ACIDE ACÉTIQUE
Acide snlforeux.
lOrt. La facilité avec laquelle cet acide s'oxyde pour passer à l'état d'acide sulturlque, en fait un précieux agent de réduction. 11 réduit notamment les sels de mercure, Tacide chromique, Tacide arsénique, etc.
On le prépare en chauffant dans un ballon quelques fragments de charbon avec 6 à 8 fois leur poids d'acide sulfurique concentré; on reçoit le gaz dans un flacon rempli d'eau froide. Il faut avoir soin de tenir bouché le flacon où on le conserve.
Acide acétiqae.
C<fl303,H0.
11. On l'emploie quelquefois pour aciduler les liqueurs, lorsqu'il faut éviter l'emploi des acides minéraux. L'acide moyennement concentré du commerce convient fort bien pour cet usage. Il faut s'assurer, avant de s'en servir, qu'il ne laisse pas de résidu par l'évaporation, et qu'il ne renferme ni acide chlorhydrique, ni acide sulfurique. L'acide chlorhydrique se découvre au moyen du nitrate d'argent ; l'acide sulfurique, à l'aide d'un sel de baryte.
Quelquefois il renferme de l'acide sulfureux ; dans ce cas, il précipite le chlorure de baryum après avoir été bouilli avec de l'acide nitrique. Pour purifier un acide acétique chargé d'acide sulfureux, on n'a qu'à le laisser en digestion sur du peroxyde de plomb puce : celui-ci s'empare alors de tout l'acide sulfureux, en le transformant en sulfate; on décante ensuite le liquide et on le purifie parla distillation.
C8H<0»o,2HO.
12. Cet acide formant avec certaines bases (oxydes de fer, de manganèse, de chrome, de cobalt, etc.) des sels doubles solubles dans Teau et indécomposables par les alcalis, on le verse quelquefois dans la solution de ces bases pour en empêcher la précipitation. Il sert aussi à distinguer la potasse de la soude, le bitartrate de potasse étant beaucoup moins soluble dans l'eau que le bitartrate à base de soude.
Pour l'usage, on fait une solution, saturée à froid, de l'acide tartrique du commerce.
Acide flaosllleique.
SiF«,HF.
13. On l'emploie principalement pour reconnaître la baryte, dont il précipite les sels, tandis qu'il ne forme aucun précipité dans les sels de strontiane.
Pour le préparer, on chauffe dans un ballon a (fîg. 6) un mélange de 1 partie de sable quartzeux et de 1 partie de spath fluor en poudre fine avec 6 parties d'acide sulfurique concentré. Il se dégage ainsi du gaz fluorure de silicium , qu'on dirige dans une éprouvette b remplie d'eau. Comme le gaz, en se décomposant dans Veau, produit de la silice gélatineuse qui pourrait obstruer le tube par où il arrive, il est nécessaire de mettre au fond do l'éprouvette une couche de mercure, et de faire plonger l'extrémité du tube à quelques centimètres au-dessous du niveau du métal. De même, il faut, de temps à autre, détacher avec une bnguelte les couches de silice qui, en
ACIDE FLUOSILICIQUE. 23
se déposant sur le mercure, pourraient entraver le passage du gaz dans la liqueur aqueuse. Quand Topération est terminée, on exprime dans un linge la masse gélatineuse en suspension dans l'eau, et Ton filtre la liqueur
exprimée à travers du papier. On obtient aiubl une solution d'acide fluosilicique entièrement pur.
La réaction en vertu de laquelle ce corps prend naissance peut s'exprimer de la manière suivante : 3SiF2 + 2H0 = Si02 -f 2(SiF2,HF).
Fluor de silic. Eau. Silice. Ac. fluosilicique.
Hydrogène «nlfàré.
HS.
1^. Ce réactif est un des plus précieul pour l'analyste; il lui sert à précipiter un grand nombre de solutions métalliques et à reconnaître Tespèce de métal qu'elles
24 UÉACTIFS.
renferment à la couleur et aux autres caraclcrcs des précipités. Lorsqu'on ajoute du sulfure d'hydrogène à une solution métallique, il s'effectue, entre ce sulfure d'hydrogène et l'oxyde dissous , une double déconnposition ayant pour effet la formation de l'eau et d'un sulfure métallique. Le sulfure ainsi produit est tantôt soluble, tantôt insoluble dans la liqueur où il s'est formé; dans ce dernier cas, la couleur du sulfure est souvent caractéristique. On a même fondé sur les différents caractères des sulfures métalliques la méthode d'analyse qualitative généralement usitée dans les laboratoires; elle sera exposée plus loin.
Dans certains cas l'hydrogène sulfuré sert à faire passer des solutions métalliques à un degré inférieur d'oxydation : il réduit les sels ferriques à l'état de sels ferreux, et transforme l'acide chromique en oxyde de chrome.
On emploie l'hydrogène sulfuré soit en le faisant arriver à l'état de gaz dans la liqueur qu'on examine^ soit en l'y versant à l'état de solution aqueuse. Dans les essais d'analyse qualitative, on peut le plus souvent l'employei* sous cette dernière forme.
On prépare l'hydrogène sulfuré au moyen du sulfure de fer et de l'acide sulfurique étendu de son volume d'eau. Le sulfure de fer nécessaire à cette préparation s'obtient en mêlant intimement 1 partie de fleur de soufre avec 2 parties de limaille de fer ; ce mélange étant humecté d'eau, de manière à former une pâte épaisse, puis chauffé légèrement, se convertit aussitôt en sulfure de fer. La '*'>mbinaison est accompagnée d'une élévation de tempe- I très considérable qui peut aller jusqu'à l'incan-
HYDUOGENB SULFURE.
(lescei)ce et à la combustion du produit; aussi faut-ii , pour éviter le contact de Tair, opérer la combinaison dans le vase même où Ton veut ensuite décomposer le sulfure par l'acide sulfurique: les vapeurs d'eau dégagées parla chaleur préservent alors le produit de ce contact. On eml)loie, à cet effet, une grande fiole a (fig. 6) dont le goulot
Fig. 6.
soit assez large pour recevoir un bouchon à deux trous; on introduit dans cette fiole le mélange de soufre et de limaille de fer, on l'arrose d'assez d'eau pour faire une pâte épaisse, et l'on chauffe celle-ci légèrement. On cesse de chauffer dès que le sulfure commence à se former, ce qui s'annonce par la coloration noire du mélange. On fixe ensuite dans le bouchon un tube descendant jusqu'au fond de la fiole, et recevant extérieurement un petit entonnoir par lequel on verse l'acide sulfurique I. 3
26 KÈACllFS.
dilué, destiné à la décom|>osition du sulfure. L'auti liou du bouchon reçoit un tube recourbé qui dirige 1 gaz dans un flacon laveur 6, contenant une petite quar tité d*eau ; de ]h Hiydrogène sulfuré passe dans la li queur soumise à l'analyse, ou , s'il s'agit de préparc une solution aqueuse de ce gaz, dans une fiole c rempli d'eau distillée et préalableraenl purgée d*air par Tébulli lion. On reconnaît que Teau est saturée de gaz ^ en U nant le pouce sur la fiole remplie d*eau, et en l'agitan fortement: si Ton sent alors une pression de dedans en de hors, la saturation est complète; si Ton éprouve, au con traire, une pression de dehors en dedans, c*est unepreuv que Teau n*cst pas entièrement saturée d'hydrogène sul luré. On conserve la solution dans des flacons bien bou chés, car le contact de Tair décompose peu à peu l'hydre gène sulfuré, en mettant du soufre en liberté. Le raieu est d'enfermer la solution dans une fiole à médecine qu'oi lient renversée , après l'avoir bouchée , dans un vas rempli d'eau.
La préparation du sulfure de fer par voie humide, tell (|ue nous l'avons indiquée précédemment, est extrAne ment commode, puisqu'elle peut se faire sans aucun em barras, au moment môme où l'on a besoin d'employer 1 gaÉ sulfliydrique. Toutefois il importe de remarquer qu< le sulfure ainsi préparé renferme toujours une certain quantité de fer métallique qui dégage du gaÉ hydrogèn par l'acide sulfurique. Ce deniier gaz est sans inconvé nient dans la plupart des opérations. Pour avoir du ga sulfhydrique exempt d'hydrogène libre, il faut prépare par voie sèche le sulfure de fer. A cet eflet^ on porte d
SULFHYDRATE d'aMMONIAQUE. 27
la limaille de fer au rouge blanc dans un creuset do liesse, disposé dans un fourneau à vent, et Ton jette peti à peu sur le fer du soufre en morceaux, jusqu'à ce que tout le métal soit transformé en sulfure. On peut pratiquer au fond du creuset un trou à travers lequel le sulfure vient couler dans le cendrier, où on le reçoit sur une pelle à charbon. On concasse le sulfure avant de remployer,
Salihydrate d'ammoniaque*
HS,NH3.
15. Ce réactif s'emploie le plus souvent pour précipiter les métaux à Tétat de sulfures, dans des solutions neutres ou alcalines. Comme il est formé par la réunion de Tarnmoniaque et du sulfure d'hydrogène, il agit, dans certains cas, comme ces deux corps séparément : ainsi, par exemple, il ne précipite pas les sels de chrome et les sels d'alumine à l'état de sulfures, mais lorsqu'on^le mélange avec la solution de ces sels, on obtient un précipité d'hydrate de chrome ou d'alumine, en môme temps qu'il se dégage de l'hydrogène sulfuré. Il en est de môme lorsqu'on ajoute le sulfhydrate d'ammoniaque à la solution du phosphate de chaux dans un acide : il précipite alors le phosphate de chaux comme le ferait l'ammoniaque libre.
Pour préparer le sulfhydrate d'ammoniaque, on n'a qu'à faire passer de l'hydrogène sulfuré dans de l'ammoniaque jusqu'à parfaite saturation ; on reconnaît ce point quand le gaz n'est plus absorbé. On conserve le réactif dans des flacons bien bouchés. Récemment préparé, il est incolore; toutefois il jaunit à la longue, par l'effet de l'action de l'air qui met en liberté une certaine quantité de
soufre, laquelle reste dissoute. Il n'en convient pas moins aux opérations d'analyse; seulement, quand on y ajoute un acide, il précipite toujours un peu de soufre.
Lorsque le sulfhydrate d'ammoniaque contient beaucoup d'ammoniaque non saturée par l'hydrogène sulfuré, il précipite en blanc la solution du sulfate de magnésie: le précipité n'apparaît quelquefois qu'au bout d'un certain temps. Le sulfate de magnésie n'est pas précipité par le sulfhydrate d'ammoniaque parfaitement saturé.
Snlfure de pota««laiii.