‹ Preciosa operacomique en un acte paroles de MM. Beaumont et NuitterChapitre 10 sur 25 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LORENZO, MARPHUR1ÜS.

(ils arrivent par le fond. Lorenzo paraît suivre la voix. Uarphurius lui parle avec animation.)

MARPHURIUS

Oui, jeune homme; croyez-en les conseils de votre docte précepteur : au lieu de rêver sans cesse peinture et poésie, songez à des occupations plus solides. Qu’esl-ce donc que la poésie? Quelque chose d’énigmatique. noinxiv.-n «tviyfzaTwSnc, comme dit Plutarque... Quousque tandem... (se reprenant.) Jusques à quand résisterez-vous aux intentions de votre respectable père? Vous ne lui donnez que des sujets de chagrin. Vous perdez voire temps à faire des vers ! Est-ce donc ainsi que vous arriverez à la fortune, et... (S’arrêtant et regardant autour de lui.) Eh ! mais... où donc sommes-nous ici?

LORENZO

Ma foi, cher maître, je ne sais si j’arriverai jamais à la fortune, mais je sais que nous voilà arrivés à la fin de tout sentier praticable.

MARPHURIUS

Bonté divine! nous sommes égarés !.. je ne pensais plus au chemin que nous faisions. J’élais si heureux de vous trouver docile à mes avis... ad monita docilem! comme dit Cicéron; vous qui d’ordinaire ne voulez pas m’entendre, vous qui m’interrompez toujours dès les premiers mots, vous m’avez laissé parler sans me faire une objection... vous m’avez prêté une attention dont je suis touché.

LORENZO

Oh !.. il n’y a rien d’étonnant!.. Je n’écoutais pas.

MARPHURIUS

Comment ?

LORENZO

Je ne pensais qu’au moment où je pourrais être ici !' au milieu de la montagne...

MARPHURIUS

Ici... pourquoi?..

LORENZO

Pour la voir !

MARPHURIUS

La voir... qui donc? la montagne ?

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