On peut diviser les acides minéraux en trois groupes
Premier groupe. — Acides dont les solutions neutres précipitent par le chlorure de baryum. Il comprend : les acides arsénieux , arsénique, chromique, sulfurique^ phosphorique, borique, fluorhydrique, carbonique et silicique.
Deuxième groupe. — Acides dont les solutions neutres ne précipitent pas par le chlorure de baryum, mais précipitent par le nitrate d'argent. 11 comprend : les acides sul (hydrique^ chlorhydrique^bromhydriqueei iodhydrique.
Troisième groupe. — Acides dont les solutions ne précipitent ni par le chlorure de baryum ni par le nitrate d'argent. Il comprend : les acides nitrique et chlorigue.
premier groupe.
Acides dont les soluiioDs neutres précipitent par le chloruie de baryum.
136. Aeides de l'arAenic. — L'arsenic se combine avec Toxygène en deux proportions, pour former l'acide arsénieux (AsO^) qui produit, avec les bases, les arsénites, et l'acide arsénique (AsO^) qui donne avec elles les arsé* niâtes.
ACIDES DB L'aRSBNIC. iU\
137. Aeide araéniewK L'acidc arsénieux qu*on sépare des arsénites est anhydre et se présente sous la forme d'une masse tantôt transparente et vitreuse, tantôt blanche et opaque comme la porcelaine. 11 est volatil sans décomposition ; il est peu soluble dans Teau , mais il se dissout aisément dans l'acide chlorhydrique et dans la potasse. Il s'obtient sous forme d'octaèdres réguliers par le refroidissement d'une-solutlon dans l'acide chlorhydrique bouillant.
Les arsénites à base de métal alcalin sont seuls solublés dans l'eau ; les autres se dissolvent dans l'acide chlorhydrique.
La chaleur rouge décompose tous les arsénites en arséniates et en arsenic métallique.
Lorsqu'on traite l'acide arsénieux ou un arsénite au chalumeau, dans la flamme intérieure et sur le charbon, surtout après l'addition d'un peu de carbonate de soude, il se développe une odeur d'ail très prononcée.
Mêlés à l'état sec avec du charbon et un peu de carbonate de soude, et chauflfés dans un petit tube fermé par un bout, les arsénites donnent un sublimé d'arsenic métallique.
L'hydrogène sulfuré ne précipite presque pas les arsénites neutres, mais par l'addition d'un acide, il se forme un précipité jaune de sulfure d'arsenic (AsS^), fort soluble dans la potasse caustique ou carbonatée, dans l'ammoniaque caustique ou carbonatée, et dans les sulfures alcalins, mais insoluble dans l'acide chlorhydrique même bouillant.
Le nitrate d'argent produit, dans les arsénites neutres,
1^2 RBACTIONS.
un précipité jaune (raiséiiile d'argent (A6Q^2AgO) ; si la solution est acide, il faut précipiter par du nitrate d'ar* gent ammoniacal.
Le sulfate de cuivre (ou le sulfate de cuivre ammoniacal, dans les solutions acides) donne un précipité vert jaunâtre d'arsénite de cuivre (AsO^,2CuO).
Les arsénites passent aisément à l'état d'arséniates : quand on verse de la potasse dans un arsénite alcalin, et ensuite, peu à peu, une solution de sulfate de cui\Te (SO^,CuO), il se précipite, par rébullitîon, du protoxyde de cuivre rouge (Cu^O).
Une lame de zinc réduit à Tétat métallique la solution de l'acide arsénieux dans Tacide chlorhydrique.
Sont caractéristiques pour les arsénites : la réaction au chalumeau , celles de Thydrogène sulfuré , du nitrate d'argent et du sulfate de cuivre.
138. Acide arséniqne. L'acide arsénique (Â8O^3H0) est une masse incolore et déliquescente, qu'une tempé« rature élevée décompose en oxygène et en acide anénieux.
Il n'y a de soluble que les arséniates à base de métal alcalin. On rond solubles les arséniates qui ne ae dissol* vent pas dans Teau, en les faisant fondre avec du oarbonate de soude; il se produit alors de Tarséniate de soude par l'effet d'une double décomposition.
Les arséniates cristallisés sont isomorphes avec lai phosphates tribasiques correspondants, et présentent uns composition analogue à celle de ces derniers sels; Aùui on a, par exemple :
ACIDES DE L'ÂttSENIC. 1^5
l^hosphale de soude neutre . . .PO^ | uq | + 24aq. Araénialide Mude neutre ...AsO^j ^^^^|4-24aq.
La plupart des arséniates neutres résistent à la chaleur^ sans se décomposer, mais les sels acides dégagent alors de Facide arsénieui et de Toxygène.
Les arséniates se comportent comme les arsénites , au chalumeau et avec le charbon,
V hydrogène sulfuré ne précipite les arséniates que dans une liqueur acide à Tétat jaune (quintisulfure AsS^], solubie dans les sulfures alcalins; lorsque la liqueur est étendue, le précipité ne se forme qu'à la longue; la chaleur en favorise la formation. Il se dissout aisément dans les alcalis caustiques ou carbonates, mais Tacide chlorhydrique ne le dissout pas.
Le sulfhydrate d'ammoniaque produit dans la solution des arséniates neutres ou alcalins du quintisulfure d'arsenic qui reste en dissolution dans le sulfure alcalin ; Taddition d*Hn acide minéral en précipite le quintisulfure.
