ÉTHER
s*il est absolu, consiste à le mettre en contact avec du sulfate de cuivre, entièrement privé d'eau de cristallisation par la dessiccation à 200 degrés. Ce sel reste entièrement blanc si on Tabandonne avec de Talcool absolu dans un flacon bouché; il devient bleu si Talcool renferme encore de l'eau.
Éthc
5. Il est très peu employé dans l'analyse minérale, et ne sert guère qu'à isoler le brome ; on peut, sans inconvénient, prendre pour cela l'éther du commerce, encore mêlé d'alcool.
Dans les recherches organiques, l'éther présente bien plus d'importance, et rend de grands services comme dissolvant de certaines matières grasses, résineuses, camphrées, etc. Il importe quelquefois de l'avoir exempt d'alcool et d'eau. Pour se procurer un semblable produit, il faut agiter l'éther du commerce, ù plusieurs reprises, avec de l'eau, de manière à dissoudre dans ce liquide la totalité de l'alcool ; soutirer avec une pipette ou avec un siphon la couche aqueuse au-dessus de laquelle nage l'éther ; abandonner celui-ci pendant vingt-quatre heures avec des fragments de chlorure de calcium, et le rectifier ensuite au bain-marie, en ayant soin de ne pas faire bouillir l'eau du bain. L'éther ainsi rectifié est pur lorsqu'il bout d'une manière constante à la température de 36 degrés.
11 faut se rappeler que l'éther est très inflammable, et que, mêlée à l'air, sa vapeur détone avec violence à l'approche d'un corps enflammé. Comme cette vapeur se
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répand très promptement à une grande distance , il est toujours dangereux de transvaser de Téther dans un lieu où il y a quelque corps en combustion.
Papiers réacUfi.
6. On emploie dans les laboratoires des bandes de papier leint au tournesol et au curcuma , pour reconnaître la présence des acides et des alcalis.
Pour préparer le papier de tournesol bleu, on réduit en poudre grossière les pains de tournesol du commerce ; on en fait, avec une petite quantité d'eau, une pâte qvi'on enferme dans un linge roulé en forme de sac et qu'on fait tremper dans un vase contenant de Teau bouillante (environ le décuple du poids du tournesol employé). On obtient ainsi une bouillie bleue dans laquelle on passe du papier à filtrer découpé en bandes, qu'on suspend ensuite dans l'air pour le sécher.
Pour avoir du papier de tournesol rouge, on opère do môme, après avoir ajouté à la bouillie bleue quelques gouttes d'acide sulfurique dilué. Il faut avoir soin de n'y verser pas plus d'acide qu'il n'en faut pour rougir la liqueur, sans cela le papier réactif perd de sa sensibilité.
Le papier jaune de curcuma se prépare d'une manière semblable au moyen d'une infusion de racine de curcuma dans 6 fois son poids d'alcool faible.
Il est bon de tenir enfermés dans des bocaux les papiers réactifs, pour qu'ils ne soient pas exposés aux vapeurs acides ou alcalines du laboratoire.
ACIDE CHLORHYDRIQUE. Il
Acide chlorhydrlqne.
HCI.
7. C'est Tacide le plus fréquemment employé dans les opérations d'analyse. 11 sert principalement à dissoudre les substances qui ne sont pas attaquées par Teau, à aciduler les liqueurs neutres ou alcalines, et à découvrir Targent.
L'acide chlorhydrique est un des dissolvants les plus importants. Il dissout ceux d'entre les métaux qui décomposent Teau en présence d'un acide, tels que le zinc, le fer, rétain, etc. Il dissout également les sulfures de ces métaux, avec dégagement d'hydrogène sulfuré. La plupart des oxydes sont dissous par l'acide chlorhydrique, et transformés en chlorures; les oxydes basiques y sont en général plus solubles que les oxydes acides: il faut en excepter toutefois l'oxyde d'argent, le protoxydc de mercureet l'oxyde de plomb, ces oxydes donnant des chlorures insolubles ou peu solubles dans l'eau. Récemment précipités, les oxydes sont plus solubles dans l'acide chlorhydrique qu'après avoir été calcinés; il en est môme, comme le bioxyde d'étain et l'oxyde de chrome, qui, après la calcinalion , sont tout à fait insolubles dans l'acide chlorhydrique. Les peroxydes, par exemple le peroxyde de manganèse ou de plomb, se dissolvent dans l'acide chlorhydrique avec dégagement de chlore. Quant aux sels, il en est beaucoup qui, insolubles dans l'eau, se dissolvent dans l'acide chlorhydrique : les sous-sels sont particulièrement dans ce cas; les sulfates à base de baryte, de strontiane ou de chaux sont insolubles ou peu solubles dans l'acide chlorhydrique.
L'acide chlorhydrique destiné aux analyses doit être étetldu d'eau, de manière à présenter une densité de 1,11 à 1,12; très souvent on emploie même un acide encore plus dilué, et il est rare qu'on ait besoin d'un acide fumant. Dans tous les cas l'acide doit être chimiquement pur.
L'acide chlorhydrique du commerce est ordinairement souillé d'acide sulfurique. On découvre celle impureté en ajoutant une solution de chlorure de baryum à l'acide chlorhydrique préalablement étendu d'eau : il se produit alors un précipité de sulfate de baryte ; si l'acide chlorhydrique ne contient que des traces d'acide sulfurique, le précipité de sulfate de baryte napparaît qu'à la longue.
La coloration jaune de l'acide chlorhydrique est due soit à un mélange de matières organiques, soit à la présence du chlorure de fer. On trouve ce dernier en saturant l'acide chlorhydrique par de l'ammoniaque; il se produit alors des flocons bruns de peroxyde de fer. La présence du fer en très petite quantité se découvre encore plus facilement au moyen du sulfliydrate d'ammoniaque, qui précipite des flocons noirs de sulfure de fer. Si la coloration jaune de l'acide chlorhydrique provient d'une matière organique, il laisse un résidu charbonneux par l'évaporation sur un verre de montre.
Il arrive aussi quelquefois que l'acide chlorhydrique renferme du chlore libre. Souvent celui-ci se reconnaît déjà à l'odeur ; mais le moyen le plus sûr de le découvrii consiste à ajouter à l'acide chlorhydrique préalablemei étendu d'eau une solution d'iodure de potassium et
ACID£ GULOHaYDRIQU£. 13
peu d^empois d'amidon : celui-ci est alors coloré en bleu si Tacide chlorhydrique contient du chlore libre.
Lorsque l'acide chlorhydrique est souillé d'acide sulfureux, on peut découvrir celui-ci en y dissolvant du zinc métallique : outre du gaz hydrogène, il se développe alors du gaz sulfhydrique, lequel étant dirigé dans une solution d'acétate de plomb sursaturée de potasse caustique, produit un précipité noir de sulfure de plomb. On peut aussi chauffer l'acide chlorhydrique avec un peu de protochlorure d'étain, et y ajouter quelques gouttes d'une solution de sulfate de cuivre : la présence de l'acide sulfureux est alors accusée par la formation de flocons brun noir de sulfure de cuivre.
S'il y a de l'acide arsénieux dans l'acide chlorhydrique, on peut le mettre en évidence au moyen de l'appareil de Marsh.
Enfin, la présence du sel marin ou d'autres sels solides se découvre aisément en évaporant quelques gouttes de l'acide^dans un verre de montre ou sur une lame de platine.
On se sert, pour les besoins de l'analyse, de l'acide chlorhydrique qu'on prépare, dans les laboratoires, au moyen du sel marin et de l'acide sulfurique. A cet effet, on introduit 2 parties de sel marin dans un grand ballon a (fig. 2), dont le col porte un bouchon où se trouvent fixés un tube de sûreté et un tube destiné à conduire le gaz, d'abord dans un flacon laveur ô, et de là dans un autre flacon c contenant de l'eau distillée. La couche d'eau du flacon laveur doit être tout au plus de l'épaisseur de 2 ou ^ centimètres ; de môme, l'eau distillée destinée à l'absorption du gaz doit n'occuper que les deux tiers environ de 1. '^
l'autre flacon, le liquide augmentant beaucoup de volume à mesure qu'il se charge de gaz chlorhydriquo. Pour évilcr une absorption trop brusque, il faut aussi avoir soin que rorilice des tubes qui amènent le gaz dans ces deux flacons ne plonge que de quelques millimètres au-dessous du niveau do Teau. Le ballon repose dans un bain de
fîr:. 2.
sable. Quand tout l'appareil est disposé , on verse peu à peu, dans le ballon, par l'entonnoir du tube de sûreté^ 3 parties 1/2 d'acide sulfurique (de 1,78 densité), étendu de Zjtx à 1 partie d'eau. Il faut ne pas verser trop d'acide à la fois et attendre toujours que le boursouflement produit par chaque addition se soit calmé. Quand tout l'acide est ajouté, on chauffe le ballon avec précaution, tant qu'il passe du gaz chlorhydrique.
On peut aussi purifier l'acide chlorhydrique du commerce en le faisant tomber peu à peu dans de l'acide sul-