‹ Précis d'analyse chimique qualitativeChapitre 42 sur 130 · Strjelinlne. —La strychnine (C«H»NH)*) se · texte numérisé non relu

Strjelinlne. —La strychnine (C«H»NH)*) se

présente sous la forme de prismes quadrilatères terminés par des faces octaédriques ; elle est incolore, sans odeur, fort amère et d'un arrière-goût extrêmement désagréable. Elle est presque insoluble dans Teau, fort soluble dans Valcool ordinaire, presque insoluble dans l'alcool absolu, insoluble dans Téther. Sa solution dévie fortement à gauche le plan de polarisation de la lumière. E^ile ne renferme pas d*eau de cristallisation. Elle est extrêmement vénéneuse.

STBTCHNINE. 133

Les acides dissolvent aisément la strychnine, v

Les sels de strychnine sont en grande partie cristallisables et solubles dans l'eau ; leur saveur esl extrêmement amère.

La potasse et les carbonates alcalins produisent dans la solution des sels de strychnine un précipité blanc, insoluble dans un excès de réactif. Vu au microscope, ce précipité parait composé d'aiguilles entrelacées.

Vammoniaque précipite également les sels de strychnine, mais le précipité est soluble dans un excès d'ammoniaque ; la solution ammoniacale le laisse déposer à la longue sous forme de petites aiguilles.

Vacide nitrique ne colore pas en rouge la strychnine comme la brucine. Si l'acide nitrique est concentré, la strychnine n'en prend à froid qu'une teinte jaune. Lorsqu'on la chauffe légèrement avec de l'acide nitrique concentré, il ne se développe pas de vapeurs rutilantes, mais on obtient une substance jaune-brunâtre, qui, refroidie, se présente à l'état d'une masse onctueuse ; celle-ci, versée dans l'eau, se transforme en caillots de la couleur du jaune de chrome.

Triturée avec quelques parcelles de bioxyde de plomb puce, au contact de Tacide suUurique très concentré, la strychnine se colore en bleu, passant rapidement au violet, puis peu à peu au rouge, et enfin, après quelques heures, au jaune serin. L'eau détruit la coloration violette en la faisant passer au rouge, puis au jaune.

Le chromate de potasse en poudre produit les mêmes teintes que le bioxyde de plomb dans la solution sulfurique de la strychnine»

i3& RÉACTIONS.

Le chlore précipite les sels de strychnine en blanc.

Le bichlorure de platine produit, dans la solution du chlorhydrate de strychnine, un précipité jaune clair, presque insoluble dans l'eau et Téther, peu soluble dam Talcool faible et bouillant.

Le bichlorure de mercure produit, dans la solution de la strychnine dans Valcool faible, un précipité blanc et cristallin, insoluble dans l'eau, l'alcool et Télher.

Le sulfocyanure de potassium produit dans les solutions concentrées de strychnine, un précipité blanc et cristallin.

Sont caractéristiques pour la strychnine : les réactions du chlore et du bioxyde de plomb puce.

La strychnine est contenue dans la semence et Técorce du vomiquier, dans la fève de saint Ignace, et dans le bois de couleuvre. On la trouve également dans l'upas tieuté, extrait préparé avec Técorce d'une espèce de strychnos, et dont se servent les naturels des ties Moluques et de la Sonde pour empoisonner leurs flèches.

131. Bruclne. — Labrucine(C*«H»N*0« + 8aq) aiv compagne la strychnine dans les substances ()ue ik>us venons d'indiquer. Elle se présente ordinairement en prismes rhomboîdaux obliques, quelquefois agglomérés sous forme de champignons ; par une cristallisation rapide, on l'obtient en paillettes semblables à l'acide borique. Elle est sans odeur, mais elle possède une saveur amère. Les cristaux renferment de l'eau, et s'effleurissent dans l'air sec ; ils fondent dans leur eau de cristallisation à quelques degrés au-dessus de lOO*". La brucine est «o-

BRUGINE. ^35

lubie, en petite quantité, dans l'eau bouillante; elle est fort soluble dans Talcool et insoluble dans Téther ; la solution dévie à ^gauche le plan de polarisation de la lumière.

