits d'un ordre supérieur y ont eu part*

Ces poésies ou madrigaux ont été imprimés à Paris en 1729, à la suite de la Vie de M. de Montausier, rédigée par Nicolas Petit, jésuite» qu'on a confondu avec d'autres auteurs du même nom, dont les ouvrages sont annoncés dans la France liuéraire, t. P% p. 36! ; t. 11^ p. 92, et Supplément, part. I», p. 167. L'on vient de réimprimer tout récemment ^ ces madrigaux avec la Vie de H. le duc de Montausier.

L'on apercevra aisément, à la table des noms des

1 Nous avops vu chez M. le duc d^Uzès une édition de la Vie de MonUusier, publiée vers 4 735 ; on y a joint le texte de la Guirlande, donné en 1729.— En 4784, parut à rimprimerie de Motf* steur une nouvelle édition de la Guirlandes mais isolément et sans la vie de Montaosier. Ceat cette réimpreasion qui était récente au moment oit Oebure donnait aon Catalo^,

LA GiriRLANDR DE JULIE. «387

auteurs, que H. de Montausier, comme amant, a composé un très-grand nombre de ces madrigaux. On ignore les raisons pour lesquelles il s^esl cacbé quelquefois sous ces lettres : M. le H. de M. S ainsi que le marquis de Racan % par celles de H. le M. de R., M. Conrart ', que l'on peut appeler le père de l'Académie françoise, n'y est désigné que par H. C. L'on a restitué tous ces noms dans cette édition....

Comme la baronnie de Montausier ne fut érigée en marquisat qu^en ibÂA, trois ans après que la Guirlande de Julie fut présentée à mademoiselle de Rambouillet^ Fon sera sans doute étonné que H. de Montausier ait pris le nom de marquis avant de Têtre effectivement; mais on ne doit pas ignorer qu'il étoit très-comroun que les gens de qualité prissent dans le monde le titre de marquis avant que la terre de leur nom fût érigée en marquisat. Le frère aîné de H. le duc de Hontausier^ qui mourut en i633^ avoit aussi porté le titre de marquis de Montausier *.

Chapelain^ fameuse par l'attente de la Pucelle^nni lui

^ Les noms des auteurs soot écrits, de la mn\(\ de Jarry, dans Tangle gauche de chacune des pages oii coaniieiicenl leurs madrigaui, et non de leur main k la &n de chaque pièce. — Le nom de Montausier paraît toujours en toutes lettres, excepté à la Uihle.

s Le madrigal signé de ces initiales pnraft être du marquis de Rambouillet, père de Julie.

* Des pièces signées M. C, les unes sont attribuées à Corneille, dans le troisième volume du Recueil de Sercy ; les autres sont peutêtre aussi de l'illustre poète, mais jusqu*ici aucune preuve n*aulotorise cette supposition.

^M. de MonUnsier éuit marquis de Salles; en prenant le nom de Monuusier^ il garda le titre de marquis, attaché à nne autre tarre, mais qo*il avait parfaiteinent le droit de porter lana invoquer Tusage rappelé par Tauteur*

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avoit fait par avance un nom qu'elle n'a pu soutenir quand elle a été au grand jour^ fut un de ceux qui brilla le plus en cette occasion. La fleur impériale dont il fit choix donna lieu à une allégorie fort spirituelle^ sur laquelle roule toute la finesse de son madrigal.

En Yoici l'explication en deux mots :

Le grand Gustave étoit alors au plus haut période de sa gloire, et il en jouissoit sans rivaux^ puisque personne ne pouvoit lui disputer celle d'être le plus fameux conquérant de son siècle. Mademoiselle de Rambouillet^ juge très-capable du vrai mérite, ne parloit d^ordinaire de ce prince qu'avec éloge; elle avoit même son portrait dans sa chambre^ et disoit toujours qu'elle ne vouloit point d'autre amant que ce héros.

Gela donna lieu à Chapelain de choisir pour sujet de son madrigal la fleur qu'on nomme impériale^ qu'il suppose être Gustave ainsi métamorphosé qui vient lui rendre hommage et lui offrir de la couronner. Voiture^ à qui cette fiction avoit sans doute paru très-noble^ y fait allusion dans la lettre qu'il écrivit à mademoiseUe de Rambouillet; au nom du roi de Suède^ et qui commence : Fotcy le lion du Nord, etc.

On a cru devoir cette explication en particulier à ceux qui verront ce livre^ sans entrer dans le détail du reste, qui s'entend facilement^ et l'on se contentera d'ajouter ici que Robert, célèbre peintre d'alors, fut chargé de peindre les fleurs dont il est enrichi, et que Nicolas Jarry, le plus fameux maître d'écriture de son temps, a écrit de sa main et les madrigaux et la table des auteurs ^

i Dans le Recueil Ms. de Maurepas, on aiiribue à Jarry même le dessin et la peinture des fleurs.

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