Le nitrate d'argent , ou le nitrate d'argent ammoniacal, donne un précipité rouge-brun d'arséniate d'argent (As0^3AgO), soluble dans Tacide nitrique et dans Tam^ moniaque.
Le sulfate de cuivre (ou de cuivre ammoniacal) donne un précipité bleu verdâlre d'arséniate de cuivre (AsO^, 2CuO,HO).
Une lame de zinc réduit à l'état métallique la solution de l'acide arsénique dans l'acide chlorhydrique.
Sont caractéristiques pour les arséniates : la réaction
au chalumeau, celles de l'hydrogène sulfuré, du nitrate d'argent et du sulfate de cuivra
Nous avons déjà énuméré plus haut (79) les combinaisons arsenicales qu'on rencontre dans la nature.
139. Acide cliremiq[iae. — L'acide cbromique s'obtient à l'état anhydre (CrO^) en belles aiguilles rouges, fort déliquescentes, et se dissolvant dans l'eau avec une couleur rouge-brun. Il se décompose au rouge en oxyde de chrome (CrH)^) et en oxygène.
Les chromâtes sont tous colorés en jaune (sels neutres , CrO^MO) ou en rouge (sels acides , bichromates, 2CrO^MO] ; ceux à base de métal alcalin sont solubles dans Teau et indécomposables par la chaleur rouge ; les autres chromâtes sont insolubles dans l'eau, et se décomposent le plus souvent au rouge.
Au chalumeau^ dans la flamme intérieure, avec le borax ou le sel de phosphore, les chromâtes donnent des perles vertes.
Fondus avec du carbonate de soude QiAxï salpêlret tous les chromâtes insolubles deviennent solubles dans l'eau: il se produit, dans ces circonstances, du chromate à base d'alcali , par l'efiet d'une double décomposition.
Les acides font passer au rouge la solution des cliromates jaunes en les transformant en bichromates.
Vhydrogène sulfuré décompose la solution acide des chromâtes en donnant un dépôt de soufre, et un sel de chrome vert qui reste en dissolution ; si la solution ne renferme pas d'acide libre, le précipité est gris verdàtre et renferme de 1 oxyde de chrome.
ACIDE CHROMIQUE. 145
U acide chlorhydrique mêlé d'alcool, V acide sulfureux Vacide tartrique , etc. , réduisent aussi les chromâtes , surtout à cliaud, et les convertissent en sels chromiques dont la solution est verte.
Le chlorure de baryum précipite les chromâtes en blanc jaunâtre (chromate de baryte, CrO^ BaO), soluble dans l'acide chlorhydrique et dans Tacide nitrique.
Le nitrate d'argent y produit un précipité pourpre foncé de chromate d'argent (CrO^AgO), sokible dans Tacide nitrique et dans Tammoniaque.
Vacétate de plomb donne un précipité jaune de chromate de plomb (CrO^^PbO), soluble dans la potasse, peu soluble dans Tacide nitrique dilué.
he protonitrate de mercure produit un précipité rougebrique de protocliromate de mercure qui donne, par la calcinalion, un résidu d'oxyde de chrome vert.
Sont caractéristiques pour les chromâtes : leur coloration, leur facile réduction à l'état de sels de chrome, et leur manière de se comporter au chalumeau.
140. Parmi les chromâtes naturels, le plomb rouge ou plomb chromate (CrO^,PbO) est surtout remarquable ; on le rencontre en cristaux d'une belle couleur rouge, en Sibérie et au Brésil.
Le chromate de potasse neutre et le bichromate de potasse sont les deux chromâtes artificiels qui servent à la préparation des autres chromâtes; on les obtient en traitant par le nitre le fer chromé (109).
141. Acide sulfiirl^ue. L'acide sulfurique concen* Iré (SO^jHO) est un liquide huileux, incolore, limpide,
sans odeur, et plus pesant que l'eau ; il se conibine avec l'eau en s'écbauffant considérablement; il charboune le bois, le papier et beaucoup d'autres matières organiques. L'acide anhydre (SO^) est une masse fibreuse, cristallisée, qui répand à l'air d'abondantes fumées, en attirant l'humidité.
La plupart des sulfates neutres (SO^MO) et des sul- -fates acides (2S0^,M0) sont solubles dans l'eau; les soussulfates {SO\nMO) sont insolubles dans l'eau , mais solubles dans les acides. Le sulfate de chaux est fort peu soluble dans l'eau , le sulfate de strontiane l'est encore moins, le sulfate de baryte est tout à fait insoluble. Le sulfate de plomb est également insoluble dans l'eau.
Tous les sulfates sont insolubles dans ValcooL
Les sulfates à base de métal alcalin , terreux , ou de plomb ne se décomposent pas par la chaleur; tous les autres se décomposent en dégageant soit de l'acide sulfurique, soit de l'acide sulfureux et de l'oxygène.
Fortement chauffés dans la flamme intérieure du cAalumeau^ sur du charbon et en présence du carbonate de soude , les sulfates donnent naissance à du sulfure de sodium qui noircit l'argent poli , humecté d'eau , et dégage de l'hydrogène sulfuré par les acides.
Les sulfates se décomposent par la calcination avec du charbon, en donnant du sulfure ou de l'acide sulfureux.
Les sulfates insolubles sont décomposés par les carbonates alcalins, enlièren)ent par la fusion et en partie par rébullition : ils donnent alors du sulfate alcalin soluble.
Tous les sulfates solubles donnent par le chlorure d baryum^ ou par un aulro h;1 de baryte soluble quelconque, •