Elle est vénéneuse, mais moins que la strychnine.

Les acides dissolvent aisément la brucine. Les sels de brucine sont, pour la plupart, cristallisés et très solubles dans l'eau ; ils ont tous une saveur fort amère.

La potas$e et les carbonates alcalins produisent dans la solution des sels de brucine, un précipité blanc insoluble dans un excès de réactif. Récemment formé, ce précipité se présente au microscope sous la forme de petits grains qui, en s'hydratant peu à peu, se transforment en aiguilles radiées.

Uammoniaque produit un précipité semblable, d'abord formé de gouttelettes huileuses qui se concrètent peu à peu en petites aiguilles. Si Ton emploie un excès d'ammoniaque, le précipité se redissout, mais pour se déposer de nouveau, au bout de quelque temps, à l'état cristallin ; la brucine ainsi précipitée ne se dissout plus dans l'ammoniaque.

Uacide sulfurique concentré colore la brucine en rose ; cette teinte passe peu à peu au jaune et au vert jaunâtre.

Uacide nitrique concentré colore la brucine en rouge foncé, en dégageant un gaz (nitrite de méthyle) ayant Fodeur de pommes de reinette ; si l'on chauffe le mélange, U teipte passe à l'orangé puis m jaune. Les sels de brucine se comportent de même. La color^ition jaune passe au violet foncé, si Ton ajoute à la liqueur chaude une so« luiion de protochlorure d'étain ou de sul fhydrate d'ammoniaque.

Le chlore ne. trouble pas immédiatement la solution de brucine, mais il la colore en jaune et finalement en rouge; cette dernièro nuance pâlit peu à peu en même temps qu'il se précipite des flocons jaunâtres.

Le bichlontre de platine produit, dans la solution des sels de brucine, un précipité jaune de chloroplatinate de brucine.

Le bicklorure de mercure y forme un précipité blanc et cristallin de chloromercurate de brucine.

Le sulfocyanure de potassium produit dans la solution concentrée des sels de brucine un précipité blanc et cristallin de sulfocyanhydrate de brucine; si les liqueurs sont étendues le précipité n'apparatt qu'au bout de quelque temps.

La réaction de Vacide nitrique est caractéristique pour la brucine.

132. Quinine. — Précipitée, par un alcali minéral, de la solution aqueuse d'un de ses sels, la quinine (C**H** NW+6aq. ) se présente sous la forme d'une masse blanche et caillebottée, poreuse et friable à l'état sec ; elle est fort amère, mais sans odeur. Elle fond à 120 degrés en dégageant son eau de cristallisation. Elle est peu solubledans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante; elle est fort soluble dans l'alcool, et bien plus soluble dans l'étber que la cinchonine. Sa solution alcoolique dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière; elle ramène au bleu le tournesol rougi par les acides.

Les acides dissolvent aisément la quinine. Les sels de mnine sont cristallisés, et généralement moins solubles

QUiNINB. 137

dans Teau que les sels de cinchonine correspondants ; ils possèdent une saveur fort amère.

La potasse et les carbonates alcalins produisent dans les sels de quinine un précipité blanc insoluble dans un excès de réactif. Bouillie avec une lessive de potasse fort concentrée, la quinine dégage un alcali huileux (quinoléine), doué d'une odeur acre et désagréable, qui rappelle celle de Tessence d'amandes amères.

Vammoniaque les précipite aussi, mais le précipité n'est pas tout à fait insoluble dans l'ammoniaque. Si Ton ajoute cet alcali en excès à une solution étendue de sulfate de quinine , et qu*on abandonne le mélange à luimême, on voit se former à la surface de fines aiguilles de quinine cristallisée.

L'acide sulfurique concentré dissout la quinine sans se colorer..

U acide nitrique concentré se comporte de même ; à chaud, la solution jaunit.

Lorsqu'on ajoute de Veau chlorée à la solution du sulfate de quinine, puis quelques gouttes d'ammoniaque, il se produit une belle coloration verte. Si Ton a évité l'emploi d'un excès d'ammoniaque, la liqueur, par l'addition de quelques nouvelles gouttes d'eau chlorée , devient violette et finalement d'un rouge foncé.

Lorsqu'on verse de l'eau chlorée concentrée et exempte d'acide chlorhydrique dans une solution concentrée de sulfate de quinine, de manière à la rendre un peu jaunâtre, et qu'on y ajoute ensuite du ferrocyanure de potassium en poudre fine jusqu'à ce qu'elle se colore en rose clair, cette tein(e devient bientôt d'un rouge foncé, I, 12.

138 RBÀCTIONS.

surtout par Taddition d'une plus grande quantité de fer* rocyanure.

Le bichlorure de platine étant ajouté à la solution de la quinine dans un léger excès d'acide cblorbydrique, il se produit un précipité jaunâtre et floconneux qui» par l'agitation , devient orangé et cristallin » gagne le fond du vase et s'attache aux parois.

Le bichlorure de mercure^ en solution alcoolique, produit un précipité blanc et cristallin dans une solution également alcoolique de quinine.

Est caractéristique pour la quinine : la réaction de Teau chlorée et de Tamnioniaque. La solubilité de la quinine dans l'éther la distingue de la cinchonine.

133. C'est particulièrement à la quinine que lesécorces de quinquinas doivent leur vertu fébrifuge ; elle y est accompagnée de quantités variables de cinchonine. Les quinquinas jaunes, parmi lesquels il faut surtout citer le quinquina dit calysaya ou royal, sont renommés parla prédominance de la quinine; les quinquinas rouges renferment à la fois de la quinine et de la cinchonine ; les quinquinas gris contiennent principalement de la cinchonine, avec des quantités de quinine très faibles. Ces deux alcalis sont contenus dans les quinquinas en coin* binaison avec l'acide quinique et avec un tannin parti* culier (acide quinotannique).

On trouve aussi, dans les quinquinas, de la quinidine^ alcali cristallisable, isomère de la quinine, et se comportant comme elle avec l'eau chlorée et l'ammoniaque, ainsi que de la cinchonidine^ alcali cristallisable, isomère de la cinchonine.

CuicQOfimi. iS9

Le sulfate de quinine est un médicament employé surtout pour la guérison de la fièvre (^).

134. Cinchonine. — La cinchonine (C^^H^^N^O^) se présente sous la forme de prismes quadrilatères ou d'aiguilles déliées, ne renfermant pas d'eau de cristallisation. Elle est insoluble dans l'eau froide , extrêmement peu soluble dan$ l'eau bouillante ; sa solubilité dans l'alcool est beaucoup moindre que celle de la quinine; elle est presque insoluble dans l'éther. Ses solutions possèdent une réaction alcaline, et dévient fortement à droite le plan de polarisation de la lumière. Elle fond à 165 degrés en un liquide incolore qui devient cristallin par le refroidissement; une partie de l'alcali se sublime à une température plus élevée, sous forme de paillettes, en répandant une odeur aromatique.

Le» acides dissolvent aisément la cinchonine. Les sels de cinchonine sont amers et ressemblent beaucoup aux sels de quinine.

LsL potasse^ Y ammoniaque et les carbonates alcalins pro-. duisent, dans les sels de cinchonine, un précipité blanc amorphe, insoluble dans un excès de réactif. Par Tébullition avec de la potasse très concentrée, la cinchonine produit le même alcali huileux que la quinine.

U acide sulfurique et V acide nitrique dissolvent la cinchonine sans la colorer.

Veau chlorée et Vammoniaque ne donnent pas, avec la

cinchonine, la coloration verte caractéristique pour la quinine.

(<) Voy. dans la Quatbièhe partie» Essai du sulfate de quinine.

iftO BiACTIONS.

Le bichlorure de platine et le bichlorure de mercure se comportent avec la ciDcbonine comme avec la quinine.

cARAoriaus i>zs AoiDas.

A. Acides minéraux.